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ÉTUDE DES MODIFICATIONS PATHOLOGIQUES DES SÉCRÉTIONS GASTRIQUES

IL importe tout d'abord d'établir une distinction eapitale entre l'étude des liquides trouvés à jeun dans l'estomac et celle des sues qu'on recueille à la suite d'un repas d'épreuve.

1° Liquides extraits à jeun.

Nous savons que lorsqu'on sonde l'estomac à jeun, à l'état normal, on le trouve vide ou à peu près; la présence de solides et de liquides en quantité appréciable peut être considéree comme pathologique.

Or celle-ci peut se révéler sous deux formés distinctes.

Tantôt il existe seulement du suc gastrique plus ou moins teinté de bile mélangé à quelques parcelles de mucus, mais dépourvu de résidus alimentaires, on dit qu'il y a gastrosuccorrhée. 4

Tantôt celui-ci est mélangé de matières alimentaires en quantité variable, qui lui donnent une consistance plus ou moins épaisse; on dit qu'il y a rétention alimentaire où stase gastrique.

L'histoire dé la gastrosuccorrhée pure et simple, résultat d'une sécrétion gastrique trop active et trop prolongée, se rattache intimement à l'histoire de l'hyperchlorhydrie et de l'hypersécrétion gastrique et ne saurait en être séparée.

Nous nous en occuperons d'une façon toute particulière quelques pages plus loin. Nous devons au contraire faire dès maintenant une étude détaillée des liquides de stase gastrique. Celle-ci est des plus utiles : elle est peut-être au point de vue de ses conséquences pratiques plus intéressante que l'analyse du suc gastrique après un repas d'épreuve.

La stase gastrique (voir plus loin l'étude des troubles moteurs) est toujours sous l'influence de troubles importants de lu motricité qui empêchent l'estomae d'évacuer suffisamment bien son contenu et qui, dans l'immense majorité des cas, sont dus à des lésions anatomiques.

le

chimiques

Chlorhydrie élevée, entre 2,50 et 3,50

Type achlorhy rique.

Fluidité très peu prononcée, L Mucus abondant, ugglulinant, Débris alimentaires abondants formant m &t d'albuminoïdes.

Couleur jaunâtre, souvent brun-choeolat.

Odeur nettement butyrique.

Acidité totale trés élevée, dépassant souvent Réactions HCI nulles, Réaction lactique très forte.

chimiques )Chlore total assez élevé, entre 3,50 el 4. Chlore fixe élevé, entre 3 et 3,50.

Chlorhydrie presque nulle, au-dessous de 1:

Le type chlorhydrique indique que la puissai glandes de la muqueuse gastrique est conservée 0 se rencontre dans les cas de stase de cause extri dans les cas dus à des compressions ou à dés

développées dans le voisinage de l'estomac, et dans la presque totalité des cas d'uleère rond de l'estomac.

Le type achlorhydrique, au contraire, s'observe lorsque la rétention gastrique est due à une tumeur maligne. En ellet, celle-ci s’accompagne d'ordinaire de gastrite interslitielle avec dégénérescence muqueuse et ullérieurement atrophie des glandes. Il en résulte que la sécrétion chlorhydrique est larie à une époque plus ou moins éloignée du début de la maladie,

En même lemps que la disparition de l'acide chlorhydrique, on observe d’une façon presque constante dans les liquides de stase, la présence en assez grande quantité d'acide lactique. Boas et Oppler ont montré que l'on constalait toujours, en même temps que cette substance, un bacille long, filamenteux, immobile qu'ils considéraient comme pathognomonique du cancer, et dont Kaufmann et Schlesinger ont démontré l'identité avec le bacille lactique. D'après ces auteurs, on peul retrouver ce bacille dans lous les cas où il y a rétention gastrique. Il pullule avec une vivacité beaucoup plus grande dans Les liquides dépourvus d'acide chlorhydrique. C'est la raison pour laquelle on le rencontre plus souvent en cas de cancer. D'ailleurs bien d'autres microorganismes, sarcines, levures ou bactéecompagnent le bacille lactique.

D'autres tumeurs que le cancer peuvent provoquer la rétention de liquides achlorhydriques, mais elles sont tellement rares qu'elles sont pratiquement négligeables.

Si, en règle générale, les liquides de rétention au cours du cancer sont achlorhydriques, il n'en est pas loujours ainsi. Les exceptions ne sont méme pas très rares. Un nombre imposant de faits a été signalé où des liquides retirés à jeunde l'estomac cancéreux étaient non seulement chlorhydriques, mais même hyperchlorhydriques. Nous en avons nous-même rencontré un nombre relativement élevé d'observations. Lesraisons étiologiques que nous avons relevées pour expliquer ces anomalies sont de plusieurs ordres. Le plus fréquemment ona noté dans ces cas l'existence d'un ulcère ancien dont on a pu reconstituer l'histoire clinique et sur lequel s'était greffée la lésion cancéreuse,

Si on observe les malades atleints d'ulcères cancérisés, à une période encore peu avancée de l'évolution néoplasique, on constate un chimisme hyperchlorhydrique. Mais la conservation d'une séerétion glundulaire active ne dure pas el si on suit assez minutieusement les malades, on voit survenir assez vite la transformation du chimisme gastrique.

Sovraur, — Mal. de l'estomac, 17

Rappelons que pour étudier la sécrétion à s'assurer que l'estomac est vide à jeun, et que, s Je nettoyer aussi complètement que possible.

stase, le nelloyage complet de l'estomac est in conditions on ne peut tenir grand compte de l'an repas d'épreuve.

Les sues extraits de l'estomac après un repas d l'estomac étant vide relèvent de deux types: t iype hyperchlorhydrique.

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