‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 80 sur 176 · SYMPTOMES ATTRIBUÉS AUX FERAMENTATIONS GASTRIQUES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES ATTRIBUÉS AUX FERAMENTATIONS GASTRIQUES

Si nous ne pouvons guère peindre un tableau symptomatique précis des fermentations gastriques à l'élat chronique et qu'en définitive leur action se borne à l'aggravalion de lroubles dyspeptiques nés sous l'influence d'autres causes, nous devons cependant dire quelques mots d'un état gastrique aigu ou subaigu où les fermentations microbiennes paraissent jouer un rôle important, nous voulons parler de l'embarras gastrique.

L'embarras gastrique est une affection caractérisée par un ensemble de symptômes rappelant assez ceux de l'indigestion qui suit un repas trop copieux. Il existe de l'anorexie, du dégoût pour les aliments el une soif vive. Le malade éprouve peu de douleurs, mais il a de la pesanteur épigastrique, des nausées, des envies de vomir, 1 a des renvois nidoreux fétides, même des régurgitalions aigres et parfois des vomissements. Ceux-ci évacuent d'ordinaire des aliments plus ou moins allérés et fétides. Plus tard, quand l'estomac est vide, les vomissements sont muqueux et bilieux.

L'haleine est fétide. En mème temps la bouche est sèche, pâteuse, amère, la langue est saburrale.

Les fonctions intestinales sont aussi compromises : il y a souvent des coliques et, parfois, de la diarrhée.

Le facies est pâle, les yeux sont cernés. Il existe un accablement général, des courbatures, de la céphalée.

La fièvre est inconstante, tantôt tout à fait absente, tantôt élevée, le plus souvent modérée. Exceptionnellement on note des érythèmes.

Tel est le tableau habituel de l'embarras gastrique bénin qu'on rencontre au cours de certains états dyspeptiques.

Ce syndrome gastrique peut constituer une affection sérieuse, une véritable maladieaiguë quipeut durer quinze jours ou trois semaines. Mais parfois on peut voir un élatanalogue, sinon semblable, se reproduire fréquemment et durer quelques jours seulement. Ce sont ees cas surtout qui intéressent le gastropathe et qui appellent l'institution d'un régime alimentaire et d'un traitement sévère.

On n'est pas bien édifié sur la pathogénie de l'embarras gastrique. Beaucoup d'opinions ont été émises à ce sujet. A l'exemple de Hayem et Lion, nous pensons qu'on a décrit sous ce nom des affections de nature variée ayant comme lien commun certaines manifestalions morbides du côté des voies digeslives.

Il n'est pas douteux que bien souvent l'embarras gastrique ne soil la manifestation locale d'une affection générale. Mais, d'autre part, ce même syndrome peut être d'origine stomacale. Doit-on attribuer

Socrauir, — Mal. de l'estomac. ”“

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TRAITEMENT. LLC

préférence au bicarbonate de soude, en raison de son insolubilité et de la réserve de sel alcalin neutre qu'elle laisse dans l'estomac après avoir saturé les acides existant déjà au moment de son ingeslion.

L'efficacité des substances antisepliques à élé critiquée par les auteurs après des expériences faites ên vitro. Cependant il est incontestable que cliniquement on en retire de bons effets, L'acide salicylique et les salicylates nous ont paru donner les meilleurs résultats. C'est à l'acide snlicylique, au sulicylate de magnésie et au bélol (ou salicylate de naphtol) que nous donnons la préférence. Alb. Robin à préconisé l'emploi du fluorure d'ammonium, spécialement efficace contre la fermentation lactique, et le soufre iodé qui s'opposerait bien aux fermentations gazeuses. Nous nous trouvons bien aussi du charbon végétal, quelles que soient les objections théoriques qu’on ait opposées à son action.

Traitement des poussées d'embarras gastrique.

Lorsque, chez les malades atteints de dyspepsie avec insuffisance motrice et hypochlorhydrie, on observe de fréquentes poussées d'embarras gastro-intestinal, on peut, croyons-nous, incriminer l'action de fermentations commençant dans l'estomac et se poursuivant dans l'intestin.

On peut leur opposer le trailement suivant.

Régime alimentaire. — Il doit être soigneusement établi. On doit d'abord écarter avec soin tous les aliments fermentés ou fermentescibles : les conserves, les hors-d'œuvre, ln chareuterie, le gibier, les fromages, ele., ec, ; la viande ne sera permise qu’en petile quantité. Le poisson, qui est un bon aliment, est rarement lout à fait frais, du moins sur les marchés parisiens : il sera bien surveillé à ce point de vue. Le poisson blanc de mer est le seul permis.

On défend d'hubitude les aliments sucrés et féculents. Nous ne croyons pus devoir adopter cette proscription. Nous croyons, au contraire, que le régime des hydrocarbonés est favorable et fournit peu de matériaux aux fermentations gastro-intestinales,

Les œufs sont d'ordinaire un bon aliment s'ils sont employés en nature, sans assaisonnement. Quelques médecins les proscrivent comme très favorables aux fermentations. Nous ne croyons guère à cette vue théorique qui n'a jamais été démontrée, Ce qui est vrai, c'est que cerlaines personnes ont de l'intolérance pour les œufs qui provoquent chez elles la diarrhée et parfois une véritable intoxiculion. Dans ces conditions spéciales seulement, il faut supprimer ceux-ci de l'alimentation.

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