CLASSIFICATION DES DYSPEPSIES
Le lecteur connaît maintenant tous les symptômes dyspeptiques étudiés isolément : il a appris à discerner les caractères variables des douleurs, douleurs dont les aspects changent, selon qu’il y a dyspepsie nerveuse simple, par exemple, ou un trouble fonctionnel du pylore qui engendre le syndrome pylorique tardif, aussi bien que le ferait une lésion anatomique du pylore et du duodénum.
Tl connaît toutes les formes d’hypersécrétion gastrique, les vomissements, l’aérophagie, le mérycisme, la stase, la dilatation, etc.
11 a étudié les retentissements innombrables de cette dyspepsie; il sait la raison d’être de ces retentissements. Il peut donc concevoir que les aspects cliniques de la dyspepsie sont innombrables ; innombrables, parce que chez certains malades un symptôme domine le tableau morbide, tantôt la dyspnée, tantôt la migraine, tantôt l’aérophagie, etc. ; parce que les symptômes peuvent être très atténués, le malade n’ayant que des somnolences après les repas, des sensations de pesanteur au creux épigastrique, quelques éructations, la douleur à la pression du creux épigastrique ; parce que les signes gastriques proprement dits ont disparu entièrement, lorsque la dyspepsie est ancienne.
Il n’est pas sans intérêt dlnsister sur ce dernier point, qui a une grande portée théorique et pratique.
Un malade a souffert plusieurs années de troubles dyspeptiques, uniquement gastriques. Plus tard, des complications ont paru, névralgies et vertiges. Quelques mois après l’apparition des névralgies et des vertiges, l’estomac devient silencieux; il n’y a plus de symptômes gastriques. Les névralgies et les vertiges existent seuls. En interrogeant le malade, on constate son passé gastrique, et si l’on se met à traiter l’estomac, vertiges et névralgies s’améliorent et cessent.. Il est remarquable de constater que ces deux symptômes diminuant d’intensité, le malade se met à ressentir les troubles gastriques qu’il avait connus autrefois et dont il n’avait plus que le souvenir. La maladie revient sur ses pas, en franchissant les mêmes étapes qu’au départ.
Après un traitenqent suffisant les "téP-hbies ^gastriques prennent fin à leur tour. ' ~
Méconnaître ceb ordre de faits, cette évolution, ces transformations de la dyspepsie, c’est s’exposer à ne pas traiter la maladie réelle .et à faire une thérapeutique de symptômes qui ne guérit jamais le malade. ' f --
Nous. v^pnsjie parler de dyspepsiés latentes, bien faciles à méconnaître, ^ritables dyspepsies frustes, qui ne se trahissent que par des
dyspepsies.
symptômes secondaires. Que de facteurs multiples qui modifient les aspects cliniques de la dyspepsie !
Si nous ajoutons que les complications, hyperchlorhydrie, stase, g-astrites, ulcères, etc., viennent toutes affirmer leur personnalité par des symptômes spéciaux surajoutés, personnalité dont les caractères ont été long’uement étudiés dans des chapitres distincts, on voudra bien nous accorder qu’esquisser un tableau symptomatique de la dyspepsie est une besog-ne bien laborieuse et même inutile.