‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 109 sur 175 · MARCHE, DURÉE, TERMINAISONS · texte numérisé non relu

MARCHE, DURÉE, TERMINAISONS

Le dyspeptique peut conserver un état général excellent, si les symptômes sont peu accentués, si les douleurs ne sont pas un obstacle à une alimentation suffisante.

Mathieu et J. -Ch. Roux ont écrit un livre aussi intéressant que documenté sur l’inanition chez les dyspeptiques et les nerveux, inanition méconnue du médecin, méconnue du malade quelquefois.

Cette inanition modifie rapidement la symptomatologie vraie, gastrique, de la dyspepsie, car elle crée des états psychiques spéciaux, quand ces états ne l’ont pas engendrée ou entretenue.

On peut faire des miracles, si l’on pense à dépister cette inanition, et ramener à la vie des malades qui semblaient condamnés.

Une dyspepsie nerveuse simple peut entraîner la mort, si, comme cela se produit quelquefois, le malade arrive à s’alimenter insuffisamment.

Comme les douleurs sont vives, comme l’anorexie est absolue, comme les vomissements peuvent être fréquents, comme l’état général s’altère rapidement, on affirme le cancer de l'estomac, et si le malade succombe, on se persuade qu’il y avait un cancer, alors que l’autopsie ne le révèle pas.

Le dyspeptique conserve son poids, maigrit ou engraisse, selon les cas. L’amaigrissement s’explique aisément; nous avons interprété plus haut l’obésité.

La dyspepsie peut durer trente ou quarante ans, sanè se compliquer de lésions stomacales ; elle peut se modifier, se transformer et, ainsi que nous 1 avons vu dans les pages précédentes, ne plus se manifester par des signes gastriques, tout en restant présente, cachée-et impensable des souffrances nouvelles du malade.

Le pronostic est subordonné à toutes les influences que ^j^ectèur connaît bien maintenant; il est aussi variable que la maladie elle-même.

DIAGNOSTIC

DIAGNOSTIC

Le diag-nostic de la dyspepsie simple, pure, est toujours facile.

Les symptômes révélateurs sont connus du lecteur. Ce sont tantôt des signes discrets, gastriques : simple sensibilité épigastrique à la pression, anorexie, douleurs, pesanteur, éructations, état nauséeux ; tantôt des signes discrets extragastriques, réflexes ; dyspnée minime, rougeurs du visage, somnolences; tantôt des signes plus graves : vomissements, douleurs vives èt continués ; tantôt des symptômes réflexes importants : vertiges, migraines, névralgies, etc.

Le diagnostic de dyspepsie s’impose. Une première difficulté peut surgir, lorsqu’il s’agit d’établir si la dyspepsie est primitive ou secondaire; si, par exemple, tel malade surmené, devenu neurasthénique à la suite de travaux intellectuels trop pénibles, d’émotions nombreuses, est secondairement ou primitivement dyspeptique ; si, en d’autres termes, il est dyspeptique parce que neurasthénique, ou neurasthénique parce que dyspeptique.

L'enchaînement des symptômes, l’histoire de la maladie permettent nettement, dans quelques cas, de préciser quel est le premier coupable, l’estomac ou le cerveau.

En pratique, cette question n’a pas un très grand intérêt, car la thérapeutique, pour être efficace, devra s’adresser toujours à l’estomac et au cerveau.

La deuxième difficulté, sur laquelle nous avons déjà insisté, tient, avons-nous dit, . à la Disparition des syniptômes gastriques vrais, quand la dyspepsie a une-certaine durée. L’interregatoire d a malade permettra; de, - laf résoudre, interrogatoire -soigneux et très précis. Une^enquéte sup^ficielle peut faire mécohnaîffè là^yspepsie.

Chez ces malades qui semblent ne, plus être dyspeptiques, qui paraissent n’êtFe.,que des migraineux , des neurasthéniques, ou des intestinaux parce T^ue, par exemple, ils ont unribesoin impérieux d’alfer à la selle immédiatement après le repas, un symptôpae dyspeptique persiste cependant. Ce-symptômS^ presque toujours présent, est très facilement méconnu, s’il n’est pas cherché soigneusement par le médecin ; sa constatation, même en l’absence de tout autré signe, permet d’affirmer l’hyperesthésie du plexus solaire, la dyspepsie par conséqu^t. Ce symptôme est la sensibilité, à la pression, du : point épigastrique. . ,

Nous me saurions trop insister sur ce symptôme, car, par la pàlpa- Socp.iCLT. — Mal. âe l’estomac. ‘

dyspepsies.

tion, on le découvre dans tous les cas où le malade affirme ne jamais ressentir aucune douleur au^creux de 1 estomac.

En troisième lieu, avant d’accuser l’estomac des vertiges, des troubles auriculaires, de la dysménorrhée, de la dyspnée, de la neurasthénie, il faudra avoir bien examiné son malade et être en mesure d’affirmer que cette neurasthénie ne cache pas une paralysie générale au début ; que cette dyspnée n’a pas pour cause une lésion cardiaque; que cette dysménorrhée n’est pas provoquée par une tumeur utérine; que les truifbles: auriculaires ne tiennent pas à un tabes incipiens et les vertiges à l’artériosclérose cérébrale.

La dyspepsie est donc diagnostiquée. Il nous reste à établir si elle est réellement simple ou si elle est compliquée. Chaque complication a été étudiée si longuement qu’il n’est pas nécessaire de répéter ici comment et par quels procédés on arrive à connaître que cette dyspepsie, qui simule un cancer, est une dyspepsie simple ; ou encore qu’un spasme pylorique fonctionnel dû à rhyperchlorhydrie! n’est pas une sténose vraie. m

L’étude de chaque complication montre que, pour affir.r^,la dyspepsie simple, il faut quelquefois un long et minutieux e^amer(. Si le plus souvent le problème est facilement résolu, souvent aussi l’hésitation peut être de longue durée. ■

Ce malade, qui a nettement le syndrome tardif, est-il -uh hyperchlorhydrique simple ? A-t-il un ulcère ? S’il maigrit, si son état général est mauvais, a-t-il un cancer développé sur un ulcère; une sténose cancéreuse est-elle la cause de ce syndrome?

Autant de questions à résoudre et résolues seulement grâce à l’examen de la motricité, du mode d’évacuation de l’estomac, grâce" aù chimisme gastrique, à la palpation, à la radioscopie, etc. ' ^ ’t; - > Chaque renseignement isolé est sans valeur. C’est après avoir é^U un faisceau de renseignements, qu’on arrive à formuler un diàg’nostic.

Ce diagnostic est enfin simplifié, dans une très grande mesure, par l’influence dè la thérapeutique.

Si l’amaigrissement s’arrête, si les douleurs, si les symptômes s’amendent grâce au traitement, alors même que tout s’accorderait pour imposer le diagnostic de cancer, il est presque certain qué. le cancer n’existe pas. '

^ Dans certains cas où l’amélioration paraît, îl ne faut pas oubliea q# l’amélioration peut survenir, même en présence du câneer. -T .

Ces considérations sont faites pour démontrer combien la difficulté du diagnostic est extrême, chez certains malades.

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