‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 121 sur 175 · V. Desserts · texte numérisé non relu

V. Desserts

Une fois le malade tolérant bien ce régime dit régime fort, il est arrivé au maximum de l’alimentation qui lui est permise. Tant que dure le moindre phénomène de dyspepsie, il devra y être maintenu. C’est d’ailleurs là une alimentation rationnelle et dont tout individu, malade ou non, devrait toujours se contenter. Quoi qu’il en soit,, si, guéri entièrement de sa dyspepsie, il veut reprendre une nourriture plus abondante et plus variée, il existe quand même une série d’aliments dont il devra toujours se passer parce que leur usage lui ferait courir le risque de déterminer l’éclosion des accidents dyspeptiques antérieurs. En un mot, il lui faut suivre toujours un régime d’exclusion, et nous l’inscrivons ici comme tel.

Régime d’exclusion.

) Hors-d’œuvre de toute sorte.

j ^ Maquereau.

Poissons gras. ) Hareng.

( Saumon, etc.

Ragoûts.

Charcuterie (sauf jambon).

Gibier (lièvre, lapin, etc.).

/ Aubergines, i Oseille.

Légumes indigestes ou acides. ) Tomates.

f Choux.

\ Asperges, etc.

Salades vertes assaisonnées.

Fritures (pommes de terre, etc.).

Fromages forts.

Fruits acides crus (poires, cerises, etc.).

Fruits huileux (noix, noisettes).

Pâtisseries.

, Pain de fantaisie non grillé.

' Pain complet.

LE RÉGIME MIXTE

/ Lait (dans le cours du repas).

\ Vin rouge.

Boissons . < minérale très gazeuse.

\ Liqueurs et spiritueux.

Hygiène après les repas. — Linossier fait très justement remarquer que la question de l’exercice ou du repos après le repas est très difficile à résoudre d’uiie manière générale et qu’il est malaisé de trouver une relation entre les manières d’être des dyspeptiques à cet égard et la forme de la dyspepsie. Aussi a-t-il coutume de respecter dans une large mesure les habitudes adoptées par le malade lui-même.

Le repos paraît favorable à la mise en train du travail digestif et une immobilité absolue sur une chaise longue pendant vingt à trente minutes est favorable au plus grand nombre des dyspeptiques. Toutefois il est une catégorie de ceux-ci à qui il doit être non seulement recommandé, mais prescrit ; nous voulons parler des dyspeptiques avec atonie musculaire, des ptosiques. Ceux-ci en effet, sous l’influence de la charge alimentaire, sont à la fin du repas en proie à une sensation de lassitude et de fatigue très grande, comme si leur organisme tout entier restait épuisé en présence du travail que doit fournir leur estomac. Ces malades doivent rester étendus pendant trois quarts d’heure à^bne heure.

Toutautre est la question quand le travail est commencé. Dans ce^s, l’exercice est favorable, à condition toutefois qu’il soit modéré, e/ c’est en cela que se justifie l’aphorisme de Ghomel : « On digère ^autant avec ses jambes qu’avec son estomac. » Cependant il ne faudrait pas croire que c’est la dyspepsie elle-même qu’on atteint en suivant cette pratique, et, comme le précise Mathieu, on favorise beaucoup plus les échanges et les combustions organiques que l’on combat directement le mal d’estomac. Aussi les byperchlorhydriques élevés, avec tendance à la goutte, en bénéficient-ils dans une plus large mesure que tous les autres.

Enfin c’est dans le dernier stade de l’acte digestif, au moment où 1 estomac achève son contenu, que l’exercice paraît être le plus utile. Toutefois il semble qu’une distinction s’impose. Chez les dyspeptiques fini ne présentent pas de troubles mécaniques, entéroptose par exemple, cette pratique est excellente. Par contre, la position horizontale favorise mieux l’évacuation chez ceux dont le pylore a une situation vicieuse.

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