III. — Action sur la sensibilité
L’action des courants sur la motricité et sur la sécrétion ont une grande importance sans doute, mais étant donnée cette conception qui chaque jour progresse davantage, que l’état de sensibilité de l’estomac, c’est-à-dire la manière dont le système nerveux viscéral du malade réagit aux troubles stomacaux, est bien plus importante encore, il est intéressant de savoir si les différents courants peuvent avoir une action analgésiante suffisante pour justifier leur emploi en thérapeutique.
On sait depuis longtemps que les algies superficielles sont manifestement calmées par la faradisation, les étincelles de statique, de haute fréquence, aussi nous n’insisterons pas sur ce point, et nous nous étendrons davantage sur les algies profondes.
Ces algies profondes, ainsi qu’il ressort dés travaux de J. -Ch. Roux, semblent localisées au plexus solaire.
Alors qu’à l’état normal ce plexus n’accuse aucune sensibilité, et est comme un centre silencieux de la vie intime (Poincaré), qui préside au fonctionnement de l’estomac et des viscères abdominaux; à l’état pathologique, il devient parfois douloureux, et il est très probable, dans certains cas, que cette irritabilité qui lui est transmise par ses fibres centripètes ou par voie centrale (neurasthénie, etc.) provoque des troubles de la sécrétion de la motricité, de la sensibilité, etc. Cette hypothèse que nous énonçons — après d’autres du reste (J.-Gh. Roux, Laignel-Lavastine) — se vérifie pour d’autres parties de l’organisme, c’est ce qui se passe, par exemple, toutes proportions gardées, lorsqu’une articulation est douloureuse : les muscles qui l’environnent entrent immédiatement en état de contraction défensive, et au bout de peu de temps ne tardent pas à perdre de leur tonicité et à entrer en atrophie.
Cette irritabilité douloureuse du plexus solaire peut être améliorée
OU g-uérie, comme nous l’avons vu maintes fois avec Laquerrière, grâce au courant continu utilisé avec des intensités élevées, appliquées pendant un temps très long. Nous avons agi somme toute sur la « névralgie du plexus » comme nous le faisons d’habitude quand nous nous trouvons en présence d’une névralgie quelconque, d’une sciatique aiguë par exemple, où nous utilisons le courant continu à haute dose, avec des résultats d’autant meilleurs que la douleur est plus accentuée.
Comme on pourra le voir plus loin, nos résultats ont été très encourageants, et nous pensons que ce procédé peut rendre en thérapeutique des services des plus utiles.
Nous ignorons du reste ce que deviennent les troubles de la sécré- ^ tion quand l’irritabilité du plexus solaire a disparu ; étant données leur variabilité et leur instabilité, leur importance est des plus restreintes, et l’on s’accorde actuellement à n’en tenir qu’un compte très limité dans la physiologie pathologique et l’évolution clinique des affections gastriques.
HYSTÉRIE GASTRIQUE