‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 145 sur 175 · I. — Troubles de la sensibilité · texte numérisé non relu

I. — Troubles de la sensibilité

La région prégastrique peut être le siège de troubles de la sensibilité cutanée, provoqués parla névrose, qui le plus souvent constituent la seule manifestation de l’hystérie, et parfois coexistent avec d’autres troubles de même nature.

Ces accidents sont toujours le fruit d’une sugg’estion consciente ou inconsciente, qu’il s’agit de détruire par unepersuasion bien comprise.

Or, l’électricité est un agent de persuasion de tout premier ordre, qui permet de renforcer la suggestion par la parole, par une intervention effective, dont l’énergie est g’raduable à volonté, dont l’application sans danger peut être répétée aussi souvent qu’il est nécessaire.

Les algies plus ou moins vagues de larég’ion prégastrique qui apparaissent sans relation avec la dig'estion, sont d’ordre purement psychique, et qui viennent si souvent se surajouter à des troubles réellement dus au mauvais fonctionnement de l’organe; Vhyperesthésie^les'points hystérogènes, la gastralgie hystérique ne résistent que très rarement à une ou plusieurs séances de faradisation révulsive (1).

Pour pratiquer la faradisation révulsive, il est nécessaire d’avoir : 1° un appareil faradique muni d’une bobine à fil fin et à trembleur

(1) On peut également faire des étincelles de statique, des effluves de haute fréquence, etc.

HYSTÉRIE GASTRIQUE

rapide ; 2“ un pinceau métallique de Duchenne ou un rateau de Tripier.

Si on utilise le pinceau, il faut relier une des bornes de la bobine à une plaque ou à un transport qu’on place en un point quelconque du corps, le sternum par exemple. Si l’on utilise le rateau — qui produit une révulsion plus énerg-ique que le balai — les deux bornes de la bobine doivent être reliées aux deux bornes de l’appareil. On enduit ensuite la partie sur laquelle on va intervenir d’une légère couche de vaseline, afin de permettre le glissement rapide de l’instrument sur les téguments.

Tout étant ainsi préparé, on actionne le trembleur, on enfonce d’une certaine quantité la bobine secondaire dans le primaire, et on promène rapidement sur la région l’instrument révulseur, pendant quatre ou cinq minutes environ.

Il est facile, en rapprochant ou en éloignant la bobine secondaire du primaire, de graduer l’intensité du courant, qui doit être telle que, pendant l’opération, le sujet doit ressentir une sensation assez vive. L’intervention doit laisser la peau dans un état de rubéfaction plus ou moins marquée, selon la volonté de l’opérateur.

Nous avons pour ainsi dire toujours observé après une bonne séance — il ne faut pas craindre de faire une révulsion très énergique — une atténuation considérable, et même la disparition complète des phénomènes douloureux.

En voici du reste l’explication . Il est une loi de physiologie générale qui veut qu’une douleur d’une intensité donnée est toujours calmée, partiellement, ou d’une façon complète, quand on provoque ou quand apparaît une douleur plus violente.

Avec la faradisation énergique, c’est exactement ce que nous faisons. A la douleur perçue par le malade, nous substituons pendant un temps plus ou moins court une douleur beaucoup plus vive.

Quand nous arrêtons le courant, nous faisons constater au patient que sa douleur première, spontanée et provoquée, est atténuée ou disparue. Nous le lui montrons en exerçant des pressions sur la région naguère douloureuse.

Dès qu’il s’en est rendu compte, dès qu’il voit la possibilité d’être calmé, l’œuvre de la persuasion par la parole a fait un grand pas.

Dans la suite la douleur apparaît de nouveau parfois, mais il est rare qu’elle atteigne l’acuité première, et au bout de quelques séances, sauf bien entendu chez les malades qui sont rebelles à toute rééducation, on obtient une guérison complète.

Quand il s’agit d’une anesthésie à la piqûre ou au pincement, une application faradique énergique est toujours perçue par le malade Elle provoque un réveil de la sensibilité, qu’on met à profit, pour faire percevoir des excitations beaucoup plus faibles.

La/am nauséeuse, la faim douloureuse, la faim angoissante sont également justiciables du même traitement.

lionsV anorexie hystérique, il est préférable de pratiquer la galvanisation des pneumogastriques au cou, en plaçant les tampons entre les deux chefs du sterno-cléido-mastoïdien droit et gauche, et en faisant, pendant une dizaine de minutes, un courant de 5 à 10 milliampères.

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