‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 25 sur 175 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

cellules cylindriques ou prismatiques, où l’on peut reconnaître deux zones : une zone superficielle à contenu homogène présentant les réactions de la mucine et une zone basale, granuleuse, renfermant le noyau. Entre ces cellules, ü existe des cellules caliciformes et aussi des cellules plus rares à contenu uniformément granuleux, glandes sont des glandes en tubes ramifiés. On peut leur reconneiître plusieurs régions :

a. Le canal excréteur est tapissé par l'épithélium de surface^ que nous venons de décrire; — b. Le col glandulaire., où on trouve mêlées les cellules d’épitbélium cylindrique et les cellules des culs-de-sac glandulaires ; — c. Le corps glandulaire., dans lequel on trouve deux sortes de cellules : a) les unes dites cellules de bordure (Heidenhain) ou délomorphes (Rollet) atteignant la lumière du canal, de forme polygonale ou elliptique, sont claires, transparentes, à granulations fines, à contours mal dessinés, surtout après la mort, et se colorant mal par les réactifs ; — p) les autres, dites cellules principales (Heidenhain), ou cellules adélomorphes (Rollet), situées sous la.paroi glandulaire qu’elles soulèvent de façon à la bosseler, sont bien délimitées, à grosses granulations à noyau brillant ne s’altérant pas, et sont facilement colorables.

La région pylorique est tapissée du même épithélium de surface. Les glandes., dites glandes à mucus, possèdent un épithélium cylindrique spécial, distinct des cellules de revêtement par leur forme prismatique, l'aspect de leur noyau très billant, leur dimension plus petite et leurs réactions histo-chimiques. Elles sont d’ailleurs très nettement délimitées et facilement colorables.

Entre ces deux régions, existe une zone intermédiaire, où les glandes de chaque variété s’entremêlent.

Les histologistes ne sont pas d’accord sur le rôle spécial dévolu à chaque variété d’éléments cellulaires ; aussi éviterons-nous d’émettre à ce sujet aucune hypothèse.

Les glandes sont contenues dans un stroma de tissu conjonctif. A l’état normal, ce stroma n’est pas épais, et les tubes glandulaires sont très rapprochés les uns des autres, séparés par une lig-ne très peu importante de tissu interstitiel. D’autre part, le fond des culs-de-sac ne va pas jusqu’à la membrane musculeuse, qui limite profondément la muqueuse, et en est séparé par une épaisseur variable de tissu conjonctif qui contient çà et là des follicules lymphatiques. A l’état pathologique, lorsqu’il existe de la gastrite, on peut observer deux états anatomiques. Tantôt, l’irritation portant sur les tubes glandulaires, ceux-ci s’bypertrophient, s’élargissent, s’allongent jusqu’à la

sous-muqueuse, en même temps que leurs cellules et particulièrement les cellules principales se multiplient et augmentent de volume : c’est la gastrite parenchymateuse hypèrpeptique (Hayem). Tantôt, au contraire, le tissu conjonctif irrité prolifère. Les cellules propres du tissu conjonctif se multiplient et les leucocytes sortis par diapédèse des vaisseaux viennent s’y accumuler. Les glandes sont étouffées, diminuent de calibre, de longueur et de nombre. En même temps qu’elles s’atrophient, leurs cellules subissent des transformations régressives qui les conduisent à L’état muqueux. Cet état est désig’né sous le nom de g’astrite interstitielle et peut aboutir à l’atrophie de la muqueuse par disparition complète des glandes. Ces notions très sommaires sur les différentes modalités de l’inflammation de la muqueuse gastrique, sont nécessaires pour la compréhension des altérations du chimisme gastrique.

Pour achever l’exposé anatomique, ajoutons que la muqueuse de l’estomac est très riche en vaisseaux, en lymphatiques et en nerfs. Les artérioles, parties du réseau vasculaire de la sous-muqueuse, montent parallèlement aux tubes glandulaires jusqu’à la muqueuse. Elles sont terminales, c’est-à-dire ne s’anastosmosent pas. Autour des glandes, elles se résolvent en un réseau capillaire particuliérement riche au niveau, du collet des glandes, soüs l’épithélium- de surface. Les veines plongent perpendiculairement vers le réseau sous- muqueux.

Le système lymphatique est très développé. 11 forme des lacunes qui engainent les glandes et les vaisseaux ; il existe un réseau superficiel sous-épithélial et un réseau profond sous-glandulaire.

Les nerfs viennent des pneumogastriques, des sympathiques, du plexus solaire et de la moelle ; après s’être anastomosés dans les parois de l’estomac, sous forme de fins réseaux auxquels s’ajoutent des ganglions microscopiques (plexus de Meissner et d’Àuerbach), ils envoient dans la muqueuse des prolongements cylindraxiles (Navalichin), qui pénétreraient dans l’intérieur des cellules glàndulaires et se confondraient avec les granulations de leur protoplasma.

Avant d’aborder les procédés techniques que la clinique met à notre disposition pour étudier la sécrétion gastrique chez l’homme, nous devons donner quelques notions physiologiques indispensables à connaître et auxquelles nous aurons l’occasion de revenir souvent au cours de ce chapitre.

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