COMPOSITION DU SUC GASTRIQUE
' Le SUC gastrique recueilli directement à l’aide d’une fistule, sans mélange d’aliments et de salive, est un liquide clair, sans odeur ni goût et de réaction très acide. Sa densité varie entre 1030 et 1060 et il filtre , facilement. Il dévie à gauche de 0",70 à 0‘’,73 le plan de polarisation et ne présente au spectroscope aucune bande caractéristique. Il donne un extrait de 0,30 à 0,60 p. 100 et une proportion de cendres de 0,10 à 0,15 p. 100 environ.
Chimiquement il est très aqueux, renfermant 970 parties d’eau pour 1000. On y trouve en dissolution des sels minéraux, surtout des chlorures et des phosphates, des matières organiques sans importance pour la digestion, et des substances actives constituées par un acide et des ferments.
La nature àeV acide àa suc gastrique a donné lieu à des discussions interminables que nous nous garderons bien de reproduire ici. Il paraît définitivement établi et admis aujourd’hui que l’acide véritablement actif est X acide chlorhydrique., le seul qui existe dans les sucs purs. Les autres acides, lactique, acétique, butyrique, ne se trouvent que dans les sucs g'astriques impurs, mélangés d’aliments.
IXacide chlorhydrique se trouve dans le suc gastrique sous deux formes distinctes se comportant différemment sous l’influence des divers réactifs : tantôt il est libre, tantôt il est combiné plus ou moins intimement aux matières albuminoïdes. Les proportions respectives de ces deux facteurs de l’acidité chlorhydrique varient avec la grandeur de l’acidité totale et de la richesse du suc gastrique en albumine. Nous verrons aussi qu’elles varient beaucoup à l’état pathologique.
Presque tous les auteurs sont d’accord pour admettre que l’acide chlorhydrique prend naissance au sein même des glandes gastriques, en se formant aux dépens des chlorures du sang par un mécanisme encore inconnu, et qu’il est déversé en nature directement dans la cavité stomacale où il va se combiner aux substances albuminoïdes des aliments. MM^ Hayem et Winter cependant admettent que les chlorures, et spécialement le chlorure de sodium, seraient déversés directement en nature dans la cavité stomacale : l’acide chlorhvdrique ne prendrait naissance que dans l’estomac, au delà de la muqueuse, étant mis en liberté pendant l’acte de la peptonisation. Cette théorie semble difficile à soutenir devant ce fait affirmé par les physiologistes