RECHERCHE DES GAZ DE L’ESTOMAC
l’estornac. Plus souvent il est rejeté à l’extérieur par l’éructation.
Quelques gaz peuvent pénétrer dans l’estomac par le pylore, venant de l’intestin. Ce phénomène se produit dans certains cas pathologiques avec une plus g-rande intensité. Leven lui attribue beaucoup d’importance, trop selon nous, pour expliquer la dyspepsie flatulente. Il est plus intense en cas de constipation marquée et surtout dans les différentes formes d’obstruction intestinale. A l’état normal, ce retour des gaz intestinaux est plus rare.
Certains médecins, Baumès, Latour et de nos jours encore Bardet et Albert Robin, admettent que les gaz de l’estomac peuvent venir du sang, en grande abondance même, en s'exhalant à travers les parois des vaisseaux. Cette théorie doit être absolument abandonnée aujourd’hui.
Enfin les gaz de l’estomac peuvent résulter des modifications subies par la masse alimentaire pendant la digestion, en particulier sous l’influence de fermentations microbiennes. Ces gaz d’origine alimentaire sont en somme de faible volume à l’état normal et n’acquièrent quelque intensité qu’à l’état pathologique, sous l’influence de troubles sécrétoires et moteurs. La plupart des auteurs attribuent la principale importance à cette dernière cause de production' de gaz. Nous croyons pour notre part qu’on en exagère le rôle.
Quantité des gaz. — C’est par l’examen radioscopique, qui permet de se rendre compte directement de la larg’eur et de la longueur de la « chambre d’air », que l’on peut apprécier avec le plus d’exactitude la quantité de gaz contenue dans l’estomac.
On peut aussi étudier sur quelle étendue se perçoit la sonorité gastrique, et quel est son timbre. Ce procédé est certainement moins exact. En efi’et, le degré de résistance des parois gastriques et abdominales à la tension gazeuse intragas trique joue peut-être un rôle plus important que la quantité même des gaz sur l’intensité de la tympanite.
On a encore proposé, en introduisant dans l’estomac un tube en caoutchouc muni à son extrémité gastrique d’une petite poire légèrement insufflée, et adapté par l’autre bout à un manomètre, de mesurer la tension des gaz dans le viscère. Cette tension, faible au niveau du cardia, est surtout marquée dans la région pylorique, de sorte qu’il faut, pour la mesurer, enfoncer la sonde assez profondément (Moritz), Faisons remarquer que la tension intrag'astrique mesure surtout la résistance et la contraction tonique des parois de l’estomac, mais donne des indications bien peu précises sur la quantité des gaz présents dans sa cavité.
Nature des gaz. — Pour étudier les gaz de restomac, il faut les extraire du viscère. Deux catégories de procédés ont été employées.
' Le plus simple consiste à introduire dans l’estomac un tube dont le pavillon est placé dans une cuve à eau, sous une éprouvette graduée. Mais on n’obtient ainsi qu’une quantité insignifiante de gaz, à moins que la tension gazeuse ne soit très marquée. On réussit mieux en suivant le procédé de Hoppe-Seyler. On prend un flacon de Wolff à trois tubulures : des deux tubulures latérales, l’une est reliee à la sonde gastrique, l’autre est pourvue d’un tube avec entonnoir ; la tubulure centrale donne passage à un tube en U dont une branche
plonge jusqu’au fond du flacon et l’autre branche, munie d’un robinet, servira ultérieurement à conduire dans un récipient spécial les gaz recueillis (fig. 40).
Pour faire manœuvrer l’appareil, le flacon et la sonde sont remplis d’eau par l’entonnoir. On retourne alors le flacon un peu au-dessus de la bouche du patient et on introduit la sonde ; puis on abaisse l’entonnoir en laissant écouler les trois quarts d’eau ; le contenu de l’estomac ainsi puisé se répand dans le flacon, y circule, et on y trouve un liquide saturé des mêmes gaz que ceux de l’estomac. Après qu’une certaine quantité de liquide a pénétré dans le flacon, il vient des bulles g’azeuses qui se rassemblent au fond. Quand on en a obtenu une quantité suffisante, on les fait passer par le tube en U dans une’ éprouvette où l’on en fait l’analyse.
Ce procédé permet de reconnaître les gaz de toute origine, qu’ils soient étrangers à l’estomac, ou qu’ils soient nés en lui par fermentation. Malheureusement il est difficile à appliquer en pratique.
recherche des gaz de L’ESTOMAC.
Pour les besoins de la clinique, on a l’habitude de lui substituer Yépreuve de fermentation^ procédé commode mais insuffisant, car il ne donne d’indications que sur les gaz issus des fermentations. De plus, elle est surtout propre à faire apprécier l’intensité des fermen tâtions stomacales, mais est d’un faible secours pour l’estimation de l’ensemble des gaz de l’estomac dont beaucoup sont d’origine extrinsèque et sans relation avec des processus de fermentation.
Cette opération consiste à recueillir le contenu gastrique dans un flacon. Les fermentations commencées dans l’estomac se continuent in vitro ; on place les flacons à une température voisine de 38“ ; à l’aide de dispositifs variés, on recueille les ^gaz qui se dégagent pendant un temps donné et on les analyse.
Kühn a décrit un petit appareil (fig. 41) facile à mettre à l’étuve : un petit flacon de 100 centimètres cubes porte un bouchon creux qui donne passage à un tube recourbé dont l’extrémité arrive dans un tube Fig. 41. — Tube à fermentation de Kühn. gradué renversé sur la
cuve à eau ou à mercure : pour éviter le passag’e des débris d’aliments avec les bulles gazeuses, on ajoute un peu d’ouate à l’entrée, du tube.
Dans cet appareil, et tous ceux qui ont été proposés par la suite sont basés sur le même principe, on prolonge hors de l’estomac les réactions qui s’accomplissaient à son intérieur. On arrive de cette façon sensiblement au même résultat qu’avec la méthode précédente. La propriété qu’a le contenu stomacal fraîchement retiré de fermenter en dehors du corps avec plus ou moins d’intensité conserve une même signification diagnostique.
Que les gaz aient été obtenus par l’une ou l’autre méthode, on estime leur quantité à différentes heures à partir de l’extraction — quatre heures, dix heures, vingt-quatre heures, quarante-huit heures — pour se rendre compte de l’activité de la fermentation, très variable selon les cas.
Il reste à reconnaître leur composition.
Les gaz trouvés dans l’estomac sont toujours les mêmes. Ce sont l’hydrogène H, l’oxygène O, l’azote Az, l’acide carbonique COS le gaz
desmarais GH^, Fhydrog’ène sulfuré H^S. Ils sont en proportion variable Exceptionnellement, on a trouvé de 1 ammoniaque, du sulfhydrata d’ammoniaque, de l’éthylène, de l’oxyde de carbone. On a cité dans un certain nombre de cas la présence de gaz inflammables.
Pour analyser ces gaz, on procède de la façon suivante ;
L’acide carbonique est absorbé par une solution concentrée de potasse. La diminution de volume du gaz total en indique la quantité. L’addition d’acide pyrogallique en solution alcaline absorbe l’oxygène. L’hydrogène sulfureux est reconnu à son odeur. De plus, il noircit le papier à l’acétate de plomb.
L’azote et l’hydrogène sont dosés par différence.
Le gaz des marais rend le mélange gazeux inflammable.