‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 4 sur 175 · ANTÉCÉDENTS PATHOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ANTÉCÉDENTS PATHOLOGIQUES

fisaace motrice et h^-po chlorhydrie marquée. Le tabac est naturellement plus toxique et plus funeste chez les individus qui déglutissent la fumée que chez ceux qui ne l’introduisent que dams la bouche. Il y a là une distinction importante à étciblir. En résumé on doit réduire autant que possible la consommation de tabac chez les dyspeptiques.

Il est encore important de savoir si les malades ont pris beaucoup de médicaments, soit pour l’affection gastrique de plus ou moins longue durée qu’ils présentent, soit pour d’autres affections ; l’antipyrine pour les migraines, le sulfate de quinine pour les fièvres paludiques, l’iodure de potassium et les mercuriaux pour la syphilis, les balsamiques pour les écoulements blennorragiqués et pour les affections pulmonaires, le fer et l’arsenic pour les états anémiques, etc., etc., sont souvent l’origine d’une irritation plus ou moins prononcée de l’estomac capable d’engendrer à la longue une gastrite médicamenteuse.

Antécédents patholog^iques héréditaires et personnels. — Ils doivent être relevés avec soin. Il est. banal de rappeler que les maladies diatbésiques, goutte, obésité, diabète, arthritisme, le tempérament nerveux des parents, exercent une influence très grande sur l’état de santé de leurs descendants. Or les troubles dyspeptiques sont d’une extrême fréquence dans tous ces états morbides.

La notion de Y Hérédité g astr apathique, moins répandue, est cependant indiscutable. On note souvent que les dyspeptiques ont eu des ascendants dyspeptiques, et il n’est pas rare d’observer des familles entières dont tous les membres ont un mauvais estomac. Sans doute, on peut attribuer cette susceptibilité à un état névropathique commun, mais il n’est pas douteux que la fragilité de l’estomac ne tienne, dans beaucoup de cas, aune structure défectueuse de l’organe, soit-apx anomalies de son appareil glandulaire engendrant des sécrétions défectueuses (hypochlorhydrié ou hyperchlorhydrie congénitales), soit à un état de faible^e de sa tunique musculaire. Nous pensons,

.^ cemme Bouchard et Le^èndre, que la dilatation atonique de l’estomac est le plus souvent la conséquence d’une débilité congénitale des fibres musculaires lisses de l’estomac en particulier, mais aussi de tous les tissus à fibres lisses de l’organisme. On peut en effet noter la coïnci-. dence fréquente des varices, du varicocèle, des ptoses abdominales, la mollesse de la peau, la laxité du scrotum, etc., etc., avec la dilatation del’estomac. Quoiqu’il en soit, la débilité congénitale decet organe peut expliquer ce fait d’observation courante en clinique, à savoir que beaucoup de dyspeptiques ont depuis leur naissance un tube digestif

INTERROGATOIRE DU MALADE

fragile et souffrent, malgré de grands ménagements et un régime très surveillé, de crises d’intolérance, de périodes plus ou moins longues de gastralgie, d’indigestions au moindre écart de régime, aussitôt qu’ils demandent à leur estomac le plus petit effort. Chez ces mêmes individus toute affection générale ou locale se complique de troubles dyspeptiques sérieux, dont l’importance aggrave le tableau symptomatique, de même que leur ténacité entrave la convalescence en rendant difficiles le traitement médicamenteux et la reprise d’une alimentation substantielle. A côté des dyspepsies acquises, il faut donc faire une large place aux dyspepsies d’origine congénitale, relativement très fréquentes.

Après avoir étudié les antécédents héréditaires des dyspeptiques, il faudra établir le bilan de leur santé antérieure. Sans se préoccuper encore de leurs troubles digestifs dont on abordera plus loin l’étude, on devra s’informer des affections générales et locales dont ils ont souffert, de leur durée, de leur intensité, de leurs suites, de l'influence qu’elles ont eu sur la santé générale et des reliquats qu’elles ont pu laisser sur les différents appareils de l’économie. Il serait long et fastidieux d’énumérer une à une toutes les afiections qui peuvent avoir un retentissement sur le fonctionnement de l’estomac, car on peut dire sans exagération que les troubles gastriques peuvent les compliquer toutes. Ce qu’il importe de mettre en relief, c’est que ces dyspepsies secondaires sont extrêmement fréquentes, qu’il faut toujours y penser et qu’on ne peut arriver au diagnostic de gastropathie primitive qu’après en avoir écarté la possibilité par l’examen attentif de l’état des différents appareils. Naturellement l’état de l’intestin et du foie; en raison de leurs rapports intimes avec l’estomac, seront l’objet d’investigations toutes spéciales.

Examen des troubles dyspeptiques. — Date du début. — On doit s’informer tout d’abord à quelle époque remonte le dérangement de l’estomac. La réponse à une question aussi simple, en apparence, est souvent difficile à obtenir. Les malades ne pensent souvent à décrire que la dernière période, la plus douloureuse de leur affection, et ils attachent peu d’importance aux troubles plus légers ou déjà oubliés survenus autrefois : il faut que le médecin insiste beaucoup, aide leur mémoire et la dirige, leur rappelle que dans l’état de santé, l’estomac est complètement insensible pendant les périodes de digestion et que tout malaise après les repas doit être considéré comme l’expression d un état maladif. On apprend alors, sur l’évolution de la gastropathie, toute une série de détails qui ont une grande importance et qui, sans

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