‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 43 sur 175 · ÉLÉMENTS CELLULAIRES · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS CELLULAIRES

On rencontre des cellules épithéliales desquamées, isolées ou groupées en petit nombre, surtout dans les cas de catarrhe muqueux des premières voies digestives. L’épithélium de la cavité buccale, du pharynx et de l’œsophag'e se reconnaît à sa forme plate, tandis que l’épithélium d’origine gastrique a une forme cylindriq^ue plus ou moins modifiée.

Parfois, soit spontanément, soit à la suite de tubag-es plus ou moins difficiles, il se détache de la paroi gastrique des lambeaux de muqueuse assez volumineux. Cet accident est d ailleurs sans aucune gravité, car la petite plaie qui en résulte se cicatrise vite et sans incidents, quel que soit le chimisme gastrique. Il peut être intéressant d’examiner ces membranes, ainsi que le recommandent surtout Einhorn et Boas, qui pensent qu’on peut ainsi reconnaître l’état anatomique de la muqueuse. Ces auteurs ont retracé, dans leurs ouvrages, quantité de dessins montrant la structure des lambeaux retrouvés dans le contenu stomacal. D’après Einhorn, on en trouverait très fréquemment dans l’eau ayant servi au lavage de l’es-, tomac. D’après lui, ces débris de muqueuse ont un aspect rouge ; leur épaisseur varie d’un demi-millimètre à un millimètre; leur dimension varie de lataUle d’une tête d’épingle à celle d’un haricot. Pour en faire un examen complet, il faut les fixer à l’alcool, les inclure dans la paraffine et les colorer. Einhorn distingue les groupes suivants :

a. Les glandes et le tissu interglandulaire existent en proportions normales.

b. L’élément glandulaire est normal, mais il y a une prolifération du tissu interglandulaire.

c. Il y a prolifération des glandes qui sont allongées, incurvées, et plus tassées les unes contre les autres.

d*. Les glandes existent en moins grande quantité et leurs dimensions sont plus petites; les espaces interglandulaires sont élargis et infiltrés.

e. Les glandes ont presque complètement disparu et sont remplacées par du tissu conjonctif infiltré de cellules rondes.

f. Enfin les débris examinés peuvent révéler l’existence d’une tumeur cancéreuse. On doit cependant être très prudent pour affirmer la nature maligne de ces petits fragments de muqueuse : il faut, en tout cas, toujours y pratiquer des coupes et ne pas se contenter de les dissocier.

Boas, Rosenhach, Reinboth, Mathieu ont cité un certain nombre d’observations où des fragments importants d’épithélioma gastrique avaient été rendus par vomissement. Ces cas ont trait à des tumeurs végétantes dont 1 existence s était accusée déjà cliniquement par des symptômes importants.

Quant au diagnostic précoce du cancer au moyen de l’examen microscopique, il ne faut guère y compter.

examen microscopique des résidus gastriques.

MICROORGANISMES

L’étude microbiolog-ique du contenu stomacal doit être faite surtout à l’aide d’ensemencements et de cultures. Nous ferons cette étude dans un autre chapitre. Nous nous contenterons ici d’indiquer les résultats fournis par l’examen microscopique direct.

Les microorg-anismes ne sont en nombre appréciable que dans le contenu g-astrique quia séjourné un temps assez long- dans l’estomac. C’est dans les liquides de stase aussi bien hyper qu’hypochlorhydriques qu’on les trouve en abondance. Les levures sont facilement reconnaissables au microscope par leur forme ovalaire, leur double contour, leur aspect luisant, leur arrangement en chaînette, et leurs réactions microchimiques (coloration jaune sous l’influence de l’iode). On ne peut les déterminer exactement sans avoir recours aux cultures et à la recherche de leurs réactions biologiques, car elles ont toutes environ la même forme.

A côté des levures, il faut signaler les sarcines (Goodsir, Lebert, Robin). Ce sont des microorganismes à forme de cocci de 2,5 [x de diamètre, groupés intimement quatre par quatre et souvent agglomérés en masses assez volumineuses affectant la forme de ballots de, marchandise. Ils donnent la réaction de la cellulose, se colorant en rouge violet avec la solution de iodochlorure de zinc. La sarcine est introduite dans l’estomac à la faveur des aliments ; on peut donc la trouver dans tous les contenus gastriques, mais elle est surtout abondante dans les liquides de stase, quelles que soient leurs réactions.

- On trouve aussi -des bactéries, espèces saprophytes. Mentionnons spécialement le bacille lactique plus abondant dans les liquides achlorhydriques, dont Boas avait voulu faire un microbe spécifique du cancer et dont Kaufmann et Schlesinger ont montré l’identité avec le bacille de Pasteur. On trouve encore, d’après Coyon, le bacille butyrique, le bacillus mesentericus, l’entérocoque, le coccus radians, des bacilles oolitiques, le bacille incarnat, le bacillus amylobacter, et le bacterium coli commune.

Ces divers microbes saprophytes existent dans tous les estomacs normaux ou pathologiques, mais ils ne prennent d’importance et ne développént leurs propriétés fermentatives que lorsqu’il y a stagnation prolongée des aliments.

Enfin on trouve exceptionnellement dans l’estomac des microorganismes pathogènes, oïdium albicans, bacille de-la tuberculose, bacille typhique, pneumocoque, etc.

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