‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 44 sur 175 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

: Nous nous occuperons successivement des modifications de là faim, àes douleurs, de V expulsion des aliments hors de l’estomac parvomissements, par régurgitations, par mérycisme, des éructations,' enfin de la gastrorragie.

MODIFICATIONS DE [LA FAIM Aperçu physiologique sur la faim et l’appétit.

Le besoin de prendre des aliments pour réparer les pertes de l’organisme se traduit par les deux termes de faim et à'appétit. Geùx-ci sont employés presque comme synonymes dans le langage courant,mais n’ont cependant pas absolument la même signification.

La faim est une sensation impérieuse, toujours désagréable, souvent pénible et qui à la longue devient une souffrance constituée' d’une part par une sensation locale, épigastrique, faite de crampes ou de tiraillements, et une sensation générale de malaise d’abord, puis' d’anéantissement et de défaillance angoissante.

U appétit wue sensation plus complexe. Le besoin de prendre des aliments n’y est encore qu’ébauché et y est plutôt un désir qu’un besoin : il s’y joint l’attente du plaisir de savourer les aliments. - i

« L’appétit, dit Brillat-Savarin, s’annonce par un peu de langueur au creux épigastrique, ên même temps qu’une légère sensation de fatigue générale. :

aperçu physiologique sur la faim et L’APPÉTIT. 135

« En même temps l’âme s’occupe d’objets analog-ues à ses besoins ; la mémoire se rappelle les choses qui ont flatté le g-oût; l’imagination croit les voir ; il y a là quelque chose qui tient du rêve. Cet état est plein de charm.es. »

On peut encore dire qu’avoir de l’appétit, c’est vouloir manger non seulement pour réparer les pertes de l’organisme, mais pour flairer les aliments, les déguster, les mastiquer, les insaliver, les déglutir. On ne cherche pas à stimuler la faim qui est un acte physiologique douloureux, mais on cherche à exciter l’appétit qui est un plaisir, en mélangeant aux mets des substances sapides qui en rendent l’ingestion agréable et désirable.

L’appétit tel que nous venons de le définir n’est pas, comme on serait tenté de le croire, une sensation de luxe, un raffinement superflu, presque un défaut. M. Pawlow, dans une série d’expériences des plus originales, a montré les conséquences physiologiques de l’appétit et son , retentissement des plus manifestes sur les sécrétions et les fonctions de l’estomac. Nous avons donné plus haut (Voy. Analyse du suc gastrique) un aperçu de ses remarquables travaux. Aussi nous nous contenterons de les rappeler en quelques lignes.

M. Pawlow et ses élèves ont montré que le suc gastrique commence à sourdre dans l’estomac avant que les aliments y arrivent. Par des expériences fort ingénieuses, relatées plus haut, il a montré que la vue, l’odeur, la mastication, la déglutition des aliments provoquaient la sécrétion d’un suc gastrique abondant et très actif. Cette sécrétion purement réflexe, tout à fait indépendante de l’impression des aliments sur la muqueuse de l’estomac, a été désignée par Pawlow sous le nom de suc psychique^ voulant ainsi affirmer qu’elle était due à une action purement cérébrale, née sous l’influence du désir des aliments et de la satisfaction éprouvée par l’animal à mâcher et à déglutir, c’est-à-dire précisément sous l’influence des sensations que nous avons admises comme constituant l’appétit. Aussi le suc psychique a-t-il été désigné sous le nom de suc d'appétit.

La sécrétion de ce suc est très importante pour Pawlow. En effet, d’après lui, celui-ci met en train le travail chimique de 1 estomac. C’est lui qui attaque les aliments dès qu'ils arrivent dans le viscère et qui opère les premières transformations des albuminoïdes. C est, comme on l’a encore appelé, le suc d'amorce., sans lequel la digestion gastrique est languissante et se fait d’une façon incomplète.

On voit par ces notions physiologiques l’importance qu a 1 appétit pour le bon fonctionnement de l’estomac, et l’intérêt majeur à provo-

quer, chez le dyspeptique, le besoin de manger et l’appétence des aliments.

Perversions pathologiques de l’appétit.

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