EXCÈS DE LA SÉCRÉTION. HYPERSÉCRÉTION DIGESTIVE
lions, fausse angine de poitrine, malaises généraux, névralgies de sièges divers, sont assez souvent observés chez les hyperchlorhydriques, sans qu’il existe de phénomènes gastriques concomitants. Il est bon d’en être averti, car le traitement des troubles sécrétoires en vient facilement à bout, alors que tout autre reste inutile. ‘
Nous désirons attirer tout spécialement l’attention sur les migraines d’origine stomacale. Elles sont très fréquentes. On peut dire d’une façon générale que les migraineux dyspeptiques sont des hypercblorhydriques. Chez eux on tire souvent grand bénéfice du traitement alcalin et du traitement de la dyspepsie. Mais la migraine peut exister sans dyspepsie. Nous avons soigné, entre autres malades, une grande migraineuse chez laquelle l’usage de la viande et d’aliments irritants provoquait uniquement des migraines terribles qui la tenaient au lit deux et trois jours. Après avoir épuisé tous les moyens thérapeutiques habituels, nous pratiquâmes une analyse de suc gastrique qui révéla une acidité de 3,10 p. 1000. La malade fut mise aux alcalins et en éprouva un soulagement très grand. Elle devint même par la suite une véritable alcalinophage, ne pouvant se passer de ces poudres qui seules," à l’exclusion de tout autre moyen, pouvaient la soulager.
Nous avons observé d’autres faits du même genre, qui en somme ne sont pas très rares. D’ailleurs, A. Robin, Gallois, A. Mathieu ont cité des cas analogues.
Rô.'^uiîié et conclusions. — L’hyperacidité du suc gastrique est d’une fréquence beaucoup plus grande qu’on ne le soupçonne. Chez beaucoup d’individus, son existence, probablement d’origine congénitale, n’entraîne aucune conséquence morbide. Pour qu’elle s’accompagne de troubles dyspeptiques, dont l’expression est d’ailleurs variable, il est nécessaire qu’il vienne à son secours un élément accessoire qui, en l’espèce, est l’hyperesthésie de la muqueuse de l’estomac provoquée soit par des causes d’irritation locale, soit par des influences générales.
HYPERSÉCRÉTION DIGÉSTIVE DÉFINITION ET DIVISION
L’hypersécrétion digestive est caractérisée par ce fait que le .suc gastrique recueilli après le repas d’épreuve d’Ewald (l’estomac ayant été vérifié vide auparavant) est beaucoup plus abondant que normalement. On peut considérer que, lorsque le suc gastrique dépasse le volume de 150 centimètres cubes, il y a exagération de la sécrétion.
SouPAULT. — Mal. de l’estomac.
Les quantités de suc gastrique recueillies sont extrêmement variables. Tantôt elles dépassent peu la normale, tantôt au contraire elles sont extrêmement abondantes, s élevant au-dessus de 300, 400 et même 500 centimètres cubes. Le suc gastrique est très fluide, presque aqueux, et coule abondamment et rapidement à travers la sonde. Les flocons de pain sont comme noyés dans l’abondance du liquide. La couleur en est moins foncée que normalement ; elle est souvent un peu verdâtre.
Si on vient à analyser chimiquement ces sucs, on constate des résultats variables.
Assez souvent, surtout dans les cas où le volume extrait n’est pas très exagéré, on trouve une hyperchlorhydrie notable, parfois même considérable. D’autres fois, au contraire, l’acidité est peu prononcée, souvent au-dessous de la normale. L’hypoacidité correspond d’ordinaire, mais pas toujours, aux cas où les liquides retirés sont extrêmement abondants. Mais, point important à noter, les réactions qualitatives de HCl libre subsistent toujours énergiques.
Dans ces cas d’hypersécrétion digestive on constate en même temps une prolongation de la sécrétion. En sondant les malades une heure et demie, deux heures, deux heures et demie et plus après le repas, on constate encore une abondante quantité de liquide dont l’acidité et la chlorhydrie sont en général plus marquées que celles des sucs de la première heure. Cette prolongation de la sécrétion a été bien mise en lumière par M. Hayem.
Si l’on compare au point de vue de la eomposition chimique les liquides retirés de l’estomac à des heures différentes de la digestion du repas d’épreuve, on peut relever plusieurs catégories de faits.
1“ Les liquides de la première heure atteignent le maximum d’acidité; les sucs deviennent de moins en moins acides. Le chlore total atteint toujours un chiffre élevé.
2° Les liquides de la première heure sont peu acides, soit inférieurs à la normale, soit normaux, soit légèrement supérieurs à la normale. Ce n’est qu au bout d’une heure et demie à deux heures que la coiirbe de 1 acidité atteint son maximum, pour redescendre lentement ou se maintenir avec des oscillations plus ou moins marquées à des chiffres élevés. Dans les liquides de la première heure comme dans les autres, le chlore total atteint toujours un chiffre élevé.
3“ Les liquides de la première heure sont peu acides et on n’y trouve pas les réactions d’HCl libre ; mais les sucs extraits ultérieurement sont un peu acides aussi; ils le sont tantôt un peu plus,