EXCÈS DE LA SÉCRÉTION. HYPERSÉCRÉTION DIGESTIVE
tantôt un peu moins. En général, le chlore total n’est pas très élevé ni à la première heure, ni ultérieurement.
Dans les deux premières catégories de faits on peut affirmer que la muqueuse de l’estomac n’est pas altérée ; dans la troisième, il est à craindre qu’il y ait des lésions importantes des glandes gastriques.
Lorsqu’on rencontre l’hypersécrétion digestive chez un dyspeptique, il est indispensable de pratiquer le cathétérisme à jeun afin de s’assurer si l’estomac contient ou non des liquides de gastrosuccorrhée. Cette exploration donne des résultats différents selon les cas. Tantôt il y a du suc gastrique en abondance, mélangé de résidus alimentaires, tantôt il n’y a qu’un peu de suc gastrique pur, tantôt enfin l’estomac est absolument vide. Ces différences répondent certainement aux causes originelles de l’hypersécrétion.
CAUSES DE l’hypersécrétion
On peut diviser les faits d’hypersécrétion gastrique en deux catégories.
1“ Dans une première série de faits, elle dérive uniquement, comme l’hyperchlorhydrie, d’une excitation plus vive des glandes gastriques, dont elle marque une étape plus avancée. Ce que nous avons dit des causes de l’hyperchlorhydrie estdonc applicable ici. Cependant, quand l’hypersécrétion atteint des proportions assez élevées et surtout se montre persistante, il n’est pas probable qu’elle ne soit l’effet que d’un simple trouble fonctionnel. Il semble nécessaire d’admettre qu’elle s’accompagne de lésions g'iandulaires qui assurent cette production exagérée de suc gastrique. Dans cette catégorie de faits, l’excitation de la sécrétion est la seule raison de la présence d’une quantitéextrême de liquide dans l’estomac. Le suc gastrique sécrété en grande abondance pendant la période digestive n’est pas toujours, loin de là, d’une acidité très élevée. Si le plus souvent il est hyperacide, il est souvent normal et parfois inférieur à la normale. C’est que, comme l’ont montré Strauss et Roth, la muqueuse gastrique peut sécréter un liquide indifférent que tend à diluer le contenu gastrique trop acide et qui marche parallèlemnnl à la sécrétion de l’acide chlorhydrique.
2° Mais il existe d’autres faits où l’abondante quantité du liquide extrait a pour raison d’être non seulement un excès de la sécrétion, mais encore des troubles de la motricité qui s’opposent à l’évacuation l’éguhère de l’estomac. 11 en résulte que les ingesta et aussi le suc sécrété ne sont pas expulsés régulièrement et suffisamment à travers^
le pylore, et que le volume de liquide trouvé dans l’estomac en est fortement accru.
En g-énéral on peut dire que, quand le volume de liquide retiré après un repas d’Ew^ald dépasse 300 centimètres cubes, il est probable qu’il y a rétention g-astrique. Pour donner à ce diagnostic plus de certitude, il est utile d’employer les méthodes d’analyse indiquées plus haut (méthode de Mathieu et Hallot, méthode de Meunier) permettant de faire le départ de ce qui appartient à la sécrétion et à la rétention. Malheureusement cette étude est un peu compliquée et ne peut guère franchir le seuil des laboratoires de recherches scientifiques.
La rétention gastrique tient presque uniquement à des lésions siégeant au niveau du pylore, et, dans l’immense majorité des cas, à l’ulcère ou au cancer.
Pour faire le diagnostic de l’un ou de l’autre, on se reportera à la composition chimique des liquides, chlorhydriques dans le premier cas, achlorhydriques dans le second.
CONSÉQUENCES DE l’hYPERSÉCRÉTION
L’augmentation de la sécrétion en quantité comporte à peu près les mêmes conséquences cliniques que l’hyperchlorhydrie simple. On ne peut différencier les deux variétés de chimisme que par le passage du tube et l’évacuation de l’estomac. Au point de vue des troubles subjectifs et objectifs, les phénomènes sont les mêmes.
Faisons observer cependant que dans les formes où la sécrétion est abondante, on a l’occasion d’observer plus fréquemment des troubles indiquant la présence d’un ulcère et plus spécialement encore d’un ulcèrejuxta-pyloriquedéterminantun degré plus ou moins marqué de sténose. C’est ainsi qu’on relève souvent dans les antécédents des malades des hémorragies d’abondance variable, qu’on note des phénomènes subjectifs indiquant un obstacle au passage du pylore, enfin que 1 examen objectif de l'abdomen montre très souvent de la dilatation hypertrophique accompagnée parfois de contractions péristaltiques de l’estomac.
^ 1 HYPEüSÊCRÉTiON A J EUR OU GASTROSUCCORRHÉE
L’hypersécrétion à jeun ou gastrosuccorrhée est caractérisée par ce fait que la sonde introduite dans l’estomac après un jeûne de douze
heures au moins donne issue à des liquides de quantité et de composition différentes selon les cas.