‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 62 sur 175 · ÉVACUATION GASTRIQUE · texte numérisé non relu

ÉVACUATION GASTRIQUE

mètres cubes d’eau. On procède au premier cathétérisme sept heures environ après l’ing-estion de ce repas. A l’état normal, l’estomac doit être vide au bout de ce laps de temps. S’il n’est pas vide, on fait de nouveaux cathétérismes à des intervalles plus éloignés et l’on recommence l’exploration jusqu’à ce qu’on trouve l’estomac vide. On peut répéter ces examens soit en série continue, c’est-à-dire en sondant les malades plusieurs fois à la suite d’un même repas d’épreuve, jusqu’à ce qu’on trouve l’estomac vide, soit en répétant les repas et en pratiquant le cathétérisme à des intervalles de plus en plus éloignés de l’ingestion alimentaire. En pratique, on peut se contenter d’étudier le transit des ingesta dans l’estomac à trois périodes de la digestion ; sept heures après le repas, neuf heures après et douze heures après. Nous reviendrons plus loin sur cette importante question.

Pour affirmer que l’estomac ne contient plus d’aliments, il ne faut pas se contenter de pratiquer le cathétérisme pur et simple. Il faut toujours achever l’examen en lavant l’estomac avec un demi-litre d’eau. C’est la seule façon de se rendre compte d’une façon absolue de l’état de réplétion ou de vacuité de l’organe.

Au lieu de donner le repas de Leube, on peut administrer le repas d’épreuve d’Ewald. Au bout de deux heures, ce repas est digéré. Si on en constate plus longtemps la présence dans l’estomac, c’est qu’il y a retard dans l’évacuation.

Cathétérisme après ingestion de différentes substances faciles à reconnaître. — Épreuve des raisins de Corinthe. — M. Strauss et après lui M. Bourge ont recommandé l’épreuve des raisins de Corinthe et des pruneaux : le péricarpe des fruits ne subit aucune réduction dans l’estomac; il en résulte que l’évacuation en est plus lente et plus difficile et qu’ils y restent plus longtemps que les substances faciles à réduire en bouillie fluide. Leur présence au bout d’un certain temps dans le viscère peut révéler des insuffisances motrices peu prononcées, et incapables de provoquer la rétention du repas d’épreuve de Leube. Nous avons l’habitude de nous servir dans tous nos examens de cette méthode d’exploration que nous recommandons vivement.

Procédé de Klemperer. — Il est basé sur ce fedt que les graisses et rhuile en particulier sont très peu modifiées et non résorbées dans l’estomac. En recherchant quelle est laproportion des graisses ingérées ayant quitté l’estomac dans un laps de temps déterminé, on peut juger de l’état de la motricité stomacale. On introduit 100 grammes d’huile d’olive dans l’estomac en même temps que le repas d’épreuve

d’Ewald. Au bout de deux heures on retire le contenu stomacal par le cathétérisme simple d’abord, puis en lavant l’estomac avec de l’eau tiède. Tous les liquides de lavage sont réunis dans un entonnoir muni d’un robinet à sa partie inférieure. Après un repos prolongé, pendant lequel l’huile surnage l’eau, on fait écouler celle-ci lentement. On ne conserve que la partie supérieure mélangée à l’huile. On agite celle-ci avec de l’éther qui est ensuite chassé par évaporation. On pèse l’huile qui reste. Chez l’homme sain, l’huile retirée de l’estomac au bout de deux heures est de 70 à 80 grammes.

Procédé de Mathieu et Hallot. — MM. A. Mathieu et G. Hallotont modifié heureusement ce procédé de la façon suivante: ils donnent un repas composé de- 60 grammes de pain et 250 centimètres cubes de thé léger et y adjoignent 10 grammes d’huile d’amandes douces, 5 grammes de gomme arabique et 30 grammes de sirop de sucre. On retire au bout d’une heure une certaine quantité de suc gastrique A, puis on introduit un volume d’eau connu, soit 200 centimètres cubes. On assure le mélange des deux liquides en faisant à plusieurs reprises refluer par la sonde, puis rentrer dans l’estomac le contenu gastrique, qu’on retire enfin aussi complètement que possible. On a ainsi deux liquides de composition différente, soit A et A' dont la comparaison permet d’estimer : 1“ la quantité de suc gastrique contenu dans l’estomac, 2° la rapidité d’évacuation des aliments dans l’intestin.

Pour reconnaître la proportion de substances alimentaires éliminées dans l’intestin, on recherche la quantité d’huile contenue dans un échantillon de suc g’astrique pur qu’on met à évaporer avec du sable fin ; quand la masse est arrivée à consistance pâteuse, on la traite par de l’éther anhydre dans un appareil à déplacement, de façon à lui enlever toute son huile. L’éther de lavage est reçu dans une capsule tarée et pesé après évaporation de l’éther; la différence en plus donne la quantité' d’huile.

Tl est facile, connaissant le volume total du liquide contenu dans l’estomac établi comme il a été dit précédemment, de calculer la quantité d’huile restée dans l’estomac, et par conséquent aussi laproportion de substances alimentaires non encore éliminées dans l'intestin.

Procédés divers. — Beaucoup d’autres méthodes basées sur le même principe que celle de MM. Mathieu et Hallot ont été proposées sans grand avantage. Nous ne ferons que les mentionner pour mémoire. Dans \h -procédé de Strauss et dans de Goldschtnidt, la quantité totale de liquide stomacal est déterminée par comparaison

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