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ÉVACUATION GASTRIQUE

de la densité, au lieu de l’être par comparaison de l’acidité, ce qui est plus compliqué et moins exact. Le procédé de Sœrensen et Brandeburg consiste à faire absorber une albumine spéciale, le protogène, qui n’^st autre que le corps albumineux résultant: de l’action de l’aldéhyde formique (formol) sur le blanc d’œuf, et à doser par le procédé de Kjeldahl comparativement la quantité d’azote total contenu dans l’échantillon de suc gastrique pur, et dans l’échantillon de suc dilué avec un volume connu d’eau.

G. — Recherche de la duçée d’élimination de certaines substances chimiques. — Procédé de Ewald et Sievers. — Le salol ne se modifie pas dans l’estomac et ne se décompose que dans l’intestin en phénol et en acide salicylique : celui-ci est rapidement absorbé dans le sang et éliminé par les urines sous forme d’acide salicylurique qui donne une coloration violette par le contact avec quelques gouttes de perchlorure de fer. En partant de cette donnée, les auteurs font prendre au malade trois quarts d’heure après un repas d’épreuve, c’est-à-dire au milieu de la digestion, un gramme de salol; puis ils recherchent le moment d’apparition de la réaction au perchlorure de fer dans les urines. A l’état normal, la réaction apparaît au bout de trois quarts d’heure à une heure. D’après eux, il y a insuffisance motrice si la réaction tarde à apparaître. A. Huber a conseillé de chercher non seulement le moment d’apparition de la réaction, mais aussi le moment de sa disparition. On connaît ainsi la durée de l’élimination. A l’état normal, elle est de vingt-six à vingt-sept heures. On examine donc les urines du malade en observation une heuré après l’ingestion du salol, et successivement toutes les heures jusqu’à ce que la réaction apparaisse. On examine de nouveau les urines au bout de vingt-quatre heures et ensuite toutes les trois heures jusqu’à ce que la réaction disparaisse.

Linossier et d’autre part Nobécourt ont critiqué ce procédé, en faisant observer qu’il était passible de nombreuses causes d’erreur imputables soit à l’état des sucs intestinaux déversés dans la cavité intestinale, qui décomposent plus ou moins rapidement le salol, soit aux différences dans la vitesse d’absorption de la muqueuse intestinale, soit enfin à l’état de la perméabilité rénale dont M. Achard a montré dans ces dernières années les importantes variations.

Procédé de Fleischer. — On introduit dans l’estomac au début d’un repas d’épreuve 10 centig’rammes d’iodoforme renfermés dans une capsule de gélatine. L’iodoforme mis en liberté par la fonte de la capsule de gélatine n’est pas modifié dans l’estomac, dont la

réaction est acide, mais seulement dans le milieu alcalin de l’inteslin, où lïode qu’il contient est mis en liberté, absorbé dans le sang, et éliminé ensuite soit dans les urines, soit dans la salive, où on le recherche à l’aide d’une solution de sublimé qui le précipite à l’état d’iodure de mercure d’une coloration rouge caractéristique.

A l’état normal, la réaction se montre au bout d’une heure trois quarts au maximum.

Procédé de Winkler et Stein. — Ces auteurs ont proposé de substituer à l’iodoforme une substance dite iodipine, obtenue par une combinaison de l’iode avec l’huile de sésame. Elle ne se décompose pas non plus dans l’estomac et ne met en liberté de l’iode que sous l’influence du suc pancréatique ou de la bile. Gn administre cette substance un quart d’heure ou une demi-heure après le déjeunera la dose d’une cuillerée à café, et on recherche la réaction de l’iode dans l’urine ou la salive de quinze en quinze minutes. La réaction apparaît normalement au bout de soixante à soixante-quinze minutes.

Ces procédés ne diffèrent de celui d’Ewald que par la nature du réactif employé. Ils sont passibles des mêmes objections et ne présentent sur lui aucun avantage.

D. — Radioscopie. — Nous avons décrit au chapitre de la technique les résultats fournis par l’examen radioscopique : ils sont encore trop imparfaits pour pouvoir compter sur eux ; nul doute que dans un avenir prochain les progrès réalisés soient suffisants pour fournir au clinicien des données intéressantes et pratiques pour l’étude de la motricité gastrique.

A l’état pathologique, les fonctions motrices de l’estomac peuvent être plus ou moins gravement compromises, l’évacuation se faire plus ou moins lentement. On a l’hahitude de grouper les faits observés en deux grandes classes : dans la première, désignée sous le titre d atonie ou myasthénie gastrique^ ou encore sous celui d insuf fisance motrice du premier degrés se placent les cas dans lesquels 1 évacuation de l’estomac, seulement ralentie, se fait cependant d’une façon complète. La seconde comprend ceux où 1 évacuation est tellement retardée que l’estomac n’arrive jamais à être débarrassé complètement, que les digestions sont pour ainsi dire subintrantes, quel que soit l’espace qu’on met entre les repas, et que l’on peut, à tout moment de la journée, extraire des résidus

alimentaires. On dit alors qu’il y a rétention alimentaire ou stase gastrique. Ces deux états morbides comportent un pronostic d’inég-ale gravité et réclament un traitement différent.

C’est à les reconnaître et à les différencier que doit s’appliquer le clinicien. De tous les procédés que nous avons signalés, deux seulement sont pratiques : la recherche du clapotage et le cathétérisme.

Insuffisance motrice. — On se contentera de rechercher le clapotage et le bruit de succussion pour reconnaître le retard de V évacuation. Il serait sans doute plus exact de pratiquer le cathétérisme, mais la peine demandée au malade serait hors de proportion avec les renseignements à obtenir, et l’on peut se contenter, pour un état morbide en somme assez bénin, d’indications approximatives.

Chez l’homme sain, l’estomac rempli, à l’heure des repas, par un volume plus ou moins considérable d’aliments, évacue ceux-ci dans l’intestin dans un laps de temps qui varie en raison de leur quantité et peut-être aussi de leur qualité, mais qui, pour un même repas, présente une assez grande fixité. Si nous prenons pour type moyen le dîner d’épreuve de Leube ou de Boas, nous savons que l’estomac normal l’a évacué complètement sept heures après son ingestion. Quelquefois, même chez des individus bien portants, l’élimination peut être plus lente sans qu'il en résulte aucun trouble. Pour qu’il y ait insuffisance motrice, il faut que ce laps de temps soit notablement dépassé. L’insuffisance est d’autant plus grave que l’évacuation totale est plus retardée.

Stase g'astrîque. — Il faut s’attacher assidûment à rechercher la stase gastrique et, dans tous les cas où on peut la soupçonner, pratiquer le cathétérisme en suivant une méthode rigoureuse.

Voici comment nous conseillons de procéder. Tout individu qui devra subir le cathétérisme devra être examiné le matin entre huit et neuf heures. Il devra être à jeun depuis au moins douze heures, c’est-à-dire s’être abstenu d'une façon absolue d’ingérer aucun aliment, ni boisson, en si petite quantité que ce soit. Il est tout à fait inutile, et même nuisible, au point de vue du diagnostic à poser, que les malades suivent un régime spécial les quelques jours qui précèdent un examen de ce genre. Leur alimentation donc sera celle qu’ils prennent habituellement. Il est toutefois nécessaire de leur prescrire l’abstention complète pendant plusieurs jours de tous médicaments, de peur que ceux-ci ne modiflent les fonctions motrices ou sécrétoires. Enfin, à l’exemple de Strauss, de Bourget et de beaucoup de bons auteurs, nous avons l’habitude de prescrire

à nos malades de prendre dans la journée qui précède l’exploration par le cathétérisme quelques substances laissant des résidus indigérés se reconnaissant facilement et dont le passage dans l’intestin se fait plus difficilement et plus lentement que les autres substances alimentaires. On peut ainsi accuser des faits de rétention alimentaire qui, autrement, passeraient inaperçus.

11 faut autant que possible s’efforcer d’obtenir l’écoulement des liquides résiduels sans amorcer le siphon, mais si, malgré des essais répétés et les manœuvres que nous avons indiquées plus haut, on n’obtient aucun résultat, on devra pratiquer un lavage avec une quantité d’eau déterminée qui entraînera forcément tout ou partie des matières pouvant être contenues dans l’estomac.

Lorsque le cathétérisme permet d’extraire des liquides résiduels de l’estomac à jeun, ceux-ci sont d’apparence et de quantités différentes. Le volume en varie de quelques centimètres cubes à plusieurs litres. Quant à leur nature, ce peut être du mucus plus ou moins épais, de la bile neutre au tournesol, un liquide gris verdâtre acide au tournesol (gastrosuccorrhée), pur ou mélangé de quelques débris d’aliments, enfin un épais magma de débris alimentaires en putréfaction colorés par la bile ou par le sang, et agglutiné par une quantité variable de mucosités. Ce n’est pas ici le lieu d’insister sur la nature de ces liquides que nous étudierons ultérieurement.

Évacuation hâtive. — Dans ce qui précède, nous n’avons mentionné que ce qui a trait au retard de l’évacuation gastrique. Mais parfois, quoique bien plus rarement, on peut observer que l’estomac se débarrasse trop rapidement de son contenu, qu’il y a évacuation hâtive. Les faits de ce genre sont malaisés à reconnaître et encore peu connus dans leurs conséquences cliniques. Nous en dirons cependant quelques mots dans ce qui va suivre.

Quelles que soient les variations et l’intensité des troubles de la motricité, celles-ci relèvent de deux facteurs différents dont il importe de mettre en relief l’importance.

I. — La principale cause, de beaucoup la plus importante, réside dans le fonctionnement défectueux du pylore.

A. Mais dans 1 immense majorité des cas le passage pylorique est trop difficile ; les aliments rencontrent à cet orifice un obstacle s’opposant d’une façon plus ou moins efficace à leur passage dans l’intestin.

STÉNOSES DU PYLORE.

Cet obstacle est dû surtout à une lésion org-anique intra ou extrastomacale, siégeant au niveau du pylore ou dans son voisinage immédiat, antre pylorique, pylore ou duodénum. Souvent le spasme, la contracture du sphincter pylorique vient ajouter son action à celle d’une lésion organique, d’une façon assez irrég’ulière, imprimant à la maladie une allure intermittente. Parfois on peut être amené à admettre la part prépondérante ou même l’influence unique d’un spasme du pylore.

B. Parfois, mais rarement, cet orifice est incontinent, faisant office d’une porte trop facile à ouvrir. Il en résulte que les aliments passent trop rapidement, avant d’être complètement digérés, dans l’intestin. Cet état est désigné sous le nom à.' insuffisance du pylore.

IL — Dans d’autres circonstances, le pylore fonctionne d’une façon parfaitement normale. La cause de l’évacuation défectueuse de l’estomac réside dans le mauvais fonctionnement de ses parois, soit par relâchement de la tunique musculeuse dont l’élasticité et la contractilité sont affaiblies, soit, plus rarement, par suite de lésions anatomiques ayant altéré l’élément musculaire, ou encore par le fait d’adhérences étendues reliant les parois aux organes voisins.

Ces notions pathogéniques méritaient d’être mises en relief tout d’abord, car elles sont la base même d’une classification rationnelle des types morbides résultant des vices de l’évacuation gastrique.

ÉTUDE DES DIFFÉRENTS SYNDROMES DUS AUX TROUBLES DES FONCTIONS MOTRICES DE L’ESTOMAC

Nous les diviserons en deux grandes classes :

1. — Syndromes tenant à une altération des fonctions du pylore ;

IL — Syndromes relevant d’une contraction insuffisante des parois de l’estomac.

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