TROUBLES FONCTIONNELS
Beaucoup de tuberculoses pulmonaires s’annoncent par des troubles gastro-intestinaux qui peuvent prendre une grande importance alors que les phénomènes pulmonaires évoluent à bas bruit, sans être diagnostiqués. Ces faits sont bien connus et déjà Laënnec écrivait :
« J’ai connu des malades chez lesquels une dyspepsie habituelle et d’autres symptômes d’hypocondrie ont caché longtemps la phtisie pulmonaire. »
Dans sa thèse, Marfan, en 1887, a fait une bonne étude des syndromes gastriques de la tuberculose qui sont aujourd’hui bien connus.
On peut les répartir en plusieurs catégories.
Les troubles gastriques du début, désignés par Marfan sous le nom de syndrome gastrique initial de la tuberculose pulmonaire, présentent le tableau d’une dyspepsie banale et particulièrement celui de la dyspepsie asthénique avec ballonnement du ventre, pesanteurs précoces se montrant peu après les repas, lenteurs des digestions avec ou sans aigreurs ou renvois. Les vomissements sont rares.
Aux symptômes locaux se joignent des troubles généraux réflexes, dyspnée, palpitations, tendance au sommeil, fatigue générale, obnubilation intellectuelle, etc.
Un symptôme paraît devoir attirer l’attention : c’est une anorexie très marquée, rebelle à tous lès traitements. Le dégoût existe pour tous les aliments ; parfois les malades mangent volontiers des acidès, des crudités, des substances excitantes mais sans valeur alimentaire.
Au point de vue local, on note du clapotage dans un espace très étendu, indice d’atonie et de dilatation de l’estomac.
Plus rarement on note des douleurs à type tardif. Celles-ci nous ont paru consécutives à des infractions à l’hygiène alimentaire, et à la suralimentation à laquelle on soumet les malades au débutde la tuberculose.
Beaucoup d’auteurs ont recherché à la période de début l’état du chimisme gastrique. Ils l’ont trouvé très variable, tantôt normal, tantôt hyperchlorhydrique, sans qu’on puisse expliquer ni par l’état général des malades, ni par l’état local de l’estomac les différences qu’on observe. Pourtant Hildebrand a cru noter qu’en général une fièvre élevée et continue coïncidait avec un chimisme hypochlorhydrique.
Nous devons mentionner spécialement la toux émétisante des tuberculeux. Un grand nombre d’individus atteints de tuberculose pulmonaire sont pris, après leur repas, d’une toux violente, spasmodique.
TUBERCULOSE DE L’ESTOMAC
quinteuse, qui dure plus ou moins longtemps et persiste jusqu ace que l’estomac ait rejeté son contenu en tout ou en partie.
Ce symptôme se reproduit plus ou moins fréquemment, tantôt après tous les repas, tantôt après quelques-uns seulement. 11 semble que la conversation, le mouvement, les émotions, etc., des repas trop copieux ou trop excitants en favorisent la production. Quoi qu’il en soit, ce signe est tout à fait spécial aux tuberculeux.
Le syndrome dyspeptique initial de la tuberculose s’accompagne souvent de phénomènes généraux importants : le teint est pâle, la fatigue facile, l’amaigrissement rapide. Un dyspeptique, qui maigrit et pâlit beaucoup, est toujours suspect de tuberculose.