II. — GASTRITE BANALE
A une phase avancée de son évolution, la tuberculose s’accompagne de lésions stomacales. .
Les altérations de la muqueuse sont des altérations de gastrite chronique banale plus ou moins accentuée. D’ordinaire la muqueuse pâle et gTisâtre présente des replis épais, accusés par places sur une étendue plus ou moins large. On note aussi l'état aréolaire qui résulte de l’épaississement de la muqueuse, dont les saillies etles sillons normaux s’accusent plus ou moins. De plus, Marfan a noté souvent l’existence de petites saillies polypiformes et d’érosions punctiformes, celles-ci assez rares.
L’estomac est dilaté, parfois rétracté. Nous avons plusieurs fois noté l’existence d’un épaississement assez marqué des autres tuniques, indiquant un certain degré de sclérose dont il n’est pas fait mention dans les auteurs classiques.
Les lésions histologiques sont celles de- la gastrite chronique vulgaire avec prolifération marquée du tissu interstitiel : les glandes, dont l’aspect est variable, ont surtout subi des altérations régressives.
La pathogénie de ces lésions a été diversement interprétée. On a attribué d’abord la gastrite à l’irritation par des crachats déglutis. Cette action est possible, mais elle est en tout cas beaucoup moins importante que celle des toxines tuberculeuses, véhiculées par le sang-, agissant par la voie vasculaire et amenant les altérations, soit en créant des lésions vasculaires (périartérites et endartérites) assez accentuées dans la gastrite chronique des phtisiques, soit, dans les cas de lésions ulcéreuses, en amenant la nécrose toxique d une partie plus ou moins étendue des éléments delà muqueuse.
S0ÜP.4.ÜLT. — Mal. de l’estomac.
Quant à la toux émétisante, elle serait due à l’excitabilité anormale du pneumog’astrique dont les filets, irrités par les lésions tuberculeuses, seraient excités sous l’influence de l’ingestion alimentaire.
Les symptômes qu’on observe à la dernière période de la phtisie sont.plus g-raves que les troubles de la première période.
L’anorexie est absolue et invincible, la soif est vive. Les vomissements existent tantôt à jeun sous forme de vomissements pituiteux et g-laireux, soit après les repas, déterminés par les quintes de toux, soit à une heure plus tardive. Les douleurs ne sont pas très vives : elles sont souvent remplacées par des nausées.
La diarrhée est presque constamment associée aux phénomènes g-astriques.
Notons encore l’étatde la lang-ue qui est rouge vif, vernissée. Enfin les phénomènes généraux sont toujours graves, et la fièvre notamment pré sente les caractères de la fièvre hectique. On remarque même des rapports très étroits entre l’état des fonctions digestives etl’intensitédela fièvre, le premier suivant toujours les oscillations de la deuxième.