UNITE PLASTIQUE
parfois de volume normal,, mais le plus souvent il est petit et rétracté; dans beaucoup de cas il est atrophié et de dimensions tellement minimes qu’il représente à peine un segment du gros intestin (fig. 87).
A l’ouverture du ventre, on est frappé de la teinte grisâtre, de l’aspect opaque de l’estomac. La forme est ovoïde ou cylindrique, ayant l’aspect d’un segment du gros intestin ; il est dur au toucher, comme cartilagineux, et ne se laisse pas déprimer et déformer lorsqu’on l’a extrait de l’abdomen et qu’on le pose sur la table d’autopsie.
Lorsqu’on en pratique l’incision, il crie sous le couteau ; après section, on peut se rendre compte de l’épaisseur des parois qui restent rigides, laissant béante la cavité stomacale.
Cette épaisseur, variable, ~ plastique généralisée,
peut atteindre six ou huit
fois les dimensions normales et s’élever à 2 centimètres ou 2®™,5.
La capacité de l’estomac ainsi ouvert est très variable, d’ordinaire diminuée, parfois tellement réduite qu’elle peut à peine contenir 100 à 150 centimètres cubes de liquide .
Sur la surface de section, on voit que l’hypertrophie n’est jamais égale en tous points et augmente progressivement à mesure qu’on se rapproche de la région pylorique, pour laquelle la linite semble avoir une véritable prédilection.
Que la lésion soit localisée ou généralisée, sa texture est toujours la même.
On peut s’en rendre compte sur une coupe : le tissu pathologique y apparaît sous la forme d’une substance fibreuse blanc nacré ou grisâtre qui rappelle assez bien le tissu tendineux. Ce tissu est plus épais et plus dur au centre de la coupe, où la lésion paraît acquérir son maximum de développement.
Étude des différentes couches. — La muqueuse est pâle, parfois parsemée de plaques ardoisées grisâtres ou ecchymotiques. On y a noté parfois, mais rarement, des ulcérations. D’ordinaire sa surface est lisse, plus rarement rug'ueuse. Les plis persistent parfois accentués. Son épaisseur est, selon l’intensité des lésions, normale ou diminuée;
GASTRITES
sa consistance est plus ferme. Elle adhère plus ou moins intimement à la tunique sous-muqueuse, dont il est difliciie et parfois impossible de la détacher.
Celle-ci présente toujours le maximum d'hypertrophie : elle peut acquérir un volume dix ou vingt fois supérieur à son volume normal. Elle a un aspect blanc nacré. De ses limites supérieures et inférieures partent des tractus blanchâtres qui pénètrent à travers les couches voisines, ceux qui envahissent la musculeuse étant plus épais et y formant un véritable réseau enserrant les fibres musculaires (d’où le nom. de linitis, proposé par Brin ton).
La couche musculaire est hypertrophiée, moins que la précédente. Les fibres musculaires sont hyperplasiées, mais l’épaississement de cette tunique est dû à l’addition très importante de tissu conjonctif.
La couche celluleuse sous-péritonéale est aussi d’ordinaire hypertrophiée et fibroïde. Mais ses lésions sont très variables comme intensité, parfois importantes, parfois presque nulles. On peut en dire autant du péritoine, dont l’altération est absolument contingente.
Lésions microscopiques.
Le maximum des lésions étant dans la sous-muqueuse, c’est elle que nous décrirons tout d’abord. Dans cette couche, le tissu cellulaire, habituellement très lâche et permettant une grande mobilité de la muqueuse, est remplacé par des trousseaux fibreux denses et volumineux, d’aspect ondulé, en tourbillons. Au tissu fibreux adulte, s’ajoutent parfois de petites cellules arrondies, disséminées sans ordre ou groupées en amas. On y trouve un grand nombre de vaisseaux dont les parois, contrairement à ce qu’on pourrait croire, sont saines ou à peine épaissies. Dans plusieurs observations, on a noté l’existence de traînées de cellules épithélioïdes dont la signification pathologique est très discutée.
La muqueuse est constamment lésée, mais d’une façon très inégale selon l’intensité du processus. La partie profonde de la muqueuse est toujours la plus atteinte. Le tissu conjonctif y est plus abondant et plus âgé. Les amas lymphoïdes qui s’y trouvent à l’état normal y sont très multipliés et hypertrophiés.
Geslésions se continuent directement avec celles de la sous-muqueuse, et la 7nuscularis 7nucosæ, qui, à l’état normal, établit une délimitation franche entre les deux couches, est dans bien des points disparue, percée, obliquement ou perpendiculairement, par de fines travées