‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 93 sur 175 · LIMITE PLASTIQUE · texte numérisé non relu

LIMITE PLASTIQUE

valions^ Hoche déclare avoir pu toujours trouver des lésions cancéreuses, mais il prend soin d’ajouter quïl a été plusieurs fois oblig-é de recourir à des coupes histolog-iques très nombreuses. Sa conclusion est qu’il sera nécessaire dans l’avenir d’étudier la linite sur de nombreuses coupes faites en différents points de la tumeur. Enfin Danel, dans le plus récent travail sur ce sujet, a confirmé les observations de Hoche et a noté la dégénérescence cancéreuse très nette dans les ganglions périgastriques.

A notre avis, la conclusion qui ressort de la discussion des faits et des opinions relatées plus haut est que lalinite plastique est une forme de cancer à réaction fibreuse exagérée, étouffant pour ainsi dire les cellules épithéliales et ne leur permettant pas une rapide prolifération. Suivant nous, les arguments principaux qui plaident pour cette hypothèse sont d’une part l’existence d’une dégénérescence cancéreuse des ganglions, et d’autre part l’envahissement péritonéal par la lésion , la propag-ation et la généralisation aux parties voisines qui indiquent sa nature nettement infectante. C’est probablement en raison de la prédominance très marquée de l’élément fibreux, que cliniquement la maladie évolue beaucoup plus lentement que les lésions cancéreuses communes.

TRAITEMENT

On peut dire que le traitement dé la linite plastique n’existe pas, puisque cette affection ne peut être reconnue sur le vivant.

Dans un certain nombre d’observations la linite, considérée comme lésion sténosante du pylore, a donné lieu à une intervention chirurgicale qui a souvent, d’ailleurs, donné des résultats intéressants. Au cas où la linite, reconnue au cours de la laparotomie, est localisée, il vaut mieux, en raison de ses relatiousArès intimes avec le cancer, en faire l’ablation la plus large possible. Si au contraire l’infiltration des parois gastriques est étendue, on se contentera d’une gastro-entérostomie. Chez un malade que nous observons depuis plus de quatre ans. Roux (de Lausanne) a pratiqué, pour une linite plastique généralisée avec prédominance des lésions dans la région du pylore, une g'astroentérostomie qui a donné les meilleurs effets, et dont l’heureuse influence se fait encore actuellement sentir.

SouPAüLT. — Mal. de l’estomac.

DÉFINITION

Nous décrirons ici spécialement Vulcère chronique de l’estomac.

Nous avons vu précédemment qu’un grand nombre de processus et spécialement de processus toxi-infectieux pouvaient aboutir à la création de pertes de substance d’importance différente. Les unes, plus ou moins larges, restent superficielles et n’entament pas la muqueuse : ce sont de simples érosions. Les autres creusent les parois, tantôt s’arrêtant au niveau de la sous-muqueuse {exulceratio simplex de Dieulafoy), tantôt perforant les tuniques jusqu’à atteindre la séreuse.

Les symptômes par lesquels ces ulcérations aiguës de l’estomac expriment leur présence sont extrêmement restreints. Ils sont nuis si un vaisseau n’est pas ulcéré ou si la paroi gastrique n’est pas perforée . Au contraire, dans ces deux demies cas, elles s’accompagnent d’accidents graves, smon mortels : hém’orragie, perforation. Quoiqu’il en soit, ces processus morbides évoluent rapidement. On voit, par les lésions histologiques qui les caractérisent, que le processus morbide (processus de nécrose) qui leur donne naissance agit brutalement, rapidement, et que la réaction interstitielle réparatrice est toujours de peu d’intensité. D’ailleùrs, ces ulcérations de l’estomac surviennent dans des maladies graves, aiguës ou chroniques, qui entraînent rapidement la mort et qui les empêchent d’évoluer.

Il est possible qu’en cas de survivance l’ulcère aigu de l’estomac puisse être l’origine de l’ulcère chronique : le fait n’a pu encore être prouvé d’une façon certaine et absolument démonstrative. Mais en face de notre ignorance absolue des origines de F ulcère rond, cette hypothèse est très séduisante et d’ailleurs parfaitement admissible.

Quoiqu’il en soit, ce qui caractérise la maladie de Cruveilhier, que nous allons décrire, c’est son évolution lente, chronique, qui permet au processus de défense de mettre obstacle à la marche envahissante de l’ulcération. En effet, ce qui distingue très , nettement l’ulcère rond même récent des autres ulcérations stomacales, c’est laf réaction interstitielle très prononcée qu’on constate autour de lui, alors qu’elle est à peine inarquée dans l’ulcère aigu. Cette réaction interstitielle, discrète dans les cas récents, devient de plus en plus prononcée et abou-

tit à la production de masses fibreuses considérabj^es, comme dans l’ulcère calleux par exemple.

C’est cet ulcère chronique seul que nous décrirons dans ce chapitre.

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