‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 108 sur 115 · DU CLAPOTAGE · texte numérisé non relu

DU CLAPOTAGE

Ce bruit a été bien étudié par Chomel qui le considérait comme caractéristique de l’état qu’il a décrit sous le nom de dyspepsie des liquides.

La dyspepsie des liquides de Chomel, dans la variété gastrique, représente notre dilatation d’estomac. Voyons donc ce qu’il a dit du signe ou symptôme qui lui serait particulier.

« Le symptôme particulier à cet état, dit Chomel, est la production, dans la région stomacale, d’un bruit de clapotage dû évidemment à la présence simultanée d’une quantité plus considérable sans doute que dans l’état sain de liquide et de gaz dans la cavité de l’estomac. Ce bruit se fait entendre dans les grands mouvements auxquels le malade se livre, qu’il se lève ou se couche, qu’il s’incline rapidement sur un côté ou sur l’autre. Il s’en aperçoit souvent lui-même; mais sans y attacher d’importance et sans juger nécessaire d’en informer le médecin, qui le constate facilement et à peu près constamment, à quelque distance des .repas qu’il examine les sujets, en exerçant avec la main une pression rapide sur la partie gauche de l’épigastre, dans le point correspon-

dont au grand cul-de-sac de l’estomac. Il le produit également et mieux encore en plaçant scs deux mains sur les flancs du malade et en imprimant au torse, légèrement soulevé, deux ou trois secousses latérales : c’est un examen qu’il faut ne jamais omettre chez les sujets atteints de dyspepsie. Pour ce mode d’exploration, le malade doit être couché à plat sur son lit ou sur un canapé, et il est indispensable, ou du moins préférable, que le ventre soit à nu, ou recouvert d’un seul vêtement, comme la chemise ou le gilet de flanelle.

» La présence d’un liquide dans l’estomac, chez un sujet qui vient de manger et de boire, est chose qui paraît toute naturelle, et le clapotage perçu dans ces conditions semblerait devoir être normal et même constant ; cependant, il n’en est rien.

» En effet, ni les mouvements imprimés au torse, ni la pression rapide de la main sur le flanc gauche, ne déterminent ce phénomène chez l’homme en santé, même après le repas, tandis que, dans certaines conditions morbides, il est reproduit constamment lorsqu’on le recherche et qu’on provoque plusieurs heures après le dernier repas, et même quand l’heure du repas suivant est arrivée. D’où il est naturel de conclure que les liquides ingérés n’ont été ni absorbés, ni poussés en totalité dans les intestins, qu’une quantité notable reste constamment dans l’estomac qui semble être devenu inhabile à les digérer convenablement.

® La percussion permet de constater, comme la succussion, la présence simultanée de gaz et de liquides dans la cavité gastrique. Ce viscère présente, dans quelques points de la région qu’il occupe, un son plus

mat, dans d’autres, un son plus clair qu’à l’état normal, et si l’on fait incliner le malade tantôt vers un côté, tantôt vers l’autre, on reconnaît que le même point présente alternativement une sonorité très différente ou même tout opposée i *. »

Ce que dit Chomel des bruits du gros intestin mérite également d’être reproduit :

« Le clapotage stomacal pourrait se confondre, dil-il, avec un bruit analogue, dont les gros intestins sonL quelquefois le siège, qu’on provoque aussi par le mouvement de totalité du tronc, mais mieux encore par la pression rapide de la main sur les régions occupées par les colons. On le rencontre particulièrement chez les sujets qui ont pris récemment un lavement, et chez ceux qui sont atteints de diarrhée séreuse. La connaissance de ces conditions et le siège spécial de ce clapotage suffisent pour le distinguer du clapotage stomacal, qui, produit dans une cavité plus grande, donne un bruit différent qui se distingue du clapotage intestinal, comme le gargouillement produit dans une vaste caverne tuberculeuse se distingue des craquements humides moins volumineux qui ont lieu dans les petites cavités 3. »

Ces observations de Chomel sont assez exactes ; et souvent je les ai prises pour texte de mon enseignement clinique.

Toutefois, j’observe que pour laisser au clapotage la significaiion précise qu’on lui attribue généralement, il faut se placer dans les conditions suivantes :

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