I. — Le degré d’énergie doit être déterminé par rap
porta la durée probable et à l’intensité de l’état fébrile. Les forces du malade sont-elles suffisantes, lui permettront-elles, quoique affaiblies, de parvenir à la crise sans trop fléchir? — que l’alimentation soit restreinte. Sont-elles décidément insuffisantes? — usez plus libéralement de la nourriture. Quelles que soient, d’ailleurs, les circonstances tirées de la nature du mal, de l’âge, du sexe, des habitudes, etc., alimentez quand même le malade dont l’énergie s’épuise trop rapidement ou dont les forces sont anéanties.
II. — Les maladies aiguës sont essentiellement résolubles: l’évolution morbide accomplie, l'affection n’existe plus; et l’organisme se trouve définitivement rétabli dans son état naturel.
Puisque les maladies aiguës sont essentiellement résolubles, le médecin n’a qu’à favoriser leur évolution : 1° en éloignant ou réprimant tout ce quipeuttroublerla régularité de cette évolution ; 2° en soutenant l’énergie.
Vous remplirez la première indication en écartant les causes occasionnelles, en réprimant les symptômes qui mal à propos deviennent prédominants, en remédiant aux complications. Vous remplirez la seconde par l’emploi d’une alimentation appropriée.
La fièvre ne forme point, dans toutes les maladies aiguës, un fait essentiel. La fièvre manque souvent, en effet, dans certaines phlegmasies aiguës, ou bien n’y est qu’accessoire, très légère d’ailleurs et prompte à s’évanouir. Je donnerai, comme exemple de ces phlegmasies, les I luxions catarrhales bénignes de la conjonctive, des fosses nasales, de la gorge, etc. Dans ces maladies aiguës, il est à peine besoin de s’écarter du régime de vie ordi-
naire, à moins que la fluxion catarrhale n’affecte simultanément la muqueuse des organes digestifs.
Dans les maladies aiguës fébriles, qu’elles soient ou ne soient pas phlegmasiques, la fièvre forme toujours un fait essentiel. Dans les maladies aiguës fébriles non phlegmasiques, la fièvre même représente souvent seule l’état morbide.
Les maladies aiguës où la fièvre forme un fait essentiel nous livrent une indication commune. Dans ces sortes de maladies, il faut entretenir l’énergie tout en maintenant la chaleur fébrile dans un degré modéré. Vous remplirez cette indication au moyen de la diète et des tempérants émollients. La diète entretient l’énergie tout en modérant la chaleur contre nature; les tempérants émollients agissent simplement sur la chaleur fébrile : ils la modèrent et même la répriment lorsqu’elle devient ardente.
L’emploi réglé de la diète et des tempérants émollients est la seule méthode de traitement qui convienne aux maladies aiguës fébriles qui sont simples , régulières et bénignes. Dans son application à ces maladies, elle prend les noms de méthode expectante , médecine expectante et d’ expectation , parce que le médecin, agissant comme spectateur, laisse aller la nature médicatrice dégagée de toute entrave et se borne à soutenir l’énergie de l’organisme.
La diète et les tempérants émollients conviennent encore aux maladies aiguës fébriles qui sont irrégulières, graves et malignes ou compliquées ; mais dans la curation de ces maladies, leur application ne forme plus, en général, qu’une partie de la méthode de traitement. On
les combine, en effet, dans une médication plus ou moins complexe avec les divers moyens curatifs indiqués par la nature variée de la maladie. Ici, le médecin ne se borne plus à contempler les efforts de la nature médicatrice ; il intervient, non pas seulement pour soutenir l’énergie, mais pour dégager et diriger la réaction, pour la susciter au besoin : voiLà pourquoi cette méthode a reçu le nom de médecine agissante.