DU NETTOIEMENT DES VOIES DIGESTIVES
La suppression des causes qui embarrassent le j-eu des organes est une indication générale des plus importantes et qui demande une attention principale lorsque les agents qui représentent ces causes adhèrent aux parties organiques mêmes. Extraire les corps vulnérants, neutraliser les substances toxiques lorsque l’affinité chimique a encore prise sur elles, détruire les virus au point d’inoculation, nettoyer enfin, sont des opérations qui dérivent de l’utilité qu’il y a pour l’organisme à être débarrassé de tous les principes étrangers, indifférents ou nuisibles.
Les organes dans leur état naturel, ont la faculté de se débarrasser de toutes les choses, venues du dehors ou formées au dedans, qui les souillent ou les encombrent : toutes les parties du corps ont leurs excréments et toutes leur déjection.
Cette faculté u niverselle, primordiale, innée, dérive de la constitution même des êtres vivants. Appliquée aux parties extérieures, nous l’appelons propreté.
La propreté est un besoin commun à tous les animaux, même aux plantes. Ce besoin, d’abord instinctif, se ré-
fléchil dans le sens moral des animaux et de l’homme; constituant alors une qualité qui, excitée par le désir de paraître et de briller, devient, chez l’homme civilisé, délicatesse et coquetterie.
Ainsi, toutes les parties organiques, les intérieures comme les extérieures, se nettoient spontanément; et j’observe que nous pouvons assister efficacement l’organisme occupé à cette espèce de fonction.
L’eau est le premier et le principal agent de nettoyage : nous nous lavons avec de l’eau; et, lorsque nous voulons nettoyer les parties intérieures, lorsque nous voulons opérer une dépuration, comme disaient les médecins d’autrefois, nous buvons en abondance de l’eau commune, des sucs d’herbes ou quelque eau minérale naturelle.
L’eau pénètre tous les éléments organiques ; et les matières étrangères ou excrémentitielles solubles dans ce menstrue sont entraînées et rejetées.
Ce lavage forme, sans doute, une action médicinale bien puissante! d’autant qu’une hydratation forte paraît multiplier en quelque sorte l’activité altérante.
Mais je dois signaler, surtout au point de vue du nettoiement des organes digestifs, l’action des eaux chargées de principes alcalins. L’emploi des eaux minérales alcalines naturelles, Y hydro-alcalisation enfin, a passé longtemps pour un simple lessivage : idée rétrécie ! mais qui, mise en la place qui lui convient, est juste et ne doit pas être dédaignée.
Les divers moyens de nettoyer les parties extérieures superficielles ou profondes se rapportent aux deux modes suivants : nous lavons les parties ou nous excitons des mouvements d’expulsion.
MALADIES I)E L’ESTOMAC
Nous lavons la peau, les muqueuses oculaire, auriculaire et nasale, la muqueuse de la bouche et du pharynx, du vagin et de la vessie ; nous lavons encore la muqueuse de l’estomac et des parties rectales de l’intestin; nous excitons des mouvements d’expulsion dans toutes les parties des organes digestifs, des voies urinaires et aériennes.
Le nettoiement des voies urinaires est direct lorsqu’on lave la muqueuse vésicale au moyen de la sonde; il est indirect lorsqu’on fait boire des masses d’eau. Dans ce dernier cas, l’action est complexe : l’eau, en effet, affluant parles reins, non seulement lave et dégorge les canaux, mais, de plus, elle provoque ce mouvement expulsif qui constitue la miction.
Les organes digestifs rejettent spontanément les matières qui les souillent ou les encombrent, soit par la défécation ou déjection qui comprend l’émission des gaz par l’anus, soit par le vomissement, auquel il faut joindre Y éructation. Ils les font disparaître aussi par absorption.
Nous provoquons artificiellement ces sortes d’actions organiques, lorsque les voies digestives sont décidément incapables de se nettoyer.
Le nettoiement de ces voies comprend enfin ces soins de la bouche qui font partie de la toilette journalière de toute personne bien élevée.
La muqueuse des voies digestives bien nettoyée est prête pour l’absorption.