DE LA C0PR0HÉM1E
Le nettoyage exact des voies digestives, spontané ou provoqué, était une affaire capitale chez nos ancêtres; ils donnaient le nom d'angéliques aux compositions qui servaient à ce nettoiement.
L’écho de la matière peccante, pituiteuse, bilieuse, mélancolique, atrabilaire, vermineuse, adhérente aux parois de l’estomac et de l’intestin résonne encore ! Cette matière puante et nauséeuse, que rejettait avec dégoût l’esprit rassasié de Th. Pinel (voyez sa Nosographie philosophique) absorbée et mêlée au sang, disait-on, inondait, comme un torrent dévasteur, l’organisme jusque dans ses parties les plus reculées. Il fallait donc inciser, délayer, arracher, dériver, expulser le contenu des voies digestives ; et c’était toute la thérapeutique !
Voltaire a écrit des pages charmantes sur la septicémie stercorale : il n’allait pas aisément à la garde-robe!
Évidemment, l’honnête homme qui veut réfléchir profondément, qui veut raisonner avec justesse, et conserver cette gaieté douce et communicative qui exprime la paix de l’âme et le contentement de vivre, doit tenir ses voies digestives libres et propres de l’orifice buccal à l’anus.