DE LA DIÈTE LACTÉE
L’examen de quelques applications médicinales du lait vame fournir un exemple du troisième moyen de faciliter et d’accroître l’absorption gastro-intestinale.
Ce troisième moyen, je l’ai dit, a pour objet de soumettre à l’action des organes digestifs des aliments qu’ils soient en état de supporter et de digérer. Arrêtons-nous donc à la diète lactée.
On donne ce nom à l’usage exclusif du lait : C’est la diète lactée absolue ; et au régime dans lequel le lait forme l’aliment prédominant : C’est la diète lactée proprement dite.
Hippocrate et les médecins de Cos et de Cnide ont beaucoup employé le lait. Ils l’ont prescrit même contre des états morbides déterminés. Sans doute, ils faisaient usage de l’une et de l’autre forme de la diète lactée : cependant, la diète lactée absolue ne se trouve mentionnée, d’une façon certaine, que dans les écrits d’Arétée ; ce qui ne veut pas dire que ce médecin en ait été l’inventeur.
La diète lactée absolue ne comporte point de degrés : pour toute nourriture le malade prend du lait. Il y a, au
contraire, des degrés dans la diète lactée proprement dite. Voici deux de ces degrés :
1° Lait, féculents, pain et pâtes alimentaires, le pain surtout;
2° Lait associé avec quelques légers aliments tirés des végétaux et des animaux, mais le lait dominant toujours.
Alexandre, de Tralles, fait entrer dans la diète lactée proprement dite l’usage du fromage mou. Il faut bien reconnaître que la crème, les fromages dits à la crème et même le lait de beurre y sont souvent fort utiles pour prévenir le dégoût.
Les liqueurs spiritueuses ne doivent pas être toujours bannies de la diète lactée absolue. La diète lactée proprement dite comporte généralement l’usage d’une petite quantité de vin.
Il ne faut pas confondre la diète lactée avec l'alimentation lactée. Dans cette dernière alimentation, le lait ne forme plus un aliment prédominant : il entre simplement pour une forte part dans le régime.
L’alimentation lactée qui constitue le régime alimentaire habituel de l’homme dans certaines contrées, en particulier dans les montagnes bien arrosées et dans les pays à pâturages, se confond avec la diète végétale.
Les formes suivantes de l’alimentation lactée, dont les degrés varient à l’infini, peuvent trouver leur application dans la cure des maladies. Ces formes sont :
1° Une dose forte de lait associée qvec V alimentation ordinaire ;
2° Une dose forte de lait associée avec la diète animale.
On peut faire usage de ces formes de l’alimentation lactée, soit pour passer de l’alimentation ordinaire ou de
la diète animale à la diète lactée, soit pour passer de cette dernière à l’alimentation habituelle et à l’usage prédominant de la chair des animaux. En dehors de ces cas, et de l’emploi de l’alimentation lactée comme forme delà diète végétale, l’alimentation plus ou moins chargée de lait ne répond cà aucune indication particulière : c’est simplement une manière d’alimenter les malades auquel le lait est agréable ou ne déplaît pas.