‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 22 sur 115 · Guill. Buchan, Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Guill. Buchan, Loc. cit., p

2. Fréd. Hoffmann. De mirabili lactis asinini in medendo usu. Opéra omnia physico-medica, Genève, 1748, in-folio, t. VII, p. 4, col. 2, n° 18.

vache est le plus communément employé : c’est le lait officinal.

YI. — Vous ordonnerez aux phthisiques, suivant le deeré de l’intolérance stomacale, soit la diète lactée proprement dite, soit la diète lactée absolue.

Vous maintiendrez Pusage exclusif du lait jusqu a ce que les phénomènes d’inanition aient cessé entièrement. Alors, vous tenterez le retour aux aliments habituels, en passant de la diète lactée absolue à la diète lactée proprement dite et successivement de celle-ci à l’alimentation lactée et à l’usage de la nourriture ordinaire. Le malade, tant qu’il sera soumis à l’usage exclusif du lait, délaissera les autres remèdes. Cependant, cette interdiction n’est pas absolue, et ne doiL jamais empêcher de satisfaire à des indications urgentes.

Vous veillerez surtout aux fonctions de l’intestin et vous remédierez sans tarder, soit à la constipation, soit à la diarrhée.

La diarrhée persistante, simple ou liée à des ulcérations intestinales tuberculeuses, qui survient presque inévitablement à la phthisie pulmonaire avancée, ne doit pas faire rejeter l’usage exclusif du lait si l’affection de l’estomac indique d’ailleurs ce remède. Sous l’influence de la diète lactée on voit fréquemment la diarrhée disparaître. Pourtant, si le flux intestinal ne cessait pas, s’il augmentait encore, il serait bon, peut-être, de couper le lait avec le quart de son poids d’eau de chaux.

Le phthisique prendra le lait par tasses, à des temps de la journée fixes et séparés par des intervalles égaux : toutes les deux heures, toutes les heures, toutes les demiheures, par exemple.

Il boira chaque jour d’abord un litre de lait; puis il augmentera cette dose progressivement et l’élèvera jusqu’à deux, trois, quatre litres par jour et même davantage.

Si la saveur du lait ne lui est pas agréable, il la masquera au moyen de sucre, de sel, d’anisette, d’eau distillée de roses, de fleurs d’oranger, de laurier-cerise, etc.

Si le lait naturel ne passe pas aisément, il pourra le couper avec la tisane d’orge et de riz, la limonade à l’orange ou quelque eau minérale gazeuse. Enfin il le prendra écrémé ou non écrémé, cru ou bouilli, froid ou chaud à sa fantaisie et suivant qu’il le digérera mieux sous une forme ou sous une autre.

Au bes oin vous conseillerez le lait de beurre et la crème à la glace que Thomas Reid recommande en ces termes :

« Le lait de beurre, en raison de ses qualités acescentes et des principes alimentaires abondants qu’il renferme, calme, rafraîchit et nourrit en même temps.

» La crème à la glace est une composition très gracieuse au goût et qui n’est pas à dédaigner lorsqu’il y a une disposition à Y hémoptysie. J»

1. Th. Reid, Essai sur la nature et le traitement de la phthisie pulmonaire. Traduit de l’anglais par Dumas et Petit-Darsson, Lyon, 1792, in-8°, p. 277.

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