‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 5 sur 115 · DE L’ASSIMILATION · texte numérisé non relu

DE L’ASSIMILATION

L’organisme, en travaillant la matière, l’assimile en partie et l’accumule. Voyons d’abord ce que c’est qu’assimilation.

L’a imilation constitue la matière à l’état de vie, en la rendant participante de V individualité. Elle lui communique la sensibilité, le mouvement spontané, la pensée; elle lui donne le pouvoir d’engendrer, c’est-à-dire de perpétuer la forme vivante, la matière vivante et par conséquent la vie.

Je découvre deux propriétés dans la faculté d’assimiler; et d’abord son étendue, ensuite sa ténacité .

L’assimilation fixe une certaine quantité de matière pour un temps plus ou moins long. L’étendue de l’assimilation sera donc cette quantité de matière que l’organisme est capable de fixer dans un temps donné; et sa ténacité sera représentée et mesurée parla durée même et la persistance de la fixation de cette matièr assimilée .

L’étendue de l’assimilation est portée au plus haut degré, en quelque sorte tout à coup, à ce moment où l’ovule assimile la matière du spermatozoïde qui l’a pénétré : elle décroît ensuite, sans cesse, jusqu’à la décrépitude et la mort.

La ténacité de l’assimilation ne suit pas la même loi. S’établissant peu à peu, elle arrive au plus haut degré et s’y maintient pendant toute la période qui constitue l’âge adulte. Elle décroît ensuite avec l’étendue même de la faculté d’assimiler.

Ce que je dis de l’organisme, s’entend nécessairement de chacune de ses parties. On peut suivre, en effet, dans chaque système organique, dans chaque organe, dans chaque tissu, l’étendue et la ténacité d’assimilation; et j’observe que chaque partie organique possède, dans sa faculté d’assimiler, une étendue et une ténacité comme spécifiques.

Ainsi, dans le système nerveux, l’assimilation est plus tenace qu’étendue; dans le système musculaire elle a moins de ténacité et plus d’étendue.

On peut aisément se convaincre de la réalité de ces rapports, en examinant les effets des modifications de la force assimilatrice dans les muscles et les nerfs sous l’inlluence de l’inanition, delà vieillesse et des maladies qui troublent directement ou indirectement la nutrition. Sous ces diverses influences, les masses musculaires diminuent beaucoup, tandis que lésinasses nerveuses diminuentpeu; et, rien n’égale la rapidité avec laquelle se reconstituent les muscles, lorsque l’affection nutritive vient à cesser.

Et, si nous considérons les faits d’assimilation par rapport aux relations qui joignent leur étendue à leur ténacité, nous constaterons que la ténacité de l’assimilation sera d’autant moindre que l’étendue en sera plus grande. J’excepte cet âge avancé, qui forme la période caduque de l’existence, où la faculté d’assimiler décroît nécessairement et à la fois, en ténacité et en étendue.

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