G. Barbier, Loc. cit., p
tion complexe, qui paraît contradictoire et qui n’est qu’équivoque, est assez facile à donner.
L’aloès est laxatif : or, si la muqueuse du rectum est irritée, si les hémorrhoïdes coulent et que ces désordres soient provoqués par la constipation et la rétention des matières fécales, l’aloès du Cap, en dissipant la constipation, fera cesser ses effets, c’est-à-dire l’irritation du rectum et le flux hémorrhoïdal.
J’observe que tout autre laxatif, un emploi régulier, par exemple, des eaux minérales purgatives produirait le même résultat.
« On peut donner l’aloès aux hémorrhoïdaires, dit G. Cullen, car les hémorrhoïdes sont le plus souvent causées par la constipation *. »
Prenez maintenant un homme non constipé, sujet au flux hémorrhoïdal, chez lequel les vaisseaux du rectum actuellement congestionnés ne laissent pas partir le sang, et donnez des doses médiocres d’aloès, assidûment renouvelées : il y a tout lieu de croire que les phénonomènes observés par G. Fallopia se reproduiront et que dans ces circonstances, l’hémorrhagie apparaîtra.
Nous avons vu G. Fallopia transformer en action médicinale cette espèce d’hémorrhagie que J. Mésué considère comme préjudiciable. J’ignore s’il est l’auteur de cette transformation. Le fait est qu’après lui, et sur ses affirmations, les médecins ont usé et, disons-le franchement, ont usé sans raison de cette action de l’aloès, surtout en Allemagne, dans l’école deStahl, où cet abus s’éleva au plus haut degré.
t. G. Cullen, Traité cle matière medicale, traduit de l’anglais par Bosquillon. Paris, 1790; in-8°, t. II, p. 519.
De quelques observations, d’ailleurs fort intéressantes et vraies, sur l’utilité de l’hémorrhagie rectale pour résoudre certains états fluxionnaires, on déduisit que cette perte sanguine était absolument indispensable à l’état de santé dans l’âge mûr et dans la vieillesse, qu’elle prévenait les attaques d’apoplexie; et pendant un temps, chacun voulut avoir des hémorrhoïdes : ce fut comme un préservatif universel.
En donnant de l’aloès aux apoplectiques, les médecins se proposaient d’entretenir l’énergie des fonctions digestives , de parer à la rétention des matières fécales et de créer enfin un centre d’irritation fluxionnaire sur le rectum.
Le ventre libre et la digestion prompte et parfaite sont, en effet, des conditions nécessaires à la santé des apoplectiques. La constipation leur est funeste.
La constipation provoque par elle-même des mouvements de fluxion vers la tête, soit par sympathie, soit par l’intermédiaire d’efforts exagérés de déjection. Or, ces troubles vasculaires, qui peuvent survenir à des sujets dont l’encéphale ne présente aucune lésion manifeste, surviendront bien plus aisément à ceux dans le cerveau desquels une lésion existante servira de point d’appel à la fluxion.
En cherchant à créer un centre fïuxionnaire sur le rectum, nettoyé assidûment chaque jour, les médecins ont pour but de détourner le mouvement congestif des parties encéphaliques. Mais ce but est trop souvent chimérique, bien qu’on se fonde, pour y tendre, sur ce fait que, dans certains cas, l’attaque d’apoplexie a été consécutive de la suppression inopinée d’hémorrhoïdes
fluentes, et sur cet autre fait que, parfois, on a vu disparaître des symptômes d’apoplexie lorsque des hémorrhoïdes sèches sont venues à fluer.
Aujourd’hui, nous attachons peu d’importance à cet effet de l’aloès. Comme G. Cullen, nous ne tenons pas à le produire ; et, quand nous cherchons à l’obtenir, ce n’est qu’à titre complémentaire, car, en même temps que nous voulons fluxionner le rectum et faire couler les hémorrhoïdes, nous tenons à exciter des déjections.
Les hémorrhoïdaires étant généralement constipés sont souvent affectés de dyspepsie, pour ne pas dire toujours; et c’est sans doute à de pareils individus qu’il faut rapporter les succès de G. Faloppia.
Au point de vue de la pratique, nous pouvons conclure que, pour guérir les hémorrhoïdes, il faut combattre la constipation; et que pour en prévenir le retour, il faut relâcher assidûment l’intestin.
Mais lorsque les hémorrhoïdes sont instantes, ou à leur période d’état, il importe de favoriser, par le régime, les effets des laxatifs et des stomachiques laxatifs; or, je ne connais rien de supérieur, après l’emploi du régime alimentaire ci-dessus indiqué à propos de la constipation, que l’usage quotidien, pendant la saison, du melon mûr à point et d’un verre d’eau fraîche simple ou légèrement édulcoré et aromatisé pris le soir au coucher. Ce même traitement vous donnera d’excellents résultats chez les graveleux, qu’ils soient ou ne soient pas hémorrhoïdaires.