LE YIN DE BATAVIA
Parmi les sthénopepsiques de la seconde classe, je distingue un vin médicinal que j’ai composé pour le milieu du repas. On en prend plus ou moins, depuis le verre à vin de Madère jusqu’à celui de Bordeaux; la quantité peut même en être réduite au verre à liqueur. C’est une composition éminemment digestive que je désigne par un nom qui rappelle la provenance du principal ingrédient.
Écorce du cincliona calisaya cultivé.
des possessions hollandaises 24 parties.
Écorce d’oranges amères vertes • ^
Écorced’oranges amères jaunes f aa"
Vanille fine 4 —
Cannelle de Ceylan ) an ^
Feuilles d’Aluyne j
Sucre blanc 100 —
Alcool à 60° 60 —
Vin blanc 1,000 —
Mettez le quinquina réduit en poudre grossière, la vanille pilée avec un fragment du sucre, la cannelle concassée, et l’alcool dans un pot. Laissez en contact pendant vingt-quatre heures. Ajoutez le vin blanc et faites macérer pendant huit jours, en agitant de temps à autre.
Le septième jour de la macération, introduisez dans
le pot les écorces d’oranges, les feuilles d’aluyne et le restant du sucre.
La macération terminée, filtrez au papier.
Lorsque vous voudrez tirer de ce vin de Batavia toute la satisfaction désirable, vous le prendrez froid, glacé même dans les grands repas.
Emplissez-en votre verre , dégustez et buvez d’un trait.
Aux gens discrets, un seul coup suffit. 11 est d’ailleurs assez inutile de le renouveler, si l’on veut s’en tenir simplement aux effets sthénopepsiques.
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