CHAPITRE VII
COMMENT LES ORGANES DIGESTIFS ACHÈVENT DE SE REMETTRE APRÈS L’ADMINISTRATION DU VOMITIF
L’anorexie consécutive de la fièvre gastrique catarrhale est toujours liée à une certaine lésion de la muqueuse.
Pendant le cours de la maladie, l’inappétence est l’effet de cette lésion ; mais, après la crise, les rapports changent : c’est l’anorexie qui entretient la lésion et l’aggrave, en perpétuant l’inaction des organes digestifs.
Pour bien saisir les conditions de ce nouveau rapport, observez ce qui se passe à la langue, après que la fièvre gastrique catarrhale s’est jugée par le vomissement.
Habituellement, les effets du vomitif ayant cessé, l’appétit se réveille, le malade mange et digère bien.
Si vous examinez la muqueuse linguale, par exemple, vingt-quatre heures après le vomissement provoqué, vous la trouverez encore épaisse, imbibée, couverte d’une desquamation épithéliale abondante, etc. Il faut donc un certain temps pour faire disparaître la lésion que la phlegmasie catarrhale y a développée. Et j’observe que cette lésion disparaît avec d’autant plus de promptitude que l’appétit renaît plus vif et que l’alimentation est plus précoce.
Sous l’influence de la mastication, les muscles de la langue se contractent, la circulation capillaire cesse d’être languissante, les exsudats interstitiels qui imbibent la muqueuse se résorbent, les sécrétions, les formations épithéliques reprennent leurs qualités normales; et, après deux, trois ou plusieurs repas, la muqueuse présente l’aspect naturel.
Au contraire, si le défaut d’appétit persiste, ainsi qu’il arrive parfois, la langue ne se nettoie pas, la muqueuse demeure engorgée, et cela jusqu’à ce que l’appétit se réveille et que le malade prenne des aliments.
Ainsi, la lésion de la muqueuse linguale ne disparaît que progressivement, et sous l’influence de la reprise du jeu normal de l’organe. On peut admettre par analogie que les mêmes phénomènes se passent dans la muqueuse de l’estomac et du duodénum.
Si l’appétit ne se rétablit pas spontanément, s’il ne se réveille pas promptement et avec énergie après l’administration du vomitif, donnez donc quelque tonique sthénopepsique. La muqueuse de la langue, de l’estomac et du duodénum reprendra ses caractères normaux à mesure que se rétablira par le fonctionnement des organes, l’énergie première de la digestion.