CHAPITRE IL
De l’Otorrhêe.
L’otorrhée (1), ou l’écoulement chronique du conduit auditif, est une maladie des plus fréquentes, des plus graves et des plus connues de l’organe auditif. Il n’est pas de praticien un peu versé dans la connaissance des maladies de cet appareil, qui n’ait été frappé de la durée interminable de celle-ci, de la difficulté autant que du danger qu’offre sa guérison, et des fatales catastrophes qui viennent quelquefois la terminer. C’est pour ces raisons que j’ai cru devoir rassembler dans cet article tout ce que j’ai pu recueillir d’observations un peu détaillées sur cette intéressante maladie.
On pourrait distinguer l’otorrhée, comme l’otite, en externe et en interne, selon qu’elle affecterait l’oreille externe ou l’oreille interne. Mais cette division est moins admissible dans l’otorrhée, par la raison que le plus ordinairement la maladie occupe en même temps la caisse et le conduit auditif. En effet, tout écoulement prolongé de ce conduit finit par entraîner la perforation de la membrane du tympan et l’inflammation de la caisse. D’un autre côté, quand la maladie commence par affecter cette seconde cavité, la matière excrétée qui en est le résultat se faisant jour à travers la.membrane
(1) (Ladistinction entre l’otite aiguë, ou otite proprement dite, et l’otite chronique, ou otorrhée, ne reposaut que sur des nuances difficiles à saisir, et n’ayant d’ailleurs pas un grand intérêt pratique, les réflexions qu’il a paru utile de joindre au texte primitif ont toutes été réunies dans le paragraphe précédent.)
DE Ii’OTORRHÉE.
du tambour, enflamme bientôt l’oreille externe, et dès lors les deux cavités n’en font plus qu’une seule, livrée à la même affection.