CHAPITRE XIII
Du relâchement et de la tension de la membrane du tympan.
On peut regarder comme une maladie propre à cette cloison, membraneuse un état de tension ou de relâchement. Mais on a fait jouer à ces deux espèces d’affections morbides, et surtout à la dernière, un rôle beaucoup plus étendu qu’elles ne le méritent. Le nom que porte cette membrane, et sa situation par rapport à la caisse, présentant à l’esprit l’idée d’un tambour, ont fait porter trop loin son analogie avec la peau de cet instrument, dont la tension est plus ou moins grande, selon l’état de sécheresse ou d’humidité de l’air. En traitant de la surdité, je ferai voir que celle qui varie suivant ces deux états de l’atmosphère est presque toujours indépendante de l’action de l’air sur la membrane.
Je pense que la sécrétion onctueuse qui se fait dans l’intérieur du conduit auditif doit mettre la membrane du tympan hors de l’influence de l’humidité ou de la sécheresse. Je ne connais, je n’ai encore observé aucune lésion de l’audition qui puisse être exclusivement attri-
ItELACH. ET TEFJS. DE EA MEMBR. DD TYMPAN. 341 buée au relâchement de cette membrane. Je n’en dirai pas autant de sa tension morbifique.
[La membrane du tympan est susceptible d’éprouver une tension tantôt plus et tantôt moins considérable que celle qui lui appartient dans l’état normal. Ce phénomène dépend même de la volonté, puisqu’il peut résulter ou de l’introduction d’une plus grande quantité d’air dans la caisse, par une expiration exécutée la bouche et le nez fermés , ou d’une soustraction de ce même air par une inspiration faite dans les mêmes circonstances. Par ces procédés, on condense ou on raréfie l’air de la caisse, et on repousse la membrane soit de dedans en dehors, soit de dehors en dedans. Le résultat est toujours une dureté d’ouïe bien prononcée. Nous devons renvoyer, pour les particularités et les causes de ce phénomène, à l’excellent article Audition du Traité de physiologie du système nerveux, par M. Muller, t. II, pag. 513.]
La sécheresse dont le conduit auditif est quelquefois frappé, ou quelque autre cause encore indéterminée , peut faire tendre outre mesure la membrane du tympan, et diminuer sa concavité. Cette tension n’a point lieu sans changer la disposition naturelle des osselets ; la surdité qui en résulte formant le seul symptôme de cette affection, je renvoie au chapitre relatif à cette espèce de cophose, qui, pour le dire en passant, est plutôt présumée que prouvée, tout ce qui concerne les effets et le traitement'de cet état morbide du tympan.
Les maladies de la membrane tympanique nous amènent naturellement à parler de celles qui peuvent affecter les membranes des fenêtres de la caisse et les osselets.
Ces membranes peuvent devenir pins épaisses, s’ossifier même, comme Valsalva l’a observé en disséquant l’oreille d’une vieille femme. La suppuration peut les détruire, ainsi qu’on le remarque à la suite de longues otorrhées, et que l’a vu Leschevin dans un écoulement vénérien par l’oreille. Si l’on en croit cet auteur , ces membranes peuvent aussi être affectées de relâchement : idée purement théorique, qui, lors même qu’elle serait fondée, n’entrerait pour rien dans le diagnostic des maladies de l’oreille, ni dans leur traitement.
En parlant de l’otorrhée, j’ai dit que les osselets disjoints sont ordinairement expulsés avec le pus hors de la caisse, lorsque les parois osseuses de cette cavité sont affectées de carie. Sans doute les osselets euxmêmes en sont atteints ; mais cette circonstance ne fournit aucune indication spéciale.
lïankylosé des osselets av. été trouvée après la mort par Buyseh et J.-L. Petit, sans qu’on soit parvenu à déterminer le résultat de cette,lésion, que rien n’indique pendant la vie, sur la fonction de l’organe. L’ignorance dans laquelle lé praticien reste à cet égard n’exerce heureusement aucune influence fâcheuse sur le traitement. Il se console par le même motif de ne rien savoir sur la paralysie et les convulsions des muscles des osselets , admises par quelques-uns de ces médecins spéculatifs qui croient voir l’évidence où est à peine la probabilité.