‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 2)Chapitre 60 sur 67 · DES ANOMALIES ACOUSTIQUES · texte numérisé non relu

DES ANOMALIES ACOUSTIQUES

néanmoins que la sensibilité de l’organe paraisse sensiblement augmentée ou diminuée. Il arrive de là que l’oreille devient fausse, et perd, si elle en était douée, ses facultés musicales. C’est ce que j’ai pu observer chez un acteur qui vint me consulter pour une pareille indisposition. Toutes les fois qu’il voulait chanter dans le haut, les sons'de Fsa voix produisaient sur son oreille une sensation confuse, qui le faisait continuellement détonner. Les mêmes sons tirés d’un instrument à vent ou à corde produisaient sur lui le même effet, si l’instrument n’était pas éloigné ; car, à une certaine distance, la perception était nette.

Quelques semaines de repos accordées à l’organe malade , deux applications de sangsues, et des lotions de la tête avec l’eau froide, dissipèrent cette singulière indisposition.

Un noble allemand me fit consulter par un de ses amis, pour un dérangement de l’ouïe à peu près semblable ; il avait été obligé de renoncer à la musique , pour laquelle il était passionné, parce qu’il se rencontrait dans le jeu des instruments tel ton ou telle combinaison de tons qui affectait si désagréablement son oreille, qu’après que le même effet s’était reproduit plusieurs fois, il n’entendait plus qu’un bruit pénible et confus qui l’obligeait à quitter la place. N’ayant pu tirer, de la personne qui était venue me consulter, des détails plus circonstanciés sur cette espèce d’incommodité, et particulièrement sur la nature des sons qui étaient devenus , de préférence, incommodes à l’oreille, je m’abstins de donner aucun conseil, et je demandai un mémoire détaillé, qu’on me promit, et que je ne reçus point.

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