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Pour que ces sortes de cornets remplissent par faitemeni leur office, il est nécessaire qu'ils aient une ceriaine Capacité; se ept à huit pouces au moins dediamètre , depuis embouchure; jusqu'au pavillon; plus petits, leur effet est presque nul, et il en est demême de tous ces instruments jévblle que soit leur consirucüon. Je n'ai vu qu'un très-petit nombre de sourds retirer quelque avantage de ces espèces de conques en argent et en or qu’on adapte au pavillon même de loreille et à son conduit, de manière à leur former une sorte de revêtement intérieur; plus commodes et moins apparents, ces petits appareils avaient été préférés à de plus grands, mais les personnes qui en faisaient usage, m'ont avoué qu'elles entendaient beaucoup mieux avec Ces derniers. Je dois toutelois excepter de cette proscription des petits cornets, certains cas fort extraerdinaires, où ils produisent un effet presque mer veilleux; quoiqu'ils se bornent à faciliter par leur présence la perception des sons, ils font sur - lechamp disparaitre la surdité et Mens à Paudition toute sa netteté. Dans les cophoses qui dépendent dun engouement catarrbal du conduit, souvent accompagné de boursouflement de ‘la membrane, l'effet de ces petits conduits enfoncés dans celui de loréille (car tout l'instrument se réduit à un simple tube ) se comprend aisément; mais que cetavantage se représente également dans quelques
DE LA SURDITÉ EN GÉNÉRAL. gi eas de surdité avec perte de la membrane et des osselets, sans écoulement, ni embarras dans le conduit , et cela sur un individu , et point sur d'autres, quoique chez tous la surdité soit de la même nature, voilà ce qui ne peut s'expliquer, du moins d'une manière satisfaisante. Voici un autre phénomène, non moins curieux, observé dans l'usage de ces petits cornets. Trois ou quatre fois, je les ai vus ne produire aucun effet jusqu'au moment où je les humectais avec un liquide quelconque, et cesser leur office aussitôt que l'évaporation aidée par la chaleur de l'oreille, les avait rendus secs. Je conseille alors de substituer à ces tubes métalliques , un bourdonnet de coton mouillé, roulé autour d'un poincon, qui lui donne ainsi la forme d’un petit tuyau conique, et dont on ne le dégage que lorsqu'à laide de ce support, on l’a enfoncé très-profondément dans l'oreille. Je dis très-profondément, parceque deux fois j'ai vu l'expérience ne réussir que lorsque le tube humide était parvenu jusque dans la caisse, à travers l'ouverture de la membrane du tympan. Alors l'extrémité de ce corps faisait sentir. en touchant à l’une des parties de la caisse, une douleur assez vive, et de suite l’ouïe se rétablissait pour
‘anedemi-journée,chezl’unde cesdeux sourds,et pour quatre ou cinq heures seulement chez l’autre. Îl paraltrait même, d’après une observation toute récente que je viens de recueillir sur le jeune d'Ossières , de
Besancon, que la forme creuse que J'avais jusqu’à présent donnée à ces bourdonnets n’est pas toujours nécessaire. Je m'apercus que ce jeune liomme » Vers la fn d’un long traitement auquel je l'avais soumis pour la guérison d’une otorrhée fort ancienne, COM pliquée de destruction de la membrane tympanique
et de fongosités dans le conduit et dans la caisse =
recouvrait l’ouïe pour quelques minutes à la suite
de là douche que je lui faisais donner chaque maun dans le méat auditif; bien que les deux oreilles fussent affectées de la même lésion et eussent été traitées de même, ce rétablissement momentané de l’ouïe par l'humectation, ne s’observait que sur la droite. Pour rendre cet effet plus durable j'essayai de porter dans l'oreille un tampon de coton mouillé, pas assez volumineux cependant pour la boucher
complétement. Le succès de cette application fut.
complet; mais il ne se manisfesta que lorsque, comme Je l'ai dit plus haut, ce Corps étranger tou cha au fond de l'oreille, lequel dans ce cas devait
être la caisse elle-même. I fut très-facile à ce jeune | homme d'apprendre à placer lui-même cet offi-
cieux bouchon dans son oreille, et de la maintenir ainsi constamment dans un état analogue à la guérison la plus complète.
Tous les instruments dont nous avons parlé jusqu'ici, ne sont que des conducteurs ou des pro-
pagateurs du son, au moyen desquels il arrive ou
| plus fort ou plus net, ou plus. direct, au fond du con
duit audiüf, porté par l'air inierposé entre le cor ps
sonnant et l'organe entendant. Mais l'air, commeon le sait, n'est pas le seul milieu qui puisse servir de
véhicule au son , et d’un autre côté le conduit auditif
n'est pas non plus la seule voie par laquelle cet agent puisse arriver à l'oreille, Il en résulte quo on peut
employer. pour propager le son d’autres conduc- |
teurs , des corps solides, par exemple, de fer ou de bois, : viennent aboutir aux dents ou aux os du crâne lesmoins chargés de parties molles et les plus voisins de l'oreille , tels que l'apophyse mastoïde, et même les ne. pariétales ; et comme il est bien reconnu que les corps solides transmettent le son avec bien plus d'énergie que les milieux gazeux, on obtient par-là au moyen de ces mêmes corps, Char- gés des ébrankements sonores, etmisen contact avec les parties qui sont contiguës à l’orcille, un mode d'action très - propre par son intensité à ébranler le sens le plus engourdi. Tout le monde connaît l'expérience de la poutre percutée avec une épingle à une de ses extrémités, et communiquant le bruit de ce petit choc à la personne placée près de l’autre extrémité sur laquelle ‘elle applique la iempe. On sait aussi que les enfants, se bouchant les oreilles avec les doigts, s'amusent à entendre par le moyen des dents, les sons que rend une pincette frappée à l’extrémité de ses branches et sus-
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pendue à la bouche, à l'aide d’un cordon serré entre les deux mâchoires. De là a dû naître l'idée de se faire entendré des sourds en plaçant enire leurs dents et la personne qui leur parle, des conducteurs du son faits avec des corps solides , tels que des laies de bois, des tiges de métal, etc. Ingrassias, Athanase Kircher (1) et Bocrhaave (2) avaient déjà indiqué ce moyen de communiquer avec les sourds, quand un médecin allemand, Jean Jorissen en fit le sujet d'une dissertation qu'il soutint à Halle en 1757. Ce n’est à proprement parler que le détail des expériences faites par l'auteur, sur son père devenu complétement sourd à l'âge de 70 ans, et qu'il parvint à faire entendre, au moyen d'un conducteur de bois, placé entre les dents du vieillard et allant par son autre extrémité aboutir à la bouche de la personne qui voulait se faire entendre de lui. Deux ans après la publication de la thèse de Jorissen, Jean Henri Winkler (3) soutint la sienne sur le même sujet , sans ajouter aucune expérience nouvelle à celle qu'avait fait connaitre son prédécesseur. Le conducteur préconisé par ces déux auteurs n'est autre chose qu'une late de bois, longue de quelques
1) Musurgia, lib. 1, sect. 7.
) Institutiones re PAT de auditu.
) De ratione audiendi per dentes, in-4. Leipsick,
pieds, large de deux pouces environ, et dont on se sert, comme je l'ai dit; mais on sent combien la nécessité de tenir le conducteur appliqué aux dents, doit en rendre Pusage incommode pour la personne qui parle, et géner l'articulation des mots , outre que la main avec laquelle on le tient en place, uit considérablement à la propagation dessons. Dans lesexpériences que j'ai faites, surce mode de eommunication avec les sourds, j'ai fait disparaitre les inconvémients que je viens de signaler, en employant un instrument un peu moins simple et qui réunit les avantages du cornet à ceux du conducteur solide. C'est une sorte de porte-voix en bois, de forme pyramidale, terminé du côté destiné à être saisi par les dents du sourd, par une ouverture aplatie en forme de sifflet, à la manière d’une hanche de clarinette. L'autre extrémité est terminée par un pavillon dans lequel, la personne qui parle, place seulement sa bouche sans y toucher. L’instrument ne doit pas être porté par les mains, mais soutenu par un filatiaché au plafond ou supporté par une fourche en bois posantsur le plancher. [l est encore nécessaire pour que le porte-voix ait un effet suffisant, que les parois en soient urés-épaisses, de deux pouces au moins; car si elles étaient minces, comme je l'avais d’abord faitexécuter, la propagalion des sons serait trop faible pour l'orcille du sourd. Toutefois celui - ci peut lêtre au point que cet instrument soit Impuis-
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sant et qu'on se trouve réduit à recourir au conduc= teur de Jorissen, qui en raison de son contact immé- diat avec la personne qui parle, propage les sons avec plus d'intensité. On peut alors donner à l'exirémité que ceite personne doit saisir avec les dents ; une disposition qui fait disparaître une. parue des inconvénients que nous: avons indiqués plus haut. : Cetie correction consiste à faire diviser une des exirémités de la late, en deux branches plates et ÉCar= iées de deux pouces environ par leur propre élasticiié, de sorte que, placées entre les deux mâchoires, alles se tiennent, par leur tendance à à s’ouvrir, constamment appliquées sur le bord libre des denis , quel que soit le degré d'ouverture que Patte culation des sons donne à la bouche. | L'avantage que les corps solides appliqués sur les “parties dures de la tête peuvent offrir comme conducteurs du son, nva fait imaginer une sorte de cornet qui réunit la double propagation du son et par le conduit auditif, et par l’ébranlement des os du crâne. C’est, à proprement parler, un réceptacle du son, formé par deux caloties métalliques réunies par leurs bords et écartées par leurs faces corres- ‘pondantes. L'une s'applique exactement sur la voûte ducrâneet latouche dans tous les points; Pautre beaucoup plus saillante et par conséquent plus concave que la première, s'en trouve écartée vers son centre de près de trois pouces. La cavité qui résulte de cet
écartement présente du côté du front une ouverture
oblongue, g , garmie d’un pavillon demi-circulaire,et du . côté des tempes, un conduit qui va gagner le méat
audiuf. Un coup d'œil jeté sur les planches éclair-
cira ce que peut laisser d'inintelligible, cette descrip-
tion trop succincte. Get instrument, comme tous les
précédents, convient à certains sourds, etne peut ser-
vir à d’autres qui paraissent pourtant l'être au même
degré. J'ai vu deux personnes fort âgées, qui ne pou-
vaient plus converser à l’aide des cornets, s’aider à ! merveille de cet appareil acoustique. Il a d'ailleurs l'avantage d’être toujours en place; il faut y joindre, pour les femmes, celui de pouvoir être assez bien déguisé sous un bonnet léger de gaze ou de mousseline.