CHAPITRE III
De la surdité par écoulement muqueux ou purulent.
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Toures les fois qu'il se fait dans l'oreille une sé crétion purulente ou puriforme, l’ouïe en est plus où moins affaiblie. £l est vrai que ce n’est pas là toujours la seule ou la principale cause de la surdité qui accompagne les écoulements par l'oreille. La maladie qui les produit peut être accompagnée de
carie de la caisse, de destruction de la membrañe, de la perte des osselets, de fongosités dans la trompé d'Eustachi; et dès-lors, là mâtière qui engoue les cavités intérieures dé l'oreille éñ s'éppôsant à la libré intromission des ondes sonores, ne Joue qu'un rôle très-sécondaire dans la production dé cette espèce de surdité. Jé ne veux donc parler ici que de celle qui reconnaît seulement pour causé la présence de l'humeur purulente où purifôrme dans la caisse, ou même dans Île conduit audiuf. [Il est peu de cas où il Soit aisé de faire la différence de l'un et de l’autre; mais voici dans quelles circonstances La chôse est possible. Si, par l'inspection du conduit ,
par l'examen des signes commémoratifs, on par- | vient à s'assurer que l’écoulement n'a pour cause
qu’une otite catarrhale, soit externe, soit interne; si même la matière était un véritable pus procédant d’une otite ou d’une otorrhée purulente, pourvu qu'il n’y ait pas de carie considérable, et que les ossélèts n'aient été ni détachés ni expulsés; pourvu, sur-tout, que la surdité soit incomplète, et qu'elle paraisse éprouver un amendement notable, quand l'écoulement est moins abondant, on est fondé à
supposer que la cause de la surdité est, en totalité
où en grande partie, dans l'obstacle que humeur purülénte ou puriforme oppose à la libre admission des ondes sonores. |
Cette espèce de cophose est une de celles qui me
DE LA SURDITÉ PAR ÉCOULEMENT. O9 sont plus familières, et qu'il m'a été le plus sou vent possible de guérir. J’avouerai cependant que ma pratique ne m'a pas offert sur la curabilité de cette surdité des résultats aussi faciles , aussi bril- | lants que ceux dont se glorifie un praticien de Londres, le docteur Saunders, À l'exception d’un très - petit nombre de cas, où l'otite était peu profonde et récente , j'ai constamment vu que l'écoulement et la cophose qui en résultaient, ne cédaient | qu’à un traitement de plusieurs mois et au concours des moyens curatifs les plus énergiques et les mieux appropriés, employés tant à l’intérieur qu’à l'extéricur ; et cependant si l’on en croit l’auteur de l’Anatomie de l'oreille, il suffirait de quelques injections astringentes pour guérir cette maladie. Un petit nombre d'observations extraites de son ouvrage, et placées à la fin de ce chapitre, feront connaitre sa méthode, et donneront en même temips une idée de la manière dont sont présentées et observées les maladies de l'oreille, dans un ouvrage qui passe, en Angleterre, pour un des meilleurs qui aient été publiés sur cette matière. L'indication qui se présente pour guérir cette surdité est facile à saisir s et comme Je lai déjà fait entendre assez difficile à remplir. Il s’agit de tarir la source de l'écoulement purulent ou puriforme. J'ai dit, en parlant de lotite et de lotorrhée, avec quelle précaution il fallait s'y prendre. pour tenter sans danger cette suppression,
‘00 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 11, CHAPITRE il.
Si, après avoir lu cet article, il restait au lecteur quelque chose à désirer, pour éclairer le traitement . de cette espèce de surdité, il trouverait dans la lecture des observations de quoi y suppléer.
LVH OBSERVATION.— «Mistriss S.... était aflectée depuis six ans d’un écoulement puriforme du tympan ; en se mouchant, la bouche et le nez étant clos, l'air s'échappait par le méat auditif comme à travers une issue étroite. Il fut nnpossible de rendre assez visible le fond du conduit pour s’assurer du degré de lésion qu'avait souffert la membrane tympanique ; mais l'air, en s’'échappant par l'oreille, même depuis que la malade est guérie, est une preuve sufhsante de la perforation de cette membrane. Cependant, quoique ancienne, la maladie n'avait pas passé encore le premier degré (la suppuration simple du'tympan ); elle disparut dans l'espace d'un mois par l'usage continué matin et soir d'une solution de sulfate de zinc. Dans cet exemple la surdité était ordinaire, cependant louie fut parfaitement rétablie, et s’est maintenue telle, sans aucune apparence de récidive , depuis plus de deux ans et demi que l'écoulement est supprimé. Le seul reliquat de la maladie est une sensibilité morbifique de l'organe , qui rend douloureuse l’acuüon des sons
élevés (1).
(1) Saunders : The Anatomy of the human eur, etc. Londres, 1806, in-fol.. |
LVIILTE oBSERVATION.— «M. B... était affecté de surdité à un très-haut degré par l'effet d’un écoulement puriforme ; la membrane du tympan. était lésée, car l'air sortait par l'oreille. Guérison en deux mois à l’aide d’une solution de sulfate de zinc en injection; rétablissement presque complet de
l'ouïe (1). »
LIX®E OBSERVATION. — «M. S...., affecté d’un écoulement puriforme venant du tympan, prouvé comme dans les cas précédents, par l'issue de l'air à travers le méat auditif, était tombé dans un tel degré de surdité, quil entendait à peine le mouvement d'une montre, à la distance de trois à quatre pouces. Îl fut guéri par l'usage du sulfate de zinc, au bout de trois mois, et il pui alors entendre ke mouvement d’une montre au-delà même de la distance d’une verge (2).» | :
LX OBSERVATION. — « Marie Webb se présenta au dispensaire, affectée d’une surdité très-intense; l'une et l’autre oreille étaient remplies de mauère puriforme , et l'air s’en échappait librement. La maladie avait eu pour principe une otalgie, qui avait affecté les deux oreilles; l’une depuis neuf mois , et l’autre depuis deux seulement. Comme il existait encore un certain degré d’'inflammation dans lor-
me
(1) Par le même.
(2) Par le même.
gane, je recommandai d'y faire pendant quelques jours des fomentations, et je prescrivis quelques laxaufs ; ensuite elle commença l'usage de la solution de sulfate de zinc. Au bout de sept semaines, les oreilles furent guéries , l’une avec rétablissement complet de l'audition, et l'autre à un degré beaucoup moindre, avec DD cependant de distinguer aisément la conversation (1). » ; fa LXI"® OBSERVATION.—« On présenta au dispensure un feune enfant qui avait, depuis quelques semaines, une suppuration du tympan. Je le purgeai fortement , et lui fis fomenter l'oreille malade pendant plusieurs jours. Je fis ensuite une solution d’a- cétate de plomb , pour être injectée dans le conduit audiuf, trois fois par jour. Au bout de cinq semaines la suppuration cessa. Je ne pus , à cause de l’âge de cet enfant, qui avait à peine six ans, constater la différence qui pouvait encore exister entre l'oreille guérie, et celle qui n'avait point été malade (2). » LXIEE oBsERVATION. —« M. G... s'adressa à moi pour une surdité produite par un écoulement purorme, existant depuis plusieurs années, et à la suite duquel l'air avait pu passer par le conduit auditif, ce qui n'avait, plus lieu à l'époque où je le vis. En examinant le canal, j'en aperçus le fond rempli
(1) Par le même.
(2) Par le même.
DE LA SURDITÉ PAR ÉCOULEMENT. 109 de fongosités, que jessayai d'extraire avec une petite pince, mais inutilement, parce qu'elles ne purent soutenir la pression. Comme elles étaient molles
et qu’elles saignaient aisément, je me contentai de q $ 1} ai
les détruire par pincées; ensuite, pour prévenir leur reproduction, jinjectai une forte solution d'alun, à laquelle je fis succéder l'emploi du sulfate de zinc. Ce traitement tarit l'écoulement et améliora considérablement l’ouïe (4). »
LXII"® oBsERvATION. — «M. F...., chirurgien, réclama mes soins pour deux polypes considérables qui lui étaient survenus dans le conduit auditif, et dont l'apparition avait été précédée d’un copieux écoulement , et ensuite de la perte totale de l'ouïe. J’en fis l'extraction au moyen d’une pince; l'un vint en entier, l’autre en morceaux, et sa racine resta. Le lendemain je la pingaï, et la déchirai ; deux jours après jen fis la cautérisaiion avec une solution de nitrate d'argent, que jemployai également en injections. Par ces moyens l'écoulement s'arrêta , et l'ouie fut rétablie (2). » |
LXIV"' osservarion. — « M. EE... était incommodé depuis huit ans d'une excroissance polypeuse, qui faisait saillie hors du méat auditif, et qui avait paru à Ja suite d'un écoulement puriforme de ce