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application une suppuration très-abondante. Je laissai s'opérer le dégorgemient des parties cautérisées, eL je me proposais d'en achever la destruction, quand je m'apercus que la membrane propre du conduit se couvrait de nouvelles fongosités. Je remarquai de plus que, malgré lablauon du polype, et la destruction de presque toutes les excroissances qui occupaient le fond de l'oreille, l'écoulement n’avoit subi aucune diminution, ce qui m’en fit regarder la source comme très-profonde et ré-
sultant de quelque aliération de l'oreille interne :
‘en conséquence je renonçai à toute tentative ultérieure de guérison. Au bout de quelques mois, le conduit fut de nouveau obstrué par des végétations de la membrane, et une nouvelle tumeur de la nature des polypes remplit l'ouverture de l'oreille. — J'ai cité cette observation comme un exemple de la dégénérescence fongueuse qui s'empare quelquefois de toutes les membranes de l'organe auditif. … LXXVITI®* oBsErvATION.— Le jeune Mour, âgé de sept ans, fut amené à mes consultations, par sa mère, en 1812. Cet enfant était complétement
sourd de l'oreille gauche. Madame Mour ne put me dire de quelle époque datait cette infirmié : seulement on s'était apercu, dès qu’il avait été en âge de parler, qu'il présentait toujours l'oreille droite
pour écouter. En examinant comparativement les deux oreilles, je fus frappé du peu de profondeur
qu'avait le conduit auditif de l'oreille gauche, et de la disposition de la membrane qui le terminait à cinq millimètres environ de son ouverture. Cette membrane , au lieu d'être ume, pellucide et in- clinée comme celle du tympan, offrait dans son milieu un repli qui paraissait résulter de l'union, sous un angle obtus, de deux segments membraneux , placés l’un un peu devant l’autre. Dans l’espoir très-fondé de rétablir les fonctions de l'oreille, en incisant cette fausse membrane qui en bouchait le conduit, je proposai de faire de suite l'opérauon ; mais il fallut plusieurs jours pour y dé- : Gider l'enfant, naturellement irès-tmide. Je le plaçai au soleil, la tête fixée entre les mains de sa bonne; je plongeai dans cette cloison membraneuse la pointe d'un bistouri très-délié, et, par deux incisions faites en croix et coup sur coup, je la divisai en quatre «petits lambeaux. Après avoir. étanché quelques gouttes de sang qui me dérobaiïent l'aspect de cette ouverture et le sommet des lambeaux, je voulus les saisir avec des pinces pour les exciser ; mais je ne pus y réussir à cause des mouvements involontaires que faisait cet enfant, toutes les fois que je voulais introduire et ouvrir ma pince dans le conduit. Je me contentai donc de les cautériser avec le nitrate d'argent , et je tamponnai avec de la char pie le conduit auditif, non sans m'être préalable ment assuré du résultat de mon opération. Ce ré-
sultat n'était que très-imparfait; je ne désespérai pas cependant de voir bientôt s'effectuer un mieux plus considérable. En effet, dès le lendemain , l'en- fant entendait un peu us nettement, et Ve tion s’améliora encore les jours suivants, lorsqu’au moyen d'injections répétées, jeus débarrassé la partie du conduit , située au-delà de la fausse membrane, d’une matière poisseuse qui l’engouait. Enfin quand les quatre petits lambeaux eurent été détruits par la suppuration , qu'elle eut tart, et que le canal se trouva libre sé ioute son as ( ce qui ne fut l'affaire que de dix jours ), l'audition se trouva rétablie de ce côté, sans être pourtant aussi Foene que de l’oreille droite.
LXXVILL®® OBSERVATION.— «Hallam, sourd depuis quelques années , se présenta au depéhene pour une augmentation subite et considérable de sa surdité. Elle avait été l'effet d’une suppuration du tympan, pendant laquelle Pair passait par le conduit toutes les fois que cet homme se mouchait, ce qui avait cessé d’avoir lieu depuis que l’écoulement avait tari. Il éprouvait, au contraire, dans l'oreille, une sensation pareille à celle qui se fait sentir quand on détermine la tension du tympan , par air qu'on introduit dans la caisse. En examinant l'oreille aux rayons du soleil, j'apercçus une cloison que je perforai et dilacéraï. Par ce moyen,’ cet homme put entendre, à neuf pouces, le mouve-
et
ment d’une montre, qu'il n’entendait auparavant
qu'en l'appliquant immédiatement sur son oreille.
On prévint, non sans quelque difficulié, le recollement des parties divisées, et. par-là l'oreille se trouva douée d’un degré d’audition pareil à celui qui reste à cet organe, lorsqu'il a perdu sa membrane tÿympanique (1). »