CHAPITRE XITE
De la surdité par engouement de l’oreille interne. | # CeTre espèce de cophose est une de celles que j'ai rencontrées le plus fréquemment dans ma pratique et sur laquelle je puis donner un plus grand nombre d'observations. Elle reconnaît ordinairement pour cause, une augmentation du mucus sécrété par la membrane qui revêt l’intérieur de la caisse. Jenesuis pas éloigné de croire que dans cette espèce de surdité, que je désignerai volontiers sous le nom de sur dité catarrhale, les différentes humeurs qui baionent l’intérieur FT l'oreille se trouvent morbifiquement augmentées. On la rencontre de préférence chez les jeunes gens, chez ceux sur-tout qui sont d’un tempérament lymphatique, d'une constitution molle, portant un teint blafard, ou peu coloré, et tourmentés selon leurs rapports de glaires de l'estomac , de fontes d'eaux tombant du cräne. Lorsque sans écoulement , sans douleurs , sans concrétions dans l'oreille extérne, de pareils sujets viennent aétreatteints desurdité,on peut croire qu’elle ‘est de l'espèce que je signale ici. Je regarde le diagnosiic Comme moins douteux, si l'arrière-bouche
214 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 11, CHAPITRE XIII. est remplie d'une grande quantité de mucosités, si la voix m'est pas nette et se trouve embarrassée à-peuprès comme elle l’est pendant une salivation mercurielle, où dans une angine catarrhale. Il n’est pas rare que ces personnes parlent du nez, quoiqu'elles aient les cavités nasales plus sèches même qu'à l’ordinaige, au point qu'on les voit très - rarement se moucher. J’ai même observé deux ou trois lois , que la racine du nezétait beaucoup plus grosse qu'elle ne l’est ordinairement.
Ün symptôme assez constant dans cette espèce de cophose est une grande variation dans son intensité, et qui parait rarement dépendre de l'atmosphère. Les changements en bien ou en mal se font souvent d’une manière assez brus-
que, tantôt déterminés par des efforts d’excréa-
üon, par l'action d'éternuer et de se moucher ou de renifler, tantôt arrivant sans aucune impulsion vers la tête, et sans aucune cause connue. Toujelois ces fréquentes variations deviennent plus rares et cessent même de se faire remarquer quand la surdité date de plusieurs années. On remarque encore que les personnes atteintes de cette incommodité sont beaucoup plus sourdes le matin en s'éveillant, ainsi que dans les moments de la journée, où l'estomac est vide , et toutes les fois
aussi qu'elles sesont exposées au froid, ou à l’humi-
dité des pieds ; qu’au contraire, elles entendent sen-
siblement mieux pendant les chaleurs de l'été, quand elles usent d’aliments ou de médicaments chauds, et sur-tout après des vomissements spontanés, ou provoqués par des vomitifs. Le conduit auditif au lieu d'être sec ou farineux, comme dans quelques autres espèces de cophose, est enduit d’un cérumen abondant, toujours plus liquide; evil n’est pas rare de trouver la membrane du tympan privée de sa transparence. |
Cette espèce de surdiié est une de celles qui se montrent le moins rebelles à un traitement rationnel, pourvu qu'il soit suivi pendant un assez long espace de temps, cé qu'exige la disposition particulière de cetie cophose à de fréquentes récidives.
Les vomiufs font la base du traitement ; ils doivent être répétés souvent , et administrés très-faibles, de manière à obtenir plutôt des nausées que des. vomissements, et à prolonger le plus long-temps possible ce stimulus préliminaire que l’émétique porte aux glandes salivaires et à la membrane muqueuse de l’arrière-bouche.
Je prescris en même temps en guise de tabac, l'usage de la poudre de muguet qui est un puissant siernutatoire. Je fais raser la tête, et tous les jours je la fais rictionner avec une flanelle HApRene de quelques vapeurs balsamiques; enfin ; je place quelquefois à la nuque un séton, que je convertis, quand il a produit un bien soutenu , en deux cau-
tères, par l'insertion d’un pois à chacune des ouvertures. J'ai recours enfin, quand ces divers moyens n’ont pas réussi, aux médications immédiates de l'oreille interne. On peut les pratiquer par trois voies différentes : 1° par l'apophyse mastoïde; 2° à travers la membrane du tympan ; 3° par la trompe d'Eustachi. Je vais examiner avec quelques détails ces trois modes de inédications, sur-tout le second et le troisième que j'ai Hit employés, et je produirai quelques =uñce des observations relatives aux essais que J'ai faits. |
À. Médication immédiate de l'oreille interne, à travers l’apophyse mastoïde. — Ce mode de médication suppose qu'une ouverture pratiquée par . Pair, où établie par quelque érosion accidentelle, a mis à découvert l’intérieur de cette éminence osseuse. Riolan (1), qui avait donné le conseil d'ouvrir dans certains cas de surdité là membrane tympanique, avait aussi proposé de perforer l’'apophyse mastoïde. Une observation de Valsalva (2) avait mis hors de doute la possibilité d’injecter Poreille interne par les cellules mastoïdiennes. Il avait VU, chez un gentilhomme, cette éminence du temporal ouverte par la carie, et les liquides qu’on y injectait tomber par la trompe d'Eustachi dans l’ar-
(1) Opéra anatomica.
(2) De aure human tractatus.
DE LA SURDITÉ CATARRHALE. 217 rière- bouche. Ce fut une observation à-peu-près pareille qui, vers le milieu du siècle dernier, engagea un médecin suédois, le docteur Jasser, à tenter cette opération. 11 la pratiqua sur un militaire atteint de surdité, qui venait de recouvrer l'ouie à la suite d’un abcès. et de la perforation par carie de l'éminence mamillaire. Ce que la nature avait fait d'un côté , M. Jasser voulut que l'art Peffectuât de l'autre. Il fit une petite incision à la peau qui recouvre cette partie du temporal, perca l'os au moyen d’un trocar et injecta dans Îles cellules mastoïdiennes une décoction aqueuse de myrrhe. Le liquide sortit par la narine du même côté, et au bout de quatre jours cette oreille se trouva à son tour rendue à ses fonctions (1). ;
Un des compatriotes de dJasser , le professeur Hagsiræœm, pratiqua ensuite cette opération, et n'en obtint pas le même succes, ce qui ne l’empêcha pas dela préconiser et d’en faire le sujet d'un mémoire inséré parmi ceux de l'Académie royale des Sciences de Stockholm, pour lannée 1789. Ce médecin recommande cette opération dans les congestions catarrhales , purulentes , ou sanguines de la caisse, ou des cellules mastoïdiennes, dans les cas de cariedes osselets , et dans l’occlusion de la trompe d'Eustachi. Iltrace ainsi qu’il suit le mode opératoire : Inciser les
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(1) Mélange de chir., par J. Leberecht Schmacker.
218 DEUXIÈME PARTIE , LIVRE Il, CHAPITRE XII.
téguments dans l'endroit Correspondant à la racine de l'apophyse mastoïde, vers la partie postérieure et externe de cette éminence, un peu derrière loreille pour éviter de blesser l'artère auriculaire posterieure ; ensuite perforer cette apophyse elle-même à son sommet avec un poinçon en forme de trocar qu'on dirige de derrière en devant alin de pénétrer danses cellules. Pour s'assurer si l'on y est parvenu, M. Hagstrœm recommande d'introduire, dans l’ouverture qu'on vient de faire, une peuie sonde, qui ans ce Cas pénètre plus avant que l'instrument perlorateur. Il convient encore pour faire l'injection , d'avoir une seringue dont la canule remplisse exac- : tement la plaie faite à l'os, afin d'empêcher le reflux du liquide , avisant toutefois à ne pas le pousser avec trop de violence , de crainte qu'en remplissant tout-à-coup la caisse, la membrane du tympan ne vienne à se déchirer, ainsi que l'avait vu, dans ses essais sur le cadavre, l’auteur de ce mémoire. Le docteur Adolphe Murray a fait, sur la dissertaüon de ce médecin , des réflexions très-judicieuses ; accompagnées d'observations anatomiques trop intéressantes pour ne Pas trouver place ici. Il a constaté, par des expériences, la communication des cellules mastoïdiennes avec l'oreille interne, commu nication qu'aucun anatomiste moderne ne révoque en doute, mais qui méritait pourtant d'être appréciée par des expériences positives, parce qu'elle avait
DE LA SURDITÉ CATARRHALE. 219 contreelle l'opinion et lesobservations de Morgagni. Ce célèbre anatomiste avait vu différentes fois la cavité du tympan séparée des cellules mastoïdiennes, par des cloisons membraneuses, fournies par a membrane propre de ces cellules, et il n'avait pu parvenir à faire passer de celles-ci dans le tambour des injections de mercure. Celles qu’a faites Murray avec le même métal, après avoir perforé l’apo-
physe mastoïdienne, oni pénétré dans les cellules et passé de celles-ci dans la caisse. [l a réussi également à introduire par la même voie des soies de porc dans le tambour. En multipliant ses recherches sur le même objet, il a trouvé quelquefois lintérieur de l’éminence mamillaire oblitéré et les cellules remplies par une matière osseuse et eompacte. Il a remarqué encore que les cellules sont moins considérables chez les femmes que chez les hommes; que la table osseuse qui revêt l’apophyse est inégalement épaisse dans les différents points de son étendue, variant également d’un imdividu à l'autre, depuis une ligne jusqu’à trois; que dans les cas d'épaisseur extraordinaire, cette lacune se trouve composée de deux feuillets entre lesquels il existe de peuies cellules irrégulières , et que les feuillets ainsi que les cloisons osseuses qui forment les cellules mastoïdiennes acquièrent avec l’âge une densitéégale à celle du rocher, et ne finissent pourtant point par disparaître, comme l’a prétendu Casebohm.
226 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE IT, CHAPITRE XIE. . Enfin, A. Murray finit par conclure de ses recherches; 1° qu’en quelque endroit que l’on perfore Vapophyse, les injections pénétréront dans la caisse, à moins que les communications entre les cellules : et cette cavité ne se trouvent interceptées par quelque obstacle accidentel; 2° que néanmoins l'endroit le plus favorable à la perforation est le centre même de l’apophyse; 3° que dans les sujets irès-jeunes, le développement incomplet de cette éminence est peu favorable au succès de cette opération ; /° que lorsque la paroi de l'apophyse est épaisse et pourvue de diploë , il faut perforer très-profondément avant d'arriver aux cellules; 5° qu’il ne faut pas’ se | décider trop légèrement à entreprendre cette opération, sur des personnes qui ont l’apoph yse petite ei peu saillante, de crainte qu’elle ne soit dépourvue de cavités; 6° ei qu’enfin cette opération, quelque simple qu'elle/paraisse, ne doit pas être teniée sans des motifs très-détérminants. Li
Un professeur de médecine, à Gœttingue, M. Arnemann , a également préconisé cette opération , dans un peut ouvrage publié sur ce sujet en 1792. Les ca$ pour lesquels il indique cette Opération, et la mamère de la faire, diffèrent peu de ce qu’on lit dans le mémoire de M. Hagstræm, et ne sont d'ailleurs \ppuyés sur aucun fait, ce qui me dispense de présenter ici l'analyse de cet écrit.
de ne puis appuyer ou combattre cette opération
DE LA SURDITÉ CATARRHALE. 292 par aucun fait qui me soit propre; mais d’après ce qu'en ont écrit les auteurs qui l'ont préconisée, le peu de succès de leurs tentatives, et ce que j'ai moimême observé dans les perforations spontanées de l'apophyse masioïde, je m'en suis fait une idée irèspeu favorable : je la crois à-lafois inutile et dangereuse. Le succès obtenu par dasser est un fait trop isolé pour qu'on puisse en üirer une conclusion favorable. Je sais qu'on pourrait s'appuyer d’observations moins rares de surdités guéries ou reproduites par une suppuration à travers l’'éminence mastoidienne , spontanément établie ou supprimée. M. Himly, dans son Mémoire sur la perloration du tympan, en rapporte des exemples. Acrel assure pareillement avoir vu deux guérisons de surdité s'effectuer par l’exfoliation d’une portion des cellules mastoïdiennes; mais ces ouvertures qui s’établissent à la suite d’un iravail morbide, ressemblent peu à celles qu'on pratique au moyen d’un instrument, et il n'est pas inutile d’insister un moment sur ceite différence. Lorsque apophyse masioïdienne s'ouvre spontanément, Cest par suite d’une carié qui l'a minée sourdement , et dont les produits versés dans l'intérieur de l'oreille en ont nécessairement causé l'engouement et paralysé les fonctions. La même chose à-peu-près a lieu quand, à la suite d’un abcès sous - cutané, cette érninence est creusée, de l'extérieur à Pintérieur; le pus fuse dans les cellules
et dans la caisse, et y forme également une congestion purulente. Dans l’un et l’autre cas, quand l'ouverture de la peau met à jour celle de l'os et les cellules mastoïdiennes , le pus s’évacue et l’on en facilite l'issue par des injections; alors l'oreille, plus ou moins débarrassée de la matière qui l’obstruait , reprend plus ou moins complétement l'exercice de ses fonctions. Quelle différence entre ce procédé de la nature et celui de l'art ! Elle se débarrasse de la cause matérielle de la surdité par les voies que cette même cause s’est frayées par ses propres ravages, tandis que nos instruments s’en vont, au travers de parties saines, à la recherche d’une maladie qui n'est qu'à peine soupçonnée, et à laquelle cette opérauon ne peut porter qu'un remède superflu où momentané : superflu, si c'est une matière purulente qui tôt ou tard se ferait jour au dehors; momentané, si c’est une congestion muqueuse qui ne manque pas de se reproduire quand l’ouverture s’est refermée.
J'ai dit aussi que cette opération était dangereuse, et je puis le prouver par ce qui arrive souvent dans les perforations spontanées de cet os. La carie après avoir détruit les cellules mastoïdiennes, gagne la table interne de l'os, la dure-mère s’affecte , et une suppuration du cerveau termine d’une manière funeste cette maladie de l'oreille. On peut en voir des exemples dans mes observations d’otorrhée; mais si
lon m'objectait que cette ficheuse terminaison est ‘moins le résultat de l'ouverture de l’apophyse qu une complication ou une suite dé l'intensité de là maladie qui a attaqué l'organe auditif, ; je pourrais citer conire cette opérauon l'épreuve malheureuse qu'en fit sur lui-même, le médecin du roi de Danemarck,, le docteur Jean- Just Berger , mort en 1791, vicme de cette opération ( 1). 1
Ainsi il faut la rejeter comme inutile autant que dangereuse, et en admettant que l'ouverture spontanée soit favorable à la guérison de la surdité, et qu’elle doive être aidée et entretenue par les procédés de l’art, c’est faire à ce cas parüuculier lapplication d’un des Sen Fe plus généraux de la chirurgie. |
B.M édications A de l'oreille interne, à travers la membrane du tympan. — Ces médicauons, de même que les précédentes, se réduisent à des injections, et supposent pareïllement une ouverture occasionée par quelque accident, ou pratiquée par l'art , sur quelque point de la | cloison iympanique. À l’époque où la perforaton de cette membrane fut répétée en France, et démentit les brillantes espérances qu'y avaient attachées nos confrères d’outre - mer, je pensai qu'on pourrait en tirer un parti plus avantageux, He ed Es ant di rie
(1) Atmanach de Gruner, 1702.
en la faisant servir à diriger des médications dans. Toreille interne, au lieu de se borner, selon le procédé de Camper, à pratiquer une ouverture à la cloison du tympan pour faire pénétrer l'air extérieur dans cette cavité. Ce projet me fut inspiré paf des congestions et des concrétions de diverse nature qui se forment souvent dans la caisse, et. que j'avais moi-même observées, en disséquant Voreillé de quelques sourds-muets. Il me paraissait presque assuré, que dans ces cas, l'embarras de l'organe céderait sans peine x tion de quelques liquides fonidanits où détersifs, qui poussés avec plus ou moins de force par le conduit auditif, s’écouleraienit par la trompe d'Eustachi , chassant devant eux les différentes matières dont la cavité tympanique pouvait être etigouée. Ma première épréuve fut faite sur un de nos enfants , retenu à l’infirmerie par une fièvre lente, et le hasard le plus heureux voulut que ce sourd“inuet së trouvât précisément dans les circonstances les plus favorables an succès de cètte opération. Je fis part de ce fait à l'Insutut,
qui le fit constater par des commissaires, et me décérna, d’après léur rapport , les plus honorables encouragements (1). J'eus le chagrin de ne pouvoir les justifier par des succès ultérieurs. Gene
(1) Voyez le Moniteur des 30 octobre et 13 novembre de l’année 1811. |
ppération est jusqu'à présent la seule qui m'ait réussi contre la surdité de naissance, quoique je l’aie teniée un assez grand nombre de fois. Mais j'ai été moins malheureux en lappliquant aux surdités accidentelles, sur-tout quand elles étaient récentes , et je ne doute point que je n’eusse obtenu un plus grand nombre de guérisons par ce moyen, si je ne l'avais abandonné peu de temps après, pour y substituer les injections par la trompe d'Eustachi. Cependant comme cette voie n’est pas toujours prati= cable, à cause des obstacles que je signalerai bientôt , je dois exposer avec quelques détails la manière de procéder à ce second mode de médication immédiate de l'oreille interne. 4 … On perfore la membrane, d’après le procédé que jai indiqué ci-dessus, et avec l’atiention de bien observer les résultats immédiats de cette perforation; ordinairement elle fait entendre un petit bruit sem blable à celui qui résulterait de la piqûre faite à à un morceau de parchemin. Quand la caisse est engouée de mucosités ou de quelque concrétion, la ponction ne produit aucun bruit, sans pourtant qu'on puisse conclure que cet embarras existe , toutes les fois que ce bruit ne se fait pas entendre. Quel- quefois l’ouie se rétablit immédiatement après la perforation, ce qui indique que la cause de surdité est dans l’occlusion de la Fe d'Eustzchi. Alors il n'ya plus rien à faire, si ce n'est de veiller à ce que 2 1 a
226 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE Il, CHAPITRE XIII. la plaie faite à la membrane ne se referme pas, ce qu'on ne peut pas toujours empêchersDans le cas sontraire, c'est-à-dire quand l'audition n'éprouve aucune amélioration de l'ouverture faite à la cloison tympanique , 1l y a tout lieu de soupconner que la cavité du tambour est affectée de quelque em- “barras; pour s’en assurer plus positivement, on recommande à l'opéré de faire une forte expiration, en fermant en même temps la bouche et les narines. Si l'air sort librement et sans qu'il soit nécessaire de férmer et de prolonger l'expiration , la caisse et le conduit guttural sont libres, et il n'y a pas d’espoir à fonder sur les injections comme moyen direct. Si au contraire l'air reloulé et comprimé dans la bouche et dans le nez, ne sort point ou ne sort qu'à peine du méat auditif, on à tout lieu de. croire à un engouement de la cavité du tympan, et il faut s'occuper de forcer cet obstacle, ce qui n’est pe nee ailes, lors même que cet obstacle n'est qu’ un amas de matière muqueuse ou gélatineuse, |
Après de nombreux essais, j'ai reconnu qu’on devait donner la préférence à des injections d’eau tiède répétées jusqu'à dix ou douze fois par jour, à trois reprises différentes, de manière à consommer deux pintes de liquide par jour. D’abordlintroduction de l'eau dans oreille, cause une douleur assez vive, des vertiges, de la céphalalgie, et augmente les
bourdonnements qui accompagnent assez souvent
la surdité catarrhale ; mais dès le second oa le troi-
sième jour , ces légers accidents cessent de se re-
produire, à moïns qu'on ne soit obligé de recourir
aux injections forcées : j'appelle ainsi celles qu'on
fait avec une seringue, dont la canule, garnie de
filasse, s'adapte exactement à l'orifice du méat au diuif. Alors le liquide injecté ne reflue que très-dif-
ficilement en dehors, après avoir exercé une ac-
on très-énergique, et en même temps très-dou-
loureuse , dans Fintérieur de l'oreille, contre l’obs-
tacle qui s'oppose à son passage dans la gorge. Si cet
obstacle, aïnisi attaqué, ne cède point, il ne faut
pas insister trop long-temps de crainte de provo-
quer l'inflammation de l'organe. On laisse passer
quelques jours, et on revient à la charge, mais par. une voie opposée : par la trompe d’Eustachi. Il est
rare MERE quand Pobstacle est de nature amo-
vible, qu’on n’en vienne pas à bout par les i Re
forcées.
Tantôt le liquide se fait jour brusquement dans le pharÿnx et coule par le nez, tantôt il n’annonce son passage, que par une plus grande humidité dans ces parties, que par un: stimulus incorimode qui fait éprouver Le besoin de se moucher; mais peua-peu les voies deviennent plus libres, et une partie. du liquide inecté s'échappe par la trompe. Les ré: sultats de cette hbre communication se présentent