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CHAPITRE XVL De la surdité par paralysie du nerf acoustique

LES névroses de tous nos organes se présentent avec des signes qui les annoncent plus ou moins distinctement aux yeux d’un praticien exercé; mais la paralysie qui affaiblit ou détruit l'audition se cache sous des symptômes communs à la plupart des autres cophoses. Si cette considération est applicable à la paralysie du nerf auditif en général, on conçoit qu'elle l’est bien davantage encore aux variétés qu’elle peut présenter, et qu'il est nécessaire pour- . tant de ne pas confondre. Je ne puis cependant disünguer ces variétés que d'après les causes détermi-

nantes. FOIE Ces causes peuvent être, 1° la commotion du nerf acoustique; 2° les convulsions; 3° l'apoplexie; /° certaines fièvres; 5° l'influence sympathique de quelque organe souffrant ; mais souvent l'ouie sé para lyse sans maladie antécédente, sans dérangement concomitant, sans cause connue, et sans lésion apercevable après la mort. Je désisnerai cette dernière vâriété sous la dénomination , sans doute péu exacte, de paralysie essentielle du nerf acoustique.

$ L. Paralysie du nerf acoustique , par commo-

tion.—Les chutes faites sur la tête ou les coups por-. tés sur celle partie peuvent déterminer la surdité par une congestion sanguine dans les cavités de l’oreille interne, par un épanchement à la base du crâne, et par la commoton du nerfauditif, j'ai déjà parlé dé la première et de la deuxième de ces trois causes de surdité, la dernière doit nécessairement trouver sa place ici.

L’extrême mollesse du nerf labyrinthique , sa distribution , son épanouissement sur des parties osseuses el par conséquent plus exposées que lesautres aux Contre-coups, aux ébranlements , expliquent assez comment il se fait qu'un coup à la tête, ou une chute sur cette partie, frappe ce nerf d’une commotion profonde , tandis que les autres paires et les différenis nerfs qui en émanent ne reçoivent aucune atteinte. On trouve encore ici, comme dans l'histoire des différentes commotions de l'encéphale , qu'il n'est même pas besoin pour la produire que Je crânesoit frappé. Il suffit d’une chute sur les pieds, sur le coccyx, sur les conne, ou d’un coup à la tempe, à la joue, tel qu’un soufflet, pour causer cette surdité. Je pourrais en offrir une foule d’exemples; comme ils ne présenteraient aucun détail intéressant n1 aucun résultat heureux, j'ai cru devoir les supprimer. On en trouve aussi un assez grand nombre dans les différents auteurs (1), mais qui

(1) Amati Lusitani curat. med. cent. 7. — Riedlin,

pour la plupart ne se recommandent également par aucune espèce d'intérêt à l'attention des praticiens. Dans l’autopsie cadavérique des personnes mortes presque immédiatement à la suite de grandes commotions, ou de la fracture des os du crâne, on trouve assez souvent le nerf olfactif, et la portion molle de la septième paire entièrement rompus. En arrive-t-il de même, lorsqu’à la suite d’une lésion modérée du crâne, tous les accidents se dissipant, l’ouïe reste paralysée? Je serais tenté de le croire, mais je n'ai aucun fait pour appuyer mon opinion: Des bruits violents et subits, tels que l'éclat de la foudre, l'explosion des pièces d'artillerie, d'une mine, d'un magasin à poudre, peuvent également paralyser Vouïe par la commoton du nerf labyrinthi-" que. En général, quelle que soit la cause de cette commotion, la surdité qui en résulte est absolument incurable. Il est donc important de la disinguer des auires.espèces , pour ne pas tenter inutilement un traitement douloureux. Son caractère le plus constant est de se déclarér immédiatement après la commotion supportée par le crâne. Mais ce caractère lui étant commun avec les surdités par congesüon sanguine, il est important de se représenter les au-

ns on

Med. ann. 5. jan. 51. — Foreest, Obs. et cur. medic. 0bs. 12. — Fabrice de Hilden, Os. med. chir. cent. 3. 0bs. 5.

tres symptômes propres à cette dernière, pour ne pas les confondre entre elles. Il n’y a ici aucun. signe de la présence d’un liquide sanguin dans loreille, aucune diminution, ni augmentation dans la surdité, et nulle douleur. Le caractère de cette cophose sera moins douteux encore si elle est la suite , non d’une lésion directe de la tête, mais d’un véritable contre-coup , comme dans les chutes sur les pieds, ou sur les genoux , ou sur la région coccygienne.Quand la privation de l’ouïe est due à l'effet de quelque bruyante explosion, elle pourrait également dépendre d’une lésion autre que celle des nerfs. Ainsi à la suite d’une longue et forte canonnade , il survient quelquefois aux militaires qui ont fant le service des pièces, une otite des plus i intenses accompagnée de surdité. Mais cette maladie présentant des caractères bien prononcés et qui tombent sous les sens, on n’a besoin que d’un peu d'attention pour ne pas la confondre avec celle dont noustiraltons 1CI.

J'ai dit que cette cophose était. incurable, mais elle ne doit être jugée telle, qu'au bout de moitie: jours et même de nait semaines, pendant lesquelles l'ouïe se rétablit quelquefois spontanément, quand la commotion n’a pas été très - intense; cette guérison spontanée est très-ordinaire dans la surdité, ou plutôt dans l'espèce d’assourdissement que produisent les violentes détonations; rien de

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. 919 si commun que dé voir après un long combat des canonniers être sourds pendant plusieurs jours et recouvrer insensiblemeni l'ouïe. J'ai connu à 'Foulon une personne qui était restée frappée d’une surdité presque complète, pour s être trouvée, lors de la re-. prise de cette ville par les républicains, traversant la rade dans un bateau, au moment où Pun de nos vaisseaux incendiés par les Anglais sauta en l'air. Sur une douzaime de fugitifs, qui se trouvaient avec elle dans cette embarcation, quatre autresen furent également assourdis, mais seulement pour quelque temps.

$ IL. Paralysie du nerf acoustique à la suite des convulsions. — Cette cause de surdité est fort rare dans l'adulte, et très-fréquente dans le premier âgé. Lorsque louïe se perd dans les trois ou quatre premières années de la vie, c'est presque toujours à la suite des convulsions. Un grand nombre de sourdsmuets doivent leur infirmité à une pareille cause, qui détruisant Vouïe dans un âge très-tendre, a fini par entraîner la perte de la parole. Il est digne de remarque que ce sont les convulsions les moins fortes, les moins prolongées, qui produisent le plus communément cet effet. Nombre d’ enfants devenus sourds vers l'époque de Ja dentition , et pour lesquels j'ai été consulté, avient pour la plupart cessé tout-à-coup d'entendre , immédiatement Ste un léger mouvement convulsif.

Quand des convulsions violentes et répétées ont détruit l’ouïe, cette surdité se trouve ordinairement compliquée de la paralysie des membres de l’un ou de l’auire côté, et particulièrement de l’un des bras. Il n’est pas rare que l cause qui a produit de semblables lésions, ait encore jeté les facultés intellectuelles dans une sorte de Stupeur. Aussi voit-on que les enfants qui ont perdu l'ouïe dans de longues convulsions sont peu intelligents , doués de peu de mémoire, Ce qui, joint au mutisme qui accompagne nécessairement cet état, les rend très-peu. susceptibles d'une éducation soignée. De toutes les surdités, celle dont il est ici question est la plus rebelle

aux secours de art, et doit être regardée comme ‘absolument incurable. |

$ HT Paralysie du nerf acoustique par suite d'apoplexie. — ['ouïe est le sens qu'affectent le plus gravement et le plus souvent les maladies de l'encéphale, et particulièrement les attaques d’apoplexie. On peut même attribuer à quelques accès insidieux ou inaperçus de cette même maladie , les surdités qui surviennent quelquelois dans le cours d'une nuit, ou après un léger évanouissement , ou à la suite d’un simple vertige. Presque toujours, ce qui est assez ordinaire à la paralysie du sens auditif, les deux oreilles sont affectées, et la surdité n'éprouve aucune variation. Quelquefois, si le sujet est jeune, elle perd spontanément de son intensité, ou cède

aux excitans employés d’une manière soutenue. Mais dans l’âge avancé, la maladie s’'augmente au lieu de diminuer. On m'a cependant communiqué un fait qui prouve qu'à cet âge-là même, la nature peut rétablir ce sens par rar répétée es la cause perturbatrice qui l'avait détruit, c’est-à-dire par une nouvelle attaque d’ EL mais Je sujet de cette observation ne jouit pas long-iemps de ce miraculeux rétablissement de son ouïe. Une troisième attaque, survenue dix-huit mois après, termina subitement sa vie. On trouvera à la fin de ce chapitre une

observation à-peu-près pareille. |

Cette surdité présente peu d'espoir de guérison lors même qu’elle est récente , Incomplète, et qu’elle affecte des personnes encore jeunes.Quand, dans ces circonstances favorables , on combat la paralysie par des excitants tels que le moxa, les vésicatoires , les vaporisations éthérées , et l ammoniaque à idea rieur, il peut survenir une Re satisfaisante, sans qu'on puisse néanmoins s'en glorifier comme d’un résultat du traitement ; car ce rétablissement , comme je l'ai déjà fait “me s'effectue souvent par les seuls efforts de la nature.

S IV. Paralysie du nerf acoustique à la suite des fièvres. — Je ne dois considérer ici cette lésion de l’ouie que comme un accident, et nullement comme un symptôme des fièvres aiguës. Îl est par conséquent hors de mon sujet de rappeler ici quelle

induction pratique on doit urer de cette surdue , soit pour le traitement, soit pour le pronostic des maladies qu'elle accompagne, Ces maladies sont le plus ordinairement celles auxquelles on a donné les noms de fièvres ataxique , adynamique, et sur-tout celle qu’on a appelée cérébrale. Tantôt la surdité se déclare au début, tantôt au milieu, et tantôt à la fin de la maladie. Dans le second cas elle persiste rarement, dans le troisième quelquelois , et fort souvent dans le premier, surtout quand la fièvre n'a pas été de longue durée. Je ne parle point 1ci des inflammations de l'oreille , des écoulements qui se montrent aussi dans la convalescence de ces mêmes fièvres, et qui peuvent également entrainer

la surdité. Celle dont il est question, exempte de

douleur, de bourdonnement , de céphalalgie, n'est accompagnée d'aucun symptôme inflammatoire, et le conduit audiuf examiné au soleil se présente re son état naturel. | ;

On a vu quelquefois aussi les fièvres intermittentes se terminer par une surdité nerveuse. Je ne parle point de celle qui survient et disparaît avec le paroxisme, mais seulement de la surdité qui reste après la guérison de la fièvre. On trouve dans les Actes des curieux de la nature (1), l’histoire d'une fièvre double quarte, chez un homme de 60 ans,

(1): Vol. 1 ,-0bs. 58.

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. 319 laquelle après le neuvième paroxisme dégénéra en une surdité, que ne purent dissiper des remèdes mulüpliés. Pr souvent cette surdité se dissipe d'elle-même pendant la convalescence. Mais pour peu qu'elle persiste après le rétablissement du malade, il faut la regarder comme peu susceptible de guérison. Cependant à cette époque les remèdes ont encore quelque efficacité. Geux auxquels on a dû le peu de succès qu'on à obtenu, sont tous de la classe des excitants, tels que nous les indiquerons à l'aruicle de la oo ve du nerf acoustique.

$ V. Paralysie sympathique dis nr acoustique. — La cophose qui reconnaît pour cause l’influence sympathique qu'exercent sur l'oreille cer tains organes malades, n’est pas très-rare.Celle qu'on voit survenir par suite de l'embarras gastrique où intestinal, est même assez commune. Cependant je pense que dans la plupart des cas, l’affection du tube digestif est bien moins une cause qu'une complication, et que les évacuants, en rétablissant l’ouïe dans son intégrité première, ne produisent cet effet qu'à raison de leur action sur la tête, au moyen de ses relations sympathiques avec lestomac : mon opimion se fonde sur l'effet de ces évacuants dont efficacité sur l'audition est bien moins proportion née aux évacuations provoquées, qu'à la secousse imprimée au système gastrique. Il serait donc pos-

sible que cette espèce de surdité appartint en grande partie à celle que produit l'affaiblissement du nerf auditif, et que la manière d’agir des moyens excitants, fût ici la même que dans la goutte sereine. Le plupart de mes observations confirment ‘cet aperçu; néanmoins on en trouvera deux qui ne permettent pas de douter de lexistence de la surdité causée par un embarras gastrique. |

Les symptômes ne sont pas toujours aussi prononcés qu'On pourrait le croire ,et plus d’une fois ce n'est que d'après l'effet des évacuations intestinales sur la surdité que j'avais à traiter , Que j'ai pu attri= buer cette maladie à l’état de laps gastrique. Ordinairement tout ce qui annonce un dérangement dans les fonctions de cet appareil sert à la caractériser, où plutôt à la faire soupconner, comme le défaut d'appéut , la couleur jaune ou pâle du pourtour des lèvres, des digestions laborieuses et sur-tout le ballonnement de l'abdomen chez les adultes.

Cette surdité, rarement très-intense, est sujette à une foule de variations indépendantes de l’état de l'atmosphère, presque toujours accompagnées de bourdonnements, de céphalalgie, et d’un sommeil plus profond et plus prolongé qu’à l'ordinaire. J’aidéjà faitentendre que ces symptômes, lors même qu'ils existent, sont bien insuffisants pour distinguer cette espèce de surdité de beaucoup d’autres ; mais

heureusement 1l n’y a pas d'inconvénient à s'y méprendre -et à tenter dans les cas. les plus douteux,

les moyens curatifs applicables à la cophose par em-

barras gastrique. SE IN DUR tn

Ges moyens sont ceux qui conviennent à cette dernière affection, les évacuants, particulièrement

l'émétique, répétés plusieurs fois, les purgatifs drastiques, auxquels on fait succéder les toniques et surtout les absorbants et les vermituges. J'ai remarqué que parmi les différentes affecuons morbides de l'appareil digestif, celles qui paraissent se rencon-

irer de préférence dans le cas de surdité, étaient

lirritation de la membrane muqueuse par la présence des vers, et cet embarras gastrique -qui. se

manifeste sur-tout par des vomissements FRADIAnE ÉL

ou provoqués de mucosités acides. : 4, 1 4 ILest une autre espèce .de surdité sympathique , beaucoup.mieux connue des auteurs et qui a surtout été observée par Nuck par Valsalva, et par M. Hesse, :médecin de Bla je veux sai de celle.que produit. unsétat se à du système dentaire, tel que le travail de la première dentition, la sorlie pénible des, dents de. sagesse ou. Jaicarie de quelque. molaire. hp OR 00 Les anastomoses qui existent entre le dit tri jumeaux | et le nerf facial, seraient insuffisantes pour expliquer cette Dee sympathique, puisqu'il n’existeaucune connexion bien constatée entre le nerf

322 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 1f, CHAPITRE XVI.

labyrinthique et le facial (1). Mais les distributions de celui-ci dans l'intérieur de la caisse doivent nécessairement le mettre en ‘rapport, par continuité d’organe, avec lenerf lab yrinthique; lequ: setrouve alors en communication médiate avec les branches

maxtllaires des trijumeaux. on Ca UE =

La classification moderne des nerfs cntoiiiniéé en désignant sous le nom de veux que les anciens anatomistes avaient fait entrer dans le système auditif, sous celui de portion dure, a l'inconvénient de nous faire perdre de vue le rôle important que ce nerf joue dans l'audition, soit par laismême, soit comme agent des sympathies nombreuses qu'il établit enwre l'oreille et d’autres organes, et qui l'avaient très - justement fait nom mer le petit sympathique. dé ferai bientôt obsérver

en parlant de la paralysie éssentielle du sens de L'été, uñe autre rélation non moins importante entre la portion molle et la portion dure du nerf auditif. On verra qué la paralysie de l'une s'accom-

facial un cordon ner-

pagne ‘souvent de celle de l’autre e, ét qu'à mesuré |

es

que louïé se perd , la sensibilit animale , et même AT du conduit audiuf, du pavilon de ‘08

ans son hédaiiies débit: un pi oblisitué près de l’ouverture de l’aqueduc de FU pe lui ce conduit étroit sert à transmetire, dans un des canaux demi- circulaires, ; un petit filet émané : du nerf facial. dé di

de } È à j 13 dar

reïlle et des téguments on Faire un notable R F aïblissement. Fra Sarre mr « à mie : Quoi qu'ilen soit ne: da ns db à ces rapports ympathiques entre les dents et les orcilles, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'ils sont très-nombreux'et très-actifs. Leur ficheuse influence se montre d’une manière bien manifeste dans le jeune âge, et Von peut les accuser d’une partie des surdités que lon croit congéniales. C'est dans le premier travail de la dentition, que beaucoup d'enfants mani festement entendants, perdent l'ouie et par suite la faculté de parler. Quelquelois l'audition se rétablit après la sortie des dents, mais souvent aussi la surdité persiste malgré toute l'énergie des moyens les

pis excilants.

* La surdité causée par la carie de quelque MO lire, ou l'émission douloureuse des denis de sagesse , est ordinairement accompagnée d'otalgie, Souvent même c’est l’otalgie qui est l'affection dominante et qui cause la surdité, en rendant douloureuse et confuse la perception des sons. Dans l'un | comme dans l'autre cas, la cophose disparaît avec la cause qui Pa pr oduite. Une fois cependant, j'ai été consulté par une dame dont l'ouie était restée fort dure, , Par: suite de vives douleurs ressenties dans les deux oreilles, à l'époque de la sortie presque simultanée de ses deux dernières dents de sagesse.

© S VE Paralysie essentielle du nerf acoustique.

ai dit ce que je j'entendais par paralysie. essenüelle du nerf acoustique. C'est le manque d'ex on citabilté de ce nerf, c'est l'abolition de la vie de l'organe, soit accidentelle , soit originelle, con me dans la plupart des stérdilés de naissance. Elle peut suévenir à tous les âges de la vie, mais elle + 4 | ordinaire après la quarantaine. Elle s accompagne seuvént de céphalée, de bourdonnements, et d'une certaine, ñerüe des: fonctions de l'esprit. Le SeRSibilité animale de l organe diminue par dégrés, mais rarement jusqu à extinction complète. Il nest pas rare de voir cet. affaiblissement de la sensibilité s’étendre | jusqu’ au pavillon de l'oreille, au point qe en touchant cette partie, dé même que celle où s'épanouissent plusieurs rameaux de la poruon dure, telles que les régionstemporales, sous-mastoïdiennes, et ‘parotdiennes, on n’y réveille qu'un sentiment obtus qui fait dire aux personnes atteintes de cette surdité que tout cela est mort, engourdi. J'ai vu deux fois cet engourdissement porté à un tel point, que les sujets chez lesquels je. l’observai, se MEN irèrent presque insensibles à l'incision. faite aux téguments du cou pour l'application d'un séion. Enfin, cette mort de l'organe s'étend. quelquefois jusqu aux fonctions qui dépendent de la sensibilité organique ; la mémbrane qui. revêt le conduit audiuf ne. secrète plus de cérumen, elle perd son aspect et même son caractère semi-muqueux le Sys-

ième dermoïde ‘envahit en quelque sorte tout. le ‘conduit, et s’ Y montre Couvert d'un épiderme sec ét nèux: Cet état de Poreille externe est le s signe, le plus certain que j'aie pu recueillir de la paralysie essentielle: du nerf acoustique , ainsi qe je l'ai déjà dit. Il est beaucoup de cas où il ne se rencontre point, comme dans la surdité de naissance : ‘mais toutes les fois qu la lieu, on peut le regarder comme une preuve certaine de É mort du sens auditif.

C'est à la cophose dont il est ici question qu al faut apporter celle: quisurvicent dans un âge avancé. Elle s’ annonce avec les mêmes sympiômes, el présente sur-tout celte sécheresse du conduit auditif, telle que je viens de la décrire. Les vieillards ne manquent jamais de regarder ce phénomène comme la cause unique de leur surdité : douce et, consolante méprise qui a le double avantage de-lés flatter de l'espoir de guérir et de déguiser à leurs yeux une dé ces morts alt ge qui les irappent successivement et dont la. dernière n’est que le complément, En général, on ne remar que point “ici ces variations. dans Pintensité de la maladie qu'on rencontre si sou nt dans les autres espèces. Il est des circons..

peuvent rendre momentanément l'ouie moins.confuse; mais ces changements € passagers, et n ‘établissent point une | Ion persistante. Ainsi, par exemple, lorsque le | temps est sec et tempéré les sourds de cette

“espèce, et qui ne le sont pas complétemen ment, entendent sensiblement mieux. Plusieurs Made eux se trouvent ‘également bien de l’action stimulanté de certains “bruits violents tels que le roulement d’une voiture, le bruit des cloches, le son du tambour, ainsi que je l'ai dit en parlant de la surdité en général (1). Mais ordinairement, aussitôt que ces bruits cessent de tenir l'oreille en acuon, cet organe retombe dans sa stupeur habituelle. De là vient que des personnes sourdes entendent mieux que celles qui sont douées d’une ouie parfaite dans l'intérieur d'une voiture emportée avec grand bruit sur un chemin pavé. J'ai été consulté par un grand nombre de personnes afiligées de surdité, qui, étant précisément dans ce dernier cas, ne manquaient pas d'insister sur cette particularité, et d'en tirer pres la curabilité de leur maladie une espér ance que J étais loin de partager. Mais une variaüon plus impor- | tante . qui n’a point été observée par les auteurs , et qui apparent sur-tout à la paralysie essentielle du nerf auditif, est l'augmentation de cette cophose par à les fatigues de l'esprit ou les peines de l'âme, et sa diminution dans les circonstances contraires. qe

Das

La surdité par paralysie a or dinaireme vasion imperceptible, et une marche tr

E : à 2 RS .

(1) Page 8 de ce volume.

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. 327 point que ceux qui en sonl atteints seraient trèslong-temps à s’en apereevoir, si leurs aleniours n’étaient les premiers à les en peéremé: D'abord , et même pendant plusieurs mois ,il n'y a que les sons. éloignés quel oreille ne percoive plus distmetement. De près et même à une distance ordinaire " louïe conserve toute sa finesse. Il n’est pas rare que la surdité en reste à ce premier degré, entretenue par unétat permanent dedébilité nerveuse. Mais le plus souvent, celte débihté n'est que le premier degré de la paralysie, et à mesure que celle-ci se prononce, les sons de moins en moins éloignés ne sont plus perçus que confusément : jusquà ce qu'enfin l'oreille ne puisse plus être frappée que par ceux qui sont émis avec force et netteté dans son voisinage, et sur-lout dirigés vers la conque auditive. Lorsqu elle a suivi une pareille marche , la surdité s'arrête ordinairement À ce point, et reste incomplète jusqu'à l'approche de la vieillesse, époque à laquelle l'ouïe se perd entièrement. En général, cette surdité est incurable; et s'il se présente quelques exceplions, ce n'est cerlainement point dans le cas où se fait remarquer cet aflaiblissement des facultés mentales, et le desséchement du méai auditif, qui annonce l'extinction irrévocable de la wie relative de Vorgane. Mais si la surdité est exempte de ces fâcheux symptômes, si le sujet n’est point avancé en âge, on peut rappeler laudition par les excitants et les forts.

stimulants. Ceux auxquels je donne Ja préférence . sont : le moxa appliqué à plusieurs reprises au pourtour de l'oreille, et sur-tout derrière le condyle de la mâchoire, là où se réunissent plusieurs filets du pe-

üt sympathique; les vaporisations éthérées dirigées dans le méat auditif, et dans l'oreille interne par la trompe d'Eustachi; et l'emploi à l'intérieur de la “fleur d’arnica et des préparations ferrugineuses. Je n'ai pis en à me louer de Péléctricité et du galvanisme que L ai dt, pti: fois dans ces sortes de cas. j ns MU ne FF COXXX VII OBSERVATION. — Dés sait en pension dans une maison d'éducation de. Paris se battaient un matin avec les traversins de leurs: Jits. L'un des deux reçut à la tempe gauche un coup porté de si près , et avec tant de violence, que quoique le coussin ne füt que de plume, l'enfant en resta tout étourdi et dans un état voisin de l'évanouissement. Revenu à li il s'aperçut qu'il n'entendait rien de ce qu’on disait à sa droite. l'oreille de ce côté était , en effet , paralysée. Une saisrée du: pied, les

| sangsues au COU, lesembrocations nervinmes nechan- |

gèrent rien à son état. Il y avait six mois’ que’ cet ‘accident était arrivé quand cet enfant me fn amené. Je ne conséitlat aucun remède et ne récueillis que pour mon instruction Îles renseignements . suivants. Îl me raconta qu'au moment où 1l'avait recu le coup, il lui avait semblé qu'on lui souflait un air

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. 329 extrêmement froid dans l'intérieur de l'oreille et dans ioute la partie droite du cerveau. Comme il ajouta que depuis ce même accident il éprouvait une grande sécheresse dans la narine droite, je voulus m'assurer si lodorat n'avait point souffert de ce côté. En effet, lui ayant fait boucher la narine gauche, et ayant mis sous la droite un flacon d'eau de 1G FE ilne produisit aucune sensation d'odeur : jctrirahsst la vue et le goût n'avaient dune aucune altération. | | On trouve dans les Mélanges des curieux de la Nature, une observation de surdité produite par un soufflet, chez un enfant de treize ans, et qui fut également précédée de la sensation d'un froid très-vif dans l’intérieur du cerveau. Un médecin guérit l'enfant, mais on ne dit pas combien de Fr Fe laihéné RENE CXXXIX"® OBSERVATION. — «€ M. de Fi surintendant de la musique dà roi, actuellement âgé d'environ soixante -quatre ans, d’un tempéra- - ment pituiteux et pléthorique, avait éprouvé un dévoiement, qui avait duré environ six mois. Après environ ‘un ‘égal espace de temps depuis son réta- | blissement, il perdit iout-à-coup louïe au mois de “janvier 1776 ,-sans avoir souffert en même temps d'autre incommodité qu'unefluxion au visage causée par une douleur de dents. Les vésicatoires appliqués à la nuque ne parurent point le soulager,

non plus qu'un auire traitement suivi pendant l’espace de quatre mois de séjour à Paris. | » Au mois d'octobre 1781 , il eut une légère attaque d’apoplexie, suivie d'une infiltration séreuse aux extrémités infériéures , qui se termina au bout de trois mois par un dépôt dans laine droite. Un an après il lui survint une éruption dartweuse. qui lui couvrit les deux bras et différentes parties du tronc, il-en suintait une sérosité abondante, et il n'en fut guéri qu’ au mois de mai dernier.

+ » Le dimanche, 13 février 1709, il éprouva vers midi une certaine difficulté dans la prononciation , et 1 sentit sa tête > pesante, ses yeux fatigués et une inappétence qui ne lui permit pas de diner à à son ordi naire; le soir, la tête fut encore plus prise, et le sidlisle petit sans connaissance; 1l fut ensuite attaqué de plusieurs mouvements convulsifs dans les yeux, la bouche , les muscles dn cou et de la iête, ainsi que dans ceux de toutes les extrémités, avec expuition de la salive, en sorte que. l'ensemble: de ces. symptômes représentait plutôt un. état épilehe tique qu'une attaque. d'apoplexie. Ces convulsions ne durèrent que jusqu’à dix heures du soir, et parurent cesser après unc saignée du pied. | Mais les À autres symptômes subsistant encore, firent re gare. der la maladie comme une apoplexie séreuse, quoi qu'il ne parût aucune difficulté de respirer, ni rés lement, ni changement.dans le pouls ; les men

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF: 991 bres étaient seulement dans un état de stupeur, mais leur mouvement s'était conservé. Immédiatement après la saignée du pied, on appliqua un large vésicatoire à la nuque et des épispastiques aux deux pieds. | F. as ai

» Le lendemain, lundi matin , on répéta la saignée du pied , et on appliqua des vésicatoires aux deux jambes. On essayait en vain de lui faire prendre intérieurement les remèdes convenables, il y opposait une résistance invincible et d'autant plus volontaire, qu'il n’y avait plus de convulsions dans la mâchoire inférieure; on y suppléa si des lavements purgatifs. | » Le mardi, le malade donna des marques de sentiment lorsqu'on pansa les vésicatoires; le soir ïl eut les veux ouverts, la connaissance lui revint un peu , et il prit quelques verres d'eau émétisée qui, à l'aide de plusieurs lavemenis, produisirent des évacuations copicuses. Le mercredi , après avoir été un peu purgé, sa tête se rétablit presque complétement, et il ne lui restait d autres symptômes de sa maladie quæn peu de difficulté dans la prononGiation. Le jeudi, l'état du malade s’améliorait de plus en plus, à cela près que sa mémoire ne Au

retraçait pas assez promptement les expressions dont 1l voulait se servir. Enfin ce même jour, pour la première fois, depuis neuf ans de surdité, 1l recouvra louïe au grand étonnement de tous les as-

sistants, et il les entendit parler d'une manière aussi disuncte que s'il n'avait : jamais été des fonctions de cet organe (th & CXLPE OBSER VATION. — Madame Märe Rd âgée de trente - neuf ans, douée d’une santé ro= buste ; d'un tempérament sanguin, régulièrément ct abondamment menstruée, était sujette depuis trois ans à des vomissements spontanés d’une pituile visqueuse et lésèrement acide. Cette évacuauon avait heu ordinairement tous les quinze ou vingt jours. Quand elle se supprimait, l'appétit se perdait et les digestions devénaient laborieuses jusqu'à ce que l’administrauon d'un vomitif eût débarrassé les premnères voies; mais ces. vomissements provoqués par lart ne produisaient pas le mème effet. que ceux qui survenaient spontanément. Immédiatement après ceux-ci madame Mar... recouvrait ses forces, sa santé, sa fraicheur, et pouvait de suite se livrer à à son appétit, au. lieu qu'après les vomitifs elle restait pendant plusieurs jours languissante , dégoütée et considérablement fatiguée. Bepuis six mois il sejoignait à ces fréquents dérangements d'estomac une surdité incom= plète que rendait sur-tout très-incommode un violent bourdonnement. L'une et l’autre de ces Incommodités disparaissait aussitôt que les vomissements

(+) Marrigues ; Gazette de santé; 1585.

soit spontanés , soit provoqués, avaient eu lieu. Mais comme le rétablissement de l'estomac, par l'effet de ces évacuations, n'était pas de longue durée, il en résultait que cette dame était sourde à - peu - près. pendant la moitié du mois.

Consulté sur cetie incommodité, je sentis qu'il fallait prévenir l'engouement glaireux. dont le Système digestif avait, en quelque sorte, contracté l'habitude : l'usage journalier des. eaux de Sekz, ainsi que de la magnésie unie au quinquina pris avant les repas, à la dose de douze grains, pourvut à cette indication d’une manière si prompte et si efh-

cace, que pas une seule fois depuis cette dame n’a éprouvé le moindre embarras gastrique , ni aucun symptôme de surdité. St à CXLIT,0BSERVATION.. — Madargé: Brechd ; âgée, de 43 ans, douée d'une constitution Pre et d'un tempérament sanguin , était tourmentée ,

depuis quelques. MOIS. qu elle avait cessé d'êure ré

glée, de plusieurs inco mmodités amenées par cette époque critique, et entre autres d’une dyspepsie des plus fatigantes. Les digestions étaient d’une extrême lenteur, et accompagnées d’ <ractaionafréquentés et d unballonnement de bas-ventre, tel qu'on l’eut prise dans ces moments pour une femme grosse de quatre ou cinq mois. En même temps ilsurvenait un violent bourdonnement dans les oreilles , l'audition devenait confuse et même douloureuse, pour peu que

les sons de la voix s'élévassent au-dessus du diapazon ordinaire. Aussitôt que la digestion était finie les bourdonnements cessaient, et l’ouie reprenait toute son intégrité. Les stomachiques unis aux absorbants avaient fait disparaître plusieurs fois tous ces symptômes, mais seulement pour une ou deux semaines, ce qui fit donner au médecin le conseil d'attendre de la fin de l'époque critique la guérison de cetté espèce de surdité intermittente, mais peu-à-peu les intervalles devinrent plus courts et moins re dé sorte que dans vingt-quatre heures, il n’y avait que les deux ou trois beures qui précédaient les repas, pendant lesquelles l'audition fut plus où moins nette. Dans les autres instants de la révolution diurne, et sur-tout pendant la nuit le bourdonnement était intolérable et la surdité presque complète : ce fut alors qu'on m'adressa sur cet état un mémoire à consulter. Quoique cette surdité me parüt, comme au xp traitant, üne suite d'épiphénomènes attachés à époque ps # cessation dés SERRES ès ne pi P pas € co L

pr cetté € époque. Murs si a rdité

symptomatiques subsister après la: disparition de V'affection principale, que je regarda comme trèsdouteuse la guérison spontanée de celle-ci. Je nv'attachai donc à recommander de revenir aussi SOU» vent qu'il serait nécessaire à l'émploi des évacuants

et des stomachiques, de remédier à la fatigue de la digestion par des aliments légers et peu copieux : de pratiquer une petite saignée, d'abord tous les trois mois pendant un an, et ensuite de six en six mois jusqu'à la quatrième année ; et enfin, d'appliquer et À tant “ha durerait cette aies $

ds évaéuantii bupnerà üne nourriture Mages “er de sorte qu'on h'eut pas même recours. an ‘autres moyens proposés. "4 é

CXLU" opsenvaTioN. — Un pt à ds de soixante ans , doué d’un tempérament bilioso-nerveux , be d'hypochondrie depuis dix’: = hunt MOIS ; avait par suite de cette maladie éprouvé un affaiblissement considérable dans ses facultés digestives. Langue continuellement pâteuse ; excrétion série: d’une salive acide , éructations, borbo rÿgmes , ballonnement de last à nécessité de varier au moins chaque semaine Kpobinie de ses aliments, qu'il Jui devenait impossible de digé rer sans ces fréquents changements. Le dérange- “né, du système gastrique avait été suivi d'affaiblissement de la vue, de bourdonnements et de surdité incomplète. dise ‘incommodité était plus intense pendant Ja. nuit, et après les repas que Je matin , et dans l’état de vacuité de l'estorae. A dif-

336 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE If, CHAPITRE XVI.

férentes époques, pendant etavant l'affection hypochondriaque, quelques hémorrhoïdes s'étaient montrées, mais sans vive douleur, et sans écoulements muqueux ni sanglant. Gette circonstance me fit penser que la surdité tenait à une pléthore locale et Je prescrivis l'application des sangsues au fondement. Ce moyen fut plutôt désavantageux qu’uile; l'estomac parut en avoir été plus affaibli, et la surdité, ainsi que les bourdonnements notablement augmentés. Mais comme j'avais prescrit avec la saignée, et pour remplir la même mdicauon , lusage des pilules aloëtiques, cet ecclésiastique, qui demeurait à quelques lieues de Paris, malgré le peu de succes du premier moyen, n'en eut pas moins recours au second avec une entière confiance. Heureusément les pilules au lieu de provoquer un travail hémorrhoïdaire, comme je me l'étais pro-

posé ; agirent comme: purgatif. Les évacuauons qui en furent le résultat délivrèrent presque imme= diatement les oreilles des bourdonnements, et diminuèrent la surdité. Ce premier succès ne se dément point; de nouvelles purgations opérées par les mêmes püules débarrassèrent complétement l'estomac et la tête, et rendirent l'ouïe à son état na= turel. Cette guérison ne se soutint que pendant onze mois : au bout de ce temps les symptômes de

l’hypochondrie s'étant. fortement exaspérés, les diges-

- tions languirent de nouveau, les: bourdonnements

| DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF... 337 reparurent avec la surdité. La vue déjà très-affaiblie fut encore troublée par l'apparition fantastique de petits fantômes lumineux qui rendaient éblouissants les corps soumis à la vision, et se présentaient mème quelquefois dans les lieux les plus sombres. Privé ainsi du libre exercice de la vue et de louïe, cherchant en vain le silence et l'obscurité pour s’y soustraire àdes bruits étourdissanits, et à.des éblouissements de lumière non moins fatigants, ne pouvant par les mêmes causes recourir aux consolations que fournissent aux valétudinaires le commerce: de l’amitié, la lecture des livres et la contemplauüon de la nature, ce malheureux ecclésiastique, soit par une dégénérescence assez ordinaire à Vhypochondrie, soit par le sentiment profond et prolongé de sa déplorable situation, tomba dans la mélancolie maniaque , et prit la vie en horreur. Peut-être eût-il cherché à s'en délivrer si l'excès de ses maux n'en avait naturellement amené le terme. Il mourut queiques mois après dans une de nos provinces méri= dionales , où il avait été appelé, et emmené par un - de ses parents. C'était un de ses neveux dont il avait soigné l'enfance, et dirigé la première éducation. Ce brave jeune homme réduit par les malheurs des temps à une fortune des plus médiocres, joignit ses propres économies à un peu d'argent quil emprunia, et fit à pied, et à peu de frais, un voyage de deux cent cinquante lieues , afin de prodiguer à son

oncle toutes les commodités de l’opulence. Le succès aurait dû couronner des soins aussi touchants. CXLIIL"® OBSERVATION. — Evélina Chollet, jeune enfant âgée de six ans, douée d’une santé parfaite , de beaucoup de fraicheur et d’embonpoint, mais très-encline à la gourmandise, et ga tée par les domestiques de sa mère qui la faisaient souvent manger en cachette , même après les repas, s'éveilla un matin presque entièrement sourde, quoiqu’elle n’eüt eu le soir en se couchant aucun symptôme de cette incommodité. Comme cette enfant était très-colorée, et qu’elle se pläignait en même temps de mal de tête, le médecin de la maison fit appliquer des sangsues derrière chaque oreille. La surdité persista pendant trois jours, au bout desquels elle disparut complétement pour se reproduire de nouveau le surlendemain maun. Pendant plusieurs jours on remarqua de semblables alternatives, pour lesquelles on se contenta de prescrire des pédiluves et un vésicatoire derrière chaque oreille. Cependant la surdité paraissait tendre à devenir continue , elle persistait souvent à un même degré pendant des semaines entières et ne disparaissait que pour quelques moments; c'est alors que je fus consulté. En voyant le teint fleuri et égal de cette jeune fille, je fus loin de soupconner que la cause de son incommodité pût être dans l'estomac; mais l’ayant placée irès-près de moi pour regarder ses oreilles au soleil,

je sentis s’exhaler de sa bouche ‘éme espèce d'odeur fade et acide qui n'appartient qu’à la présence des vers et qu'on reconnaît si bien quand elle a frappé une seule fois l'odorat. N'en voulant pas moins m'assurer de l'état du conduit et de la membrane, et n'y ayant rien aperçu qui püt rendre raison de la surdité, je crus pouvoir annoncer qu'elle tenait à la présence des vers, et que leur expulsion rétablirait infailliblement l'audition. Je prescrivis en conséquence de donner chaque matin six grains de mercure doux, et je recommandai de faire prendre par-dessus une panade légère. Le soir du troisième jour de l'administration de ce vermifuge, cette enfant rendit six gros lombrics par le fondement, et le lendemain en s'éveillant elle en vomit deux qui étaient encore vivants. Avant que la première des deux évacuations eût eu lieu, et dès le matin même Vouiïe s'était tout-à-coup rétablie. Je conseillai néanmoins d'aller jusqu’à la sixième dose de mercure doux. On obtint encore la sortie de trois autres lombrics et d’une grande quantité de ce déiritus intestinal qui accompagne l'expulsion de ces animaux. Jamais depuis l'ouïe n'a éprouvé aucun autre dérangement.

CXLIV®® OBSERVATION. — « Une demoiselle âgée de douze ans, blonde, sujette dès son enfance à des affections vermineuses , tomba tout - à - coup dans le délire; en même temps pâleur du visage,

9406 DEUXIÈME PARTIE , LIVRE 1, CHAPITRE XVL. perte de l'appétit abattement , pupille dilatéc. D'abord on s’inquiéta peu de ce délire, parce qu 5 est ordinairement, chez cette jeune personne, l'effet d'une légère altération gastrique; mais on en fut très-alarmé dès qu'on s’aperçut qu'il persistait malgré les évacuanits. L'opinion des gens de l’art était . partagée sur le caractère de cetie maladie, que les uns regardaient comme une fièvre ataxique, et les auires comme une aliénation. Appelé dans cette occurrence, je. crus reconnaître les signes d’une affection vermineuse. On admit mes conjectures et un anthelmintique administré sur-le-champ, fit rendre à la malade une De quantité d'ascarides et de lombrics. | » Six semaines après sa guérison cette demoiselle devint aveugle. Comme on ne soupconnait d'autre cause dé cette cécité, que la présence des vers dans les intestins, on la traita avec le même succès par les ant Ras » Enfin, à des intervalles à à-peu-près es à ce sn elle devint successivement folle, aveugle, sourde, muette. Ces difiérentes attaques, dépendantes de la mème cause, furent traitées avec le même avantage par les anthelmintiques , sans doute jusqu'à . l'évacuation totale du foyer vermineux (1). » .. CALV®® OBSERVATION. — Un enfant, âgé

Et

(:) Giraudy; Rec. périod, de la Soc. de méd. , tom. 21.

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. JAI de onze ans, d’une consütution molle et débile , présentant tous les signes d’une diathèse. scrofu« leuse très - prononcée, fut atteint d’une surdité presque subite de l’une et de l’autre oreille, le lendemain d’un jour où il s'était exposé la tête nue; à l'impression froide et humide d’une soirée d'au tomne. Après quelques jours l’ouïe se rétablit spontanément, mais seulement pour vingt-quatre heures, au bout desquelles la surdité revint plus intense encore qu'auparavant. En même temps l'appétit se perdit, et cet enfant qui avait ordinairement un teint irès-fleuri devenait par moments d’une pâleur effrayante. Il fut purgé deux ou trois fois et soumis pour sa surdité à des vaporisations ar omaliques qui n'eurent aucun effet. Les purgaufs parurent rétablir l'appétit qui présenta cependant, ainsi que le facies, de fréquentes irrégularités. Il survenait parfois une diminution considérable de la surdité , mais ce mieux n'était que momentiané, et n'allait jamais jusqu'au rétablissement complet de l'audition. On crut S’apercevoir d’une diminution dans l’excrétion nasale, et ce symptôme joint à la circonstance de ou de l'enfant à lair froid, la veille de l’'invasion de sa surdité, firent présumer que cette incommodité était de nature catarrhale. On appliqua un vésicatoire à la nuque et l’on frictionna la tête avec des flanelles i imprégnées de vapeurs aromatiques. Ces nouveaux remèdes furent aussi in-

fructueux que les précédents. On parlait beaucoup alors des merveilles de la perforation; on la conseillæ, et je fus consulté à ce sujet. Les variations de la surdité qui d’ailleurs était incomplète, son peu d'ancienneté, les symptômes d’embarras gastrique dont elle était toujours accompagnée, l'état satisfaisant de la membrane du tympan qui conservait toute sa transparence, la Hbre ouverture de la trompe, qui me parut bien démontrée d'après l’épreuve de lexpiration , me firent regarder ce moyen comme étant au moins inutile. Je conseillai de recourir aux purgatifs, choisissant de préférence les aloëtiques , unis aux préparations mercurielles, à cause de la disposition scrofuleuse. On suivit mon avis, on donna chaque matin des pilules dans les-. quelles entraient trois grains d'aloès soccotrin, et , quatre grains de muriate de mercure doux. Ge purgauf après avoir produit des évacuations ordinaires, provoqua au bout de quelques jours l'issue de plus de douze lombrics, dont quelques-uns étaient encore vivants. Dès la veille même de leur expulsion, | l'ouie s'était tout-à-coup presque complétement rétablie.

CXLVI®® OoBsERVATION. — Phihbert Isnard,’ fils et neveu d'un père et d'un oncle morts d'apoplexie. dans un âge peu avancé, éprouvait depuis l’âge de 30 ans des maux de tête presque continuels ; plus in=) tenses à droïte qu'à gauche, des éblouissements, des

vertiges qui pendant long-temps ne s'étaient fait sentir que de mois en mois, à l’époque de chaque nouvelle lune, et qui avaient fini par être continuels, redoublant néanmoins périodiquement à l’époque qui marquaitauparavant leur retour. Deux ans après que la céphalalgie se fut déclarée, l’ouie commença à s'aflaiblir et finit par être presque complétement anéantie vers l’âge de trente-six ans. La vue éprouva également à cette époqué une grande débilité, compliquée d’une telle sensibilité de la rétine que cet homme ne pouvait fixer attentivement un objet quelque peu éclairé qu'il füt, sans ressentir de vives douleurs au fond des orbites, et sans avoir les yeux inondés de larmes. En même temps aussi s’affaiblirent les facultés intellectuelles et paruculièrement la mémoire. Dès lors cet homme qui jusque-là n'avait cessé de pleurer son sort, et la cruelle impossibilité où il était de continuer la pro- . fession d’orfévre qui le faisait vivre lui et sa famille, ne soccupa plus de son malheur, et tomba progressivement dans une sorte d’apathie léthargique d’où il ne sortait que pour prendre ses repas, auxquels il apportait un appétit extraordinaire. Quoiqu'il fût presque continuellement assoupi, il dormait peu et toujours fort légèrement, ce qu'il attribuait aux maux de tête dont il était tourmentk. Tel était son état lorsque je le vis pour la première fois : il avait alors quarante-deux ans, et il y en avait dix qu'il

34 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE 11, CHAPITRE £vr.

était sourd. L’oreille examinée an soleil ne m'offrit aucune apparence de lésion morbifique; les yeux paraissaient également sains. On remarquait seu

lement que‘le globe était prodigieusement enfoncé dans l'orbite, et que son volume n’était point en pro portion avec la capacité de cette cavité. La femme du malade m'assura, en effet, que ses yeux s'étaient

visiblement rapetissés. Le pouls était très-lent , l'embonpoint peu diminué et l’état des forces en général assez satisfaisant. On avait déjà employé Sans aucun soulagement les vésicatoires à la nuqué

€t'au bras ; plusieurs saignées du pied, Papplication des sangsues au cou, les eaux minérales artificielles de Barèges, en bains et en douches. La nature des

Symptômes , l'inefficacité des remèdes me détour nèrent de toute tentativé de traitement. Je regardai cet état comme incurable, et je ne cachai point mon opinion à la famille de cet homme. On prit alors le parti de l'emmener à la campagne, à deux petites lieues de Paris. Il ÿ était depuis six mois,

quand à la suite d’un souper trés-copieux it ressentit de grandes nausées et beaucoup de difficulté

à respirer. Une femme de ses parentes qui se trouvait auprès de lui dans ce moment, l'ayant quitté un instant pour aller lui faire chauffer de l'eau, le

irouva à son retour renversé au pied du lit sans sentiment ni mouvement; il était mort : le cadavre ne fut point ouvert. | Fe

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIÉ DU NERF. 8/5 CXLVIL® oBSERVATION. — Madame Galet, âgéc de trente-six ans, régulièrement menstruée, douée d'un tempérament die et d'une santé qui n'avait jamais éprouvé de dérangement grave, s'aperçut à l’âge de 30 ans d’un léger affaiblissement dans le sens de l’ouïe, sans qu’elle ressentit néanmoins ni otalgie, ni bourdonnements , ni céphalalgie, ni aucune autre espèce d'incommodité. Peu-à-peu la surdité augmenta , mais de telle sorte que les pro grès de la maladie se marquaient de mois en mois par l’impossibilité de distinguer les sons de moins en moins éloignés : car pendant les quatre premières années celte dame paraissait jouir d’une audition des plus fines dans une conversation tête à tête. Ces progrès étaient tellement gradués, , qu'elle avait en quelque sorte asdeailé ce que son At devait perdre à la fin de chaque année, de chaque mois. À l'époque où elle. vint me consulter, en 1804, il \ avait six ans que sa maladie avait commencé, et elle s'était accrue au point qu’elle n’entendait plus qu’au moyen d'un cornet, si ce n’est quand elle était en. voiture, où son ouïe acquérail momentanément un certain rar de finesse. Depuis quelque temps elle avait beaucoup maigri par le dérangement de ses digestions, ce qu elle attribuait avec beaucoup de vrasemblance au chagrin que lui causait son état. En examinant le conduit auditif au soleil »Je n'y trouvai ainsi qu'à la membrane rien de ot

si ce n'est un état de sécheresse très-visible. Madame G.... m'assura à ce sujet que, même quelque temps avant sa surdité, ses oreilles s'étaient ainsi desséchées, au point qu’au lieu de sentir comme auparavant quelque chose d’onctueux quand elle y introduisait l'extrémité de son petit doigt, il lui semblait au contraire, par le bruit même qu'elle entendait, que son oreille était doublée de parchemin. D'après tous ces Symptômes, et plus encore d'après l'absence’ de beaucoup d'autres, Je regardai cette surdité comme causée par la paralysie du nerf labyrinthique, et je ne portai qu'un pronostic trèsdéfavorable.

Mon opinion ne put cependant détourner cette dame d’enireprendre un traitement et de réclamer mes soins. Je commençai par l'emploi du galvanisme. Ce moyen, qui Jouissait alors d'une grande faveur , quoique continué pendant deux. mois, n'eut aucune apparence d'efficacité, et ne produisit d'autre effet que de déterminer à deux ‘ou trois reprises une violente otalgie et un accès d'hémicranie à la suite de chaque séance. J'avais cherché en même temps à rétablir les forces de l'estomac, et j'y avais réussi par l'usage des eaux de Seltz et d’une infusion de bois amer de Surinam, ce qui n'avait en aucune manière diminué la surdité. Le succès qu'ont eu quelquefois des vomiufs répétés dans le traitement de la goutte sereine m'engagea à essayer de cette

espèce d’excitant dans la paralysie de l'ouïe : mais n'ayant rien obtenu de six prises d'émétique données dans l’espace de quinze jours, je ne crus pas devoir insister plus long - temps sur cette méthode de traitement. Après plusieurs autres moyens également infructueux, je me rappelai avoir employé avec un succès inespéré les préparations ferrugineuses à haute dose dans une hémiplégie déjà ancienne, et je me décidai à en faire l'essai. Je prescrivis en conséquence un gros de limaille de fer préparée, à prendre chaque jour par paquets de vingt-quatre grains, avant chaque repas. L'effet général de cé médicament se marqua d’abord par une plénitude du pouls, une sorte de chaleur dans la tête , particulièrement à la région frontale, et une constipation très-opiniâtre à laquelle on obviait par des lavements. Un autre phénomène qui ne se présenta que plusstard, mais que j'avais également observé chez un hémiplégique, fut une vive coloration ou plutôt un véritable rembrunissement de la peau. Au bout de six semaines de l'usage de ce métal, il nous parut bien démontré que la surdité était sensiblement diminuée. Au bout de deux mois cette dame pouvait entendre, sans l'office de son cornet, la voix de son mari, pourvu qu'il lui parlât très-haut et trèsprès de l'oreille. Enfin, d’autres progrès ultérieurs vers le bien la mirenten état de pouvoir converser tête ätête, mais à une distance à la vérité très-rapprochée.

948 DEUXIÈME PARTIE » LIVRE TI, CHAPITRE xv1.

Une fois parvenue à ce point l'amélioration de l'one parut être stationnaire, Je Proposai alors d'aider à l'effet des poudres ferrugineuses, par l'application du cautère actuel sur l'apophyse mastoïde. Cette dame, dont le Courage se trouvait soutenu par le mieux qu'elle avait déjà éprouvé, n'hésita pas un seul instant. En conséquence je fis derrière chaque oreille par l'application d’une uge de fer rougie , terminée par un bouton de la largeur d'un centime, tune CScarre trés-épaisse qui ne se détacha qu'au bout de quinze à Vingt Jours : en même temps j'augmentai la dose de la limaille de fer, que je portai jusqu’à un gros et demi par jour. Ce médicament , sans augmenter les évacuations menstruelles, pro: voqua cependant plusieurs peutes hémorragies nasales qui élaient constamment suiviés de la disparition de la chaleur du front, mais qui ne paraissaient influer en rien sur le progrès de la guérison. Enfin soit par l'effet de cette augmentation dans les doses de ler, soit Par suit: du travail inflammatoire qu’en traina la Cautérisation, la surdité éprouva une diminution rapide, au point qu’à table et dans un salon cette dame POuVait, non pas suivre une conversauon générale, mais entendre les paroles qu’on lui adressait à ‘voix ordinaire, à la distance de sept à huit pieds, et que placée à l'orchestre elle put jouir de nouveau du plaisir du spectacle, dont elle était

rivée depuis trois ans. Cependant il resta un cer». privée dep P

nn nn CE ECS

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DÜ NERF. 349 iain degré de surdité qui résista aux remèdes, et que nous ne cherchâmes pas plus long-temps à dissiper, parce que réduite à ce point, cette infirmité n'avait plus rien d'insupportable.

CXL VIII" OBSERVATION. Une religieuse, âgée de quarante-huit ans, EnCore menstruée, douée d’une faible constitution et sujette à différentes affections nerveuses, élait devenue sourde depuis six ans, quand elle vint me consulter; c'était au mois de mai de l'année 1815. Son infirmité avait &é précédée par des vertiges , par des bourdonnements qui imitaient touies sortes de bruits , par une exaltation morbide de la sensibilité du sens auditif, au point que les bruits violents, et même quelques espèces de sons affectaient douloureusement son oreille. Les phénomènes acoustiques, qui s'étaient développés au milieu des chagrins que cette dame avait essuyés , avaient été suivis d’une cophose, qui, soumise à la même influence, angmentait ou diminuait avec les peines morales auxquelles cette religieuse était en proie. Aussi se trouvait - elle à cette époque plus sourde que jamais, par suite des événements poli ques qui, en compromettant la liberté et la vie d’un de ses frères, étaient venus mettre le comble à ses chagrins Elle éprouvait en outre par intervalle de légers mouvemenis convulsifs dans les muscles de la figure et du CO, avec une vive irritation des glandes salivaires, qui fournissaient une abondante

390 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE Il, CHAPITRE XVI.

sécrétion de salive visqueuse ét salée. Je jugeai à propos de ne rien entreprendre contre la surdité , que cet appareil de phénomènes nerveux n’eût été préalablement dissipé par un traitement approprié, et plus efficacement encore par des événements favorables, qui ne pouvaient manquer d'améliorer très - prochainement la situation de cetie dame. Cette espérance s'étant réalisée, l'effet des remèdes fut plus assuré et plus rapide, Les mouvements spasmodiques de la figure et du cou se calmèrent, la salivation tarit, et bientôt il ne resta plus que la surdité à traiter. Je n’osai cependant pas me flaiter d'être beaucoup avancé dans la guérison de cette infirmité, persuadé qu’elle avait sa cause dans une débilité de la partie sentante de l'organe. J'employai d’abord les fumigations aromatiques dirigées dans le conduit auditif, les bains d’eau ferrugineuse, les douches sur la tête avec la méme eau, mais à une température beaucoup plus basse. Ces moyens produisirent peu de bien. Sans doute on aurait pu en retirer davantage de la fumée de tabac soutirée d'une pipe et refoulée vers la trompe d'Eustachi; mais faute d'adresse, et par l’aversion que devait naturellement inspirer à une religieuse l'usage cavalier de la pipe, ce moyen ne put être tenté. J’eus alors recours à la sonde à travers laquelle je dirigeai de l’éther en vapeur dans le conduit guuural de l'oreille, avec l'appareil et de la manière indiqués

DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. 5DI ci-dessus. J ‘employai chaque fois trois gros d’éther acétique. Au bout de dix - huit ou vingt jours les bourdonnements étaient à-peu-près apaisés et l’ouïe sensiblement améliorée; j'insistai sur le même moyen que Je rendis plus actif en faisant infuser des feuilles de rue dans l’éther. Je soumis l'oreille externe à une pareille vaporisation , en plaçant le conduit audif au-dessus du goulot d’une longue fiole, contenant deux ou trois gros d'éther, et plongée dans l'eau chaude. Cette application avait lieu le soir, et celle que je dirigeais moi-même , au moyen de la sonde, dans la matinée. Au bout d'un mois le bien obtenu par les vaporisations éthérées était si considérable que cette dame, qui auparavant ne pouvait entendre qu'autant qu'on lui parlait dans l'oreille, très-lentement et à très-haute voix, conversait librement, sur un ton de voix ordinaire, mais dans Je tête-à-tête seulement. Dans un cercle un peu nombreux, au milieu de l'entretien simultané de plusieurs interlocuteurs , ou quand des bruits venaient à se mêler à la voix, l'audition était confuse et demandait une attention très-fatigante. Il ne me fut pas possible de faire disparaître ce reliquat de la lésion du sens auditif, Mais quoique la guérison soit restée mcomplète, le bien qu'on a obtenu s’est maintenu constamment, ce qui est an résultat fort rare dans les guérisons incomplètes des névroses acous- Uques. | |

AV ré AVR AV AU AU LL LARAR AAA A A A A AAA AAA UE AAA LV CHAPITRE XVIL De la surdité par pléthore.

L'érar pléthorique des vaisseaux sanguins de l’encéphale et de l'oreille est une cause des plus fré- quentes de la surdité , soit que cette pléthore soit purement locale, soit qu “elle tienne à une plénitude générale du système sanguin ; différence qui est pourtant essentielle, et qui en établit une trèsgrande dans le traitement, et dans le pronostic.

Plusieurs symptômes sont communs à l’une et à l'autre des deux variétés qui en découlent. Les plus ordinaires sont une céphalalgie presque coniinuelle , des vertiges , des éblouissements , des tintements, dont on rapporte le siége , tantôt dans le cerveau, tantôt dans les oreilles ; angmentation de tous les symptômes ainsi que de la surdité par une température chaude, par un régime excitant, par la course, par Rd dans le lit , Par tout mouvement, toute situation horizontale , Qui favorise l’a= bord ou le séjour du sang dans # vaisseaux de la tête, On la rencontre plus ordinairement dans le jeune âge, souvent aussi à l'approche dela quarantaine, chez les personnes tourmentées d’un iravail

hémorrhoïdal, chez les femmes irrégulièrément menstruées, ou qui ont cessé de l'être, de très-bonne heure. Cette surdité est souvent précédée, et même quelquefois accompagnée d’une exaltation de la sensibilité de l’organe, laquelle rend douloureuse la perceptüion de certains sons aigus , ou seulement un peu trop forts; de sorte qu’il n’est pas rare de voir des sourds de cette espèce ne pouvoir entendre les sons qui se trouvent trop haut ou trop bas.

Les différences qui séparent la surdité par pléthore locale, d'avec celle qui dépend d’une pléthore générale, sont les mêmes que celles qui servent dans la pratique à distinguer ces deux espèces de pléthores du système sanguin. Îl est cependant trèsimportant de faire observer que la plénitude du pouls, qui annonce ordinairement un état pléthorique de tous les vaisseaux, n’est ici qu'un signe assez équivoque; car dans toutes les congestions sanguines de la tête, l’état du cerveau donne de la dureté et de la plénitude au pouls. :

Ces signes n'étant donc d'aucune ressource pour: le diagnostic, il faut étudier avec soin ceux qui par leur ensemble peuvent servir à établir la différence de ces deux espèces de surdité.

Si outre les symptômes que je viens d’énoncer, la personne atteinte de cette maladie est forte , jeune, d'un tempérament sanguin, ou bilioso -Sanguin ; si elle a été sujette à des hémorrhagies qui se sont

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