‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 4)Chapitre 17 sur 47 · III. Otite interne catarrhale · texte numérisé non relu

III. Otite interne catarrhale

Dès le début de l’inflammation, douleur tensive dans limniérieur de l'oreille, augmentant par la percepuon des bruits etpar la masücation ; bourdonnemenis ou hémicranie, sifflements douloureux; céphalalgie. qui’ fait dire au malade qu'il a un dépôt dans la tête ; perte du repos et du sommeil , si Pinflammation est intense; pouls dur, fréquent et vite, fébrile; yeux rouges, sensibles à une vive lumière; quelquefois démangeaison incommode dans le fond de la gorge vers l'orifice de la trompe d’Eustachi ; engorgement des amygdales ; crachats épais , desséchés , quelquefois sanguinolents et détachés avec beaucoup de peine de l'arrière-bouche ; sécheresse de la membrane pituitaire , et toujours surdité complète. Jusque-là nulle différence entre lotite interne et l’otite externe , si ce n'est dans l'intensité des symptômes, différence qui, comme l’on sait, est insuffisante pour établir dans la pratique une distinction bien prononcée entre deux maladies analogués, D'ailleurs dans'le cas qui nous occupe, lorsque l’inflammation de l'oreille interne est très-

modérée , cette différence qui se tire de l'intensité des symptômes , ne peut plus être donnée comme signe caractéristique. Îl faut donc s'attacher à indiquer des signes indépendants du degré de la maladie. Is se tirent de l'état du conduit auditif, qui , examiné à la lumière solaire, parait dans son état naturel (à moins qu'il ne participe à linflammation) ;

de la durée de la douleur qui, dans l'otite externe

est promptement suivie de lexcrétion RE purulente , et qui, dans l'oute interne , se. prolonge pendant plus d’une semaine , sans être suivie d'écoulement ; enfin de la manière dont s'annonce cet nénfodin Tout-à-coup une matière liée, mélée de stries sanguinolentes, se fait jour au dehors, par la rupture de la membrane du tympan, et coule abondamment sans avoir été précédée par aucun suintement séreux. I résulte de à, que tout écoulement de l'oreille, qui s’est établi par le conduit auditif d'une manière prompte et explosive, suppose l'ouverture de la membrane du tambour. Quoique cette perforation établisse nécessairement une communication directe entre l’arrière-bouche et le conduit audiuf, il est très-rare , lorsque l’écoulement est abondant , que le mucus remplisse la caisse et engoue la trompe d'Eustachi, que l'air expiré puisse se faire jour par loreaille, et que les liquides injectés dans cet organe pénètrent dans l'arrière - bouche. D’autres fois la matière excrétée

prend son issue par la trompe , soit peu - à - peu et à fur et mesure qu'elle se forme, soit tout-à-coup et par une sorte d'irruption. Dans ce premier mode d'écoulement, il n'y à guère d'autres symptômes qu'un crachotement contünuel de matière muqueuse , quelquelois d’un goût désagréable , et souvent assez tenace , sur - tout le matin , pour ne se détacher du fond de la gorge qu'avec beaucoup de peine, et par une sorte de reniflement. Dans ce cas les symptômes de la maladie se réduisent à ceux qui dépendent du plus où moins d'étendue de la poruüon enflammée de la membrane muqueuse du tympan, ce qui rend cette affection catarrhale beaucoup moins douloureuse que lorsqu'il se joint aux symplômes de la phlegmasie, ceux qui tiennent à l’accumulation du mucus dans la cavité de l'oreille interne. Dans le second cas, c’està-dire, lorsque la matière catarrhale ne peut se faire jour par la trompe d'Eustachi, qu'après une sorte de rétention plus où moins prolongée , et d’accumulation plus ou moins considérable, le malade rejette tout-à-coup une assez grande quantité de matière puriforme, quelquefois sanguinolente, qu'il sent couler dans l’intérieur de la gorge avec un chatouillement etun embarras, qui lui causent souvent une toux fort incommode.

On serait tenté de croire qu'au moyen de cette ouverture naturelle , par laquelle la cavité tympa-

DE L'OTITE. ; 179 nique communique au fond de la gorge, il doit y avoir une libre issue pour toutes les matières muqueuses , et même purulentes, qui s'amassent dans cette cavité. Rien n’est moins ordinaire cependant que ce mode d'évacuation; et pour une fois que je l'ai vu s’opérer , j'ai vu plus de dix fois le mucus se faire jour, par le conduit auditif, à travers la membrane du tympan. Il est à croire que linflam= mation , en s'emparant de ces parties engorgées , épaissit la membrane qui tapisse la trompe d’Eustachi , au point de boucher entièrement ce conduit; ou même que, sans cette inflammation , il suffit d'un peu plus d’abondance ou de consistance dans le mucus pour amener le même résultat.

Il n’est pas rare de voir le produit, soit purulent, soit muqueux de Potite interne, se faire jour au dehors, par la perforation de lapophyse mastoïde. Ce mode de terminaison, qui suppose nécessairement la carie du temporal , se présente assez souvent à la suite de l’otite interne critique ou métastatique.

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