‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 35 sur 61 · CD · texte numérisé non relu

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plrises de voir tant jde ptis, et pouvaient à peine en supporter l'odeur. Quoique j'eusse perdu l'odorat elle m'infectait.

Dans les efforts que je faisais pour vomir, je sentais descendre le pus des fosses nasales dans le gosier ^ dans le nez; le vomissement passe, je pris quelques tasses de thë, et un lavement. Sitôt que je l'eus -rendu, je m'endormis tranquillement jusqu'au matin. A mon réveil je me trouvai beaucoup mieux que je n'avais ëtë jusqu'alors. Il me semblait que je respirais un auitre air , et que j'étais dégagé de tous mes «aux. Aussi , depuis ce jour, il n'a plus été question de maux de tête, ni de grimaces, ni d'écoulement de pus, ni même d'aucun des accidents qui m'avaient si violemment tourmenté. L'odorat s'est ensuite ré- , tabli) j'ai répris mon embonpoint, mes forces et ma vigueur. D ne m'est resté' qu'une espèce d'engourdissement intérieur, dans l'étendue du pariétal gauche, qui m'incomumode peu (l). »

XXIX"*® OB&'e^KVATiajf.Otorrfiée purulente scro^ fùleuse. — Joséphine Gamier,fiïle de boutique, âgée de vingt-cinq ans, ayant eu en diverses circonstances des engorgements scrohileux et des ulcères de la même nature au cou et sous le menton y vintmè consulter au mois de janvier 1806, pour

(1) Le Blanc 9 chirurgien 'i\ Orléans ; ancien Journal de médecine, vol. 17.

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un écoulement et une surdité incomplèlerde FofeîUf droite. EUe me raconta qu'elle avait eu ahemaûver ment, ou des croûtes à la tête, ou des glandes «^ cou, jusqu'à l'âge de dix-sept ans^ époque ou ses règles avaient paru pour la première ibîç; qu'aloil ayant été délivrée de Tune et de l'autre die jces ^na affections, elle avait été incomiyiodée d'un écouler ment par l'oreille droite ^lequel, après avoir duré sif semaines, avait disparu tout-â-coup ^ans aucune suite fâcheuse, et s'était établi de npfiveaii six -CHUS après , pour disparaître de même que^ prenûèie fois; que plusieurs autres récidiva avaient succède^ cett^ première , mais toujours san$ douleur et sans diminution bien notable dans les lbnction3 de Vovk^ et que ce n'était que dans la dernière fluxion^ qui durait depuis un an , qu'elle avait ressenti beaucoup de douleur dans l'intérieifr de l'oreille, et s'étaif aperçuequela matière de l'écoidemen^ souvent teinte de sang, avait entraîné deux ou trois fois de petite osselets ; elle ajouta que son ouïe, qui cette fins se trouvait très-affidblie de ce côté, était depuis huit jours entièrement perdue. En examinant l'intérieur du conduit auditii, je trouvai la membrane àér truite , ^t j'aperçus dans la caisse un petit corps poirâtre que je crus être du cér\unen épaissi En cherchant à l'amener au dehors avec un stylet terminé par un petit crochet , je causai une? vive douleur , et trouvai beaucoup de résistance; cependauft

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je parvins à en faire Textraetion, et je vis que c'était un fragment d'os verm0ulu par la carie ; ensuite i'appuyaile doigt sur V^^pophyse mastoïde, et n'y réveillai qu'une douleur Ibrt sourde. Quelques mois, 2iuparav£upit, cette douleur avait été^ beaucoup plus yive, xoais je ne pus savoir si elle augmentait beau-. coup par la pression.

3é conseillai à cette demoiselle de se faire mettre un cautère s^u bras , de se purger toutes les semaines aveo leâ pilules aloétiques connues sous le npip de pilules écQSs^ ses, de boire chaque joi^* une pinte de tisane de houblon, ajoutant à chaque verre une cuitr ]erée à bouche de sirop de trèfle d'eau; de prendre matin et soir une cuillerée à bouche de l'élixir amer de Peyrilhe; et, dès qu'elle verrait l'écoulement diminuer, de s'injecter six fois par jour dans l'oreille de l'eau de Baréges artificielle, pris^ à Tivoli.

Je. lui annonçai qu'elle. ne devait attendre ^de la réunion de ces moyens que la ces$ation de l'écoulément , et non la guérison de la Siurdité qui me pa-r Hissait incurable. Le résultat fut tel que je l'avis annoncé.

XXX°*® OBSERVATION. QtQîfhé^ puTuknte ^phi* UtUfue, — La têmme d'un ^ous-officier dans le corps des vétérans de Paris, me fit appeler pour la soignei; d'une pialadie qu'elle désignait sous le nom de scor-< but, et qiv n'était autre chose qu'une ancienne sy-^ phîUs dont les symptômes avaient principalement^

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attaque le voile du palais. Comme je ne pus 1 guiser la nature de sa maladie , elle en rejeta la l'aute sur son mari , qui e'tait en effet, depuis long-temps, intêcte d'une syphilis constitutionnelle, caractérisée par ties pustiiles à la partie interne des cuisses, et des excroissances à l'anus, qu'il regardait comme desyêftr (ce lut son expression). II avait de pin» un ecouleaienl par l'oreille gauche , lequel s'e'taîl manifeste à la suite d'une blennorrhce arrêtée par de» bains Iroids, La matière de cet écoulement ëtail trèsabondante, verddtre, souvent teinte de sang; elle avait amené plusieiu"s fois au dehors des fragments d'os; le malade m'en montra quelques-uns parmi lesquels je trouvai l'enclume et le marteau. Les autres, qui étaient évidemment des débris du rocber , étaient néanmoins vermoulus et friables. L'ulcération de l'intérieur de la caisse se prolongeait surtout le condmt auditif externe, et mi^mesurunepartiede la conqiic. Les bords de cette ulcération étaient piles , élevés , douloureux , et le fond d'un ronge vil «1 semé de petits bourgeonspointusexcessivementdoulonreux.

• La carie avait tellement rongé la partie cartilagineuse et osseuse du conduit auditif, que la conqi*' paraissait près de se détaciier dès qu'on la soulevi**^ avec les doigts. Des iusécs de pus répandu daï^* la gouttière que forment d'un côté la branche «^' la mâchoire, et de l'autre l'apophyse mastoïde, r^^

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Huaient par la compression vers roreille, et se vidaient par le conduit auditif. Après avoir éié longtemps le siëge d'une douleur, qui ne se faisait sentir que par l'attouchemçnt , Fapophyse mastoïde avait fini par s'ouvrir et devenir le siège d'une fistule qui avait deux orifices à la peau , et fournissait une ma- , tière purulente très-abondante et très-fetide; la sur- ' dite était complète.

Je proposai un traitement mercuriel , le malade y «consentit. Je crus devoir essayer lamëthodedeClare; mais je n'en obtins aucun effet; quoique j'eusse pcutë la dose du calomëlas en frictions, à vingtquajtre grains, matin et soir, il n'y eut aucune apparence, je ne dirai pas de l'efilcacitë, mais d'une action quelconque de ce médicament. Le mercure éteint dans le miel et converti en pilules fut la base du traitement que je substituai au premier. Je poussai la dose jusqu'à obtenir une salivation abondante ; dès qu'elle fut déclarée , les pustules des cuisses s'affaissèrent fies excroissances de l'anus^ excisées se cicatrisèrent sans repulluler; l'ulcération visible de l'oreille se guérit , et l'écoulement du conduit auditif diminua, mais non celui de la fistule mastoïdienne. J'injectai par cette ouverture une solution <ie six grains de muriate sur-oxigéné de mercure, €ians buit onces d'eau gommée. Cette injection re- ' ^intpar l'oreille, et causa dans le conduit auditif ■ ljL})e vive douleur. L'écoulement en fut considéra-

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blement augmenté pendant qadquesjotirs^aiiboUi desquels il diminua rapidèmçm, et finit par tarir complètement; celui que fournissait l'apof^jsemastoïde resta très-abondant encore pendant plus de six mois, au bout desquels il se trouva tiédtnt à un suintement de sërosité limpide. Je portai un stylet dans l'une des deux ouvertures fistuleuses^'et jeselitis que l'extrémité de l'instrument ébranlait une €$quillè volumineuse; je réunis par une incision les deux our vertures de la peau , afin d'obtenir une plaie tm^ versale, assez lalrgë pour donnet passage à l'esquille. Après en avoir Êdt l'extraction , âu lieu de découvrir les cavités mafstoïdiennes, comme je me Vélàn imaginé, je ne pus voir qu'une substance cbamue pareille aux bourgeons d'une cicatrice loùabie,^ Cette opération mit fin à réct)ulement, et fin suivie d'une prompte cicatrisatioïi. -Ce militaire resta odtor plétement sourd de cette oteille.

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