‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'audition (volume 5)Chapitre 36 sur 61 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

De VOtalgie.

Je prends ce mot dans sa véritsJ^le b^ttificadoii,

et le donne exclusivement aux diouleiits dé Toreâfe-

Si ces douleurs n'avaient jamais d'autre cause qite rin&ammation de cet organe, le séjour d'^m cùcfê

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Ajfanger dans son conduit on dans ises ôavîtés intériecnres ^ il Serait fort déplacé de traiter de Cette affection à ^aA; puisque dans ces cas, qui soiit cependant très-honàreux, la douleur n^est que le symptôme d'unte maladie principale vers laquelle le pratâcien doit diHger son attention. Je ne parlerai donc ici ique des douleurs idiopathiques de Toreille; et si je fais mention des autres, ce ne sera que'pour établir la différence qui existe entre elles et l'otalgie (>r6prèment (Ëte.

HoffinàUn semble avoir saisi le véritable caractère <|é la maladie en la dé^gnant Sous le nom de sfiasniè c^gique; mais il parle d'écoulement, d'abcès, cmnme étant une suite de cette douleur , ce qui £iiontre qu'il l'a confondue avec l'otite. Il y a cependant entre celle-ci et l'otalgie toute la différence qu'il y a entre les douleurs du bas-ventre dans la dysenterie ou l'entérite et celles qui constituent la Colique spasmodique.

Il est impossible de dire avec ptécision quelle est la partie de l'organe qui est le siège de l'otalgie , et de qUeUe nature est cette douleur. Serait-ce une véritable névralgie de la corde du tamlJôuT bu du netf acoustique ? ou bien ne serait-ôe qu'Uiie légère irritation des rtiembranes qui revêtent les différentes ^cavités de cet organe? C'est ce qu'on ne peut délerminèr. Quoi qu'il en soit, voici par qUels signes se ^lacftCtérïsë cette espèce de douleur. Soit qu^elle se

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manifestée subitement , soit qu'elle succède à 1'<h dontalgie ou à des douleurs rhumatismales vagues ji elle a cela de particulier <{u!elle pa/ryijent en pçu detemps à son plus haut période;,. qu'elle. i^'a poiniii comme la douleur <pii accompagne lep âiSérenfjd»

espèces d'otite^ un développement. prpgilTÇs^iff^ très-souvent au' moment où elle «st T^Iuâ.ix^teofie elle disparsdt tout-à-coup pour.se f^ire sentir dâM quelque autre partie de Ifi t^tei^^f^ Çf^J^ auditif ei^-* terne ne présente ni £[onflement iii rougeur; la membrane a toute sa transparence., J^i,la d0i4e]ar eâ très-vive, les yeux sont rouge^^.et des ir^adiationiî douloureuses se font sentif sur. la tempe et la joue^ Je ne crois pas, d'après mes propres observations, que son intensité puisse aller au. point, de caiiserk délire et des convulsions, ainsi que plusieurs auteuil Font écrit. Lorsque ces. accidents ont^ heu , il faut remonter- à une autre cause qii'à celle de Totalgie^ et i'on reconnaît par les symptômes qui existent ou par ceux qui ne tardent pas à se développer, qu'il y a' iiiflainmation de l'organe , ou séjour de quelque corps étranger, introduit ou devenu t^, dans k conduit bu dans la caisse.

Il est rare que Totalgie ait lieja sans être accompagnée de tintements d'oreille; ce symptôme ajouta à la douleur, et contribue à la surdité momentané qui se joint a l'otalgie.

Il est des cas où cette affection douloureuse ^

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Vomlle ne se fait sentir que par sympadiie; c'est ainsi qu'on la voit quelquefois accompagner les névralgies de la face ainsi que les fluxions catarrhales de cette partie, et l'inflammation des amygdales dans l'esquinancie. Il peut même arriver que Taffcc* tion principaJe qui agace sympatliiquement l'oreille ne se trahisse par aucune douleur locale. Fauchard rapporte l'histoire d'une otalgie,aveche'micranîe, qui durait depuis plusieurs mois, entretenue par unebarie dentaire , et qui fut guérie par l'arrachement de la dent malade. Je fus consulté, il n'y a pas long-temps, par^un entrepreneur de bâtiments, qui ressentait par intervalle une douleur des plus aiguës dans l'oï*eille. Cette; otalgie ne s'était manifestée qu'après le déve« loppement d'une. petite. tumeur dure, roulante et iucolore, qui me parut être i;ne véritable loupe; elle n'était' point douloureuse , mais en la compris» lUant un peu fortement, on éveillait ou l'on aug«^ t^eotsvit l'otalgie. . Cette épreuve me parut suffi-» ^a|Ki^ pour me faire regai:der l'affection de Toreiile <^mine une dépendance de la ttmrieur,.et m'en ^ire conseiller l'extirpation. J'ignore si mes* avisr c>Ui^' wivis. .

.On voit par ce qui précède qu'il est important de déterminer le véritable caractère de l'otalgie, w on :veut y apporter un remède efficace. On cherchera donc à s'assurer si elle ne tient pas à la pré- ^^x^.d!iiA corps étranger dans le conduit auditif ,

DEUXIEHI: PAHTIE, CBIPITRE lîl.

k quelque coQ^esiion muqueuse ou purulente de U caisse, à une véritable iuflamiuaiion de l'ordUe citerne ou im^œ, ou à quelque maladie de la iiouche eu de la gorge^ car, dans tous ces cas, les reniàies les mieux indiques pour l'otalgie primiiive n'auraient aucim succès. Parmi ceux que je prescii» arec avantage dan» cette afieciion, je placerai les suivants :

Je lais éponger la léte avec de l'eau chaude pendant uu <^rand quait d'heure ; et pour éviter le &tii de l'évaporalion , aussitôt après qu'elle est tennin^ je tais Iriciionner les cheveux avec une flanelle ititchaude, qu'on pe;;t remplacer bientôt par uni autre, jusquà ce que la dessiccation soit complète; alors on laisse la léte enveloppée sous une aiUA flanelle sèche et e'galement cliaufTéc, ou eacoM mieux sous une coiffe de taffetas gomme. PrMoi» toujours, après cette opération, la ti^te tcaDSpiveaboA* danunent et la douleur disparaît. Ce tnoyea n'tft applicable que chez les personnes dont les cbevsas sont très-courts ; il faut , lorsque cette cireoD^ tance ne peut en iacililcj- l'usage, recourir à que^at autre. Je làis alors appliquer sur toute la régicM temporale, y comprenant la joue, un cataplasme entre deux Unges, compose avec des tiges de vo^ veine ëcrase'es, cuites dans le lait, et hijeg par tina addition de farine de graine de lin.

On associe à l'tm ou à l'autre de ces deux moyen»

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une vaporisation, dont j'obtiens toujours beaucoup de soula^ment. Elle m'a freVpieniment suffi pour faire disparsdtrel'otalgie, et même pour la cabnermomentanëment, quand elleëtait symptomatique. Je mets dans une fiole à médecine trois gros de liqueur miné^ raie anodine d'Hoffmann et une demi-once d'eau ;. jo plonge aussitôt la fiole dans un vase qui contient de l'eau chaude , j'en dirige le goulot dans le con->' doit auditif, et je l'y laisse jusqu'à ce qu'il ne s'exhaler plus d'odeur de la bouteille. Un autre moyen , qiit n'est pas moins efficace, et qui se trouve sous la main 'de tout le monde, est l'application à la tempe,' d'un peu de savon noir, étendu sur un morceau de peau- de la largeur d'un petit écu. J 'ai une fois par* Mlle facile application calmé subitement une otal-^' ipe des plus intenses , compliquée de doulqur* dmtaire. Une mouche à vésicatoire produirait une* ^erèion encore plus sûre. La grande quahtitë de ner& qui tapissent le pourtour de l'oreille^ reiid' très'-efficace l'action de eës agents dérivatif. Aussi* je n6 pense pas qu'il soit jamais nécessaire de' re«^' eourir aux cautérisations emplc^ées par les anciehs^^ tt dont Alhucasis nous a décrit le procédé, et figuré^ ks instraménls. Cette disposition anatomique , qui fiiit réussir les plus légers irritante, assure de même le succès des narcotiques, sur - tout de l'opium;. mais je ne conseillerais pas de l'appHquer immédiatement dans le conduit auditif. Il est à ma coimais<^'

DEUXIÈME fARTIE, CHAPITIIE lit sancc qu'une pareille applicaiiou fut suivie, une servante , d'un assoupisseiueut avec vertiges, q duia deux jours , après lesquels il se déclara uue lièvre adynamique. Un lait de celle nalùre oe piouverait rien, s'il n'était appuyé d'olisena lions analogues, recueillies par d'auclens auteurs. Zaculus parle ' d'uuEspagnol iju'uii violent mal de télé tourmentait et privait du sommeil ; un cliarlaian lui mit dans le méat auditif im morceau d'opium. Le malade dormit eu cilet , mais à son réveil il eut quelques mouvemenls convulsils , tomba daus im état maniaque, ei mourut bientôt après. Galien parait avoir soupçoimé le danger d'une pareille application, car il . en hldrae l'usage dans les douleurs d'oreille, D esl vrai que , dans le livre de la composition des médicaments , il le prescrit mêlé avec le luJt de femme, Entre deux opinions conlratlictoires sur les vertus d'un médicament, il faut, je crois, embrasser celle qui le fait regarder comme dangereux , lorsque sur -tout ce même médicament peut être avantageusement remplacé par un autre , ou du moins employé d'une autre manière. Ainsi t'opiuut ne perd rien de son effet calmant , lorsque , au lieu d'être employé en injection, on en l'ait lu base d'uo emplâtre qu'on applique sur la tempe ou sur l'apophyse mastoïde.

On se contentera pour injection de prescrire lait tiède, mie décoction de graine de Uu , à lacju

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on joindra quelques gouttes de baume tranquille.

Lorsque ces moyens locaux seront insuffisants , on emploiera les calmants à Tintërieur et les remèdes géniaux ûsitës dans les vives douleurs, àTéxccption cependant du bain gënc^ral dont je n'ai jamais retiré aucun avantage.

Si l'on n'obtienl aucun effet de ces divers moyens, il faut en conclure que la douleur n'est point la maladie principale, et qu'elle de'pend de quelque autre dont on doit épier les symptômes pour eii approfondir le diagnostic.

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