‹ Traité des maladies de l'oreille et de l'auditionChapitre 11 sur 69 · DE LA SDEDITÉ AVEC EXCROISSANCES · texte numérisé non relu

DE LA SDEDITÉ AVEC EXCROISSANCES

précédé leur développement , et par la nature de la suppuration qui les accompagne. Les polypes ordinaires sont le plus souvent accompagnés d’un éconlement assez abondant ; mais il est muquenx , et ne brunit pas les instruments d’argent.

L’observation suivante prouvera que l’exploration du conduit auditif externe peut servir utilement pour établir la nature de certaines tumeurs qui se développent dans les environs de l’oreille.

Lxxxr OBSERVATION. — Une fille, âgée de dix-huit ans, fut affectée, vers sa douzième année, d’une tumeur siégeant dans l’échancrure parotidienne droite. Plusieurs médecins consultés pensaient qu’il s’agissait d’un engorgement lymphatique. Cependant plusieurs hémorragies avaient eu lieu par le conduit auditif externe . Examiné avec soin, l’intérieur de l’oreille présenta un petit tubercule mou, rougeâtre, formé par du tissu érectile. Cette circonstance importante pouvait faire redouter l’existence d’un fungus hématode: toutefois on se décida à faire la ligature de l’artère carotide. On pensa généralement qu’il s’agissait d’unanévrisme. Lamaladesuccombaledixièmejour, après avoir éprouvé une hémorragie produite par une déchirure survenue immédiatement au-dessous de la ligature : cet accident arriva lorsque tout faisait espérer un succès complet , car le volume et les battements de la tumeur avaient diminué , et la plaie était presque cicatrisée. La maladie qui avait néiicssité l’opération était un fongus hématode, avec dilatation d’artères volumineuses, qui le recouvraient et pénétraient dans son épaisseur. 11 était situé dans la région pharyngo-maxillaire ; il s’étendait depuis la face intérieure du rocher et du conduit auditif, auxquels il adhérait par des prolongements

36 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE VI. très-forts, josqu’aû niveau de l’angle de la mâchoire. La base du crâne offrait une altération bien remarquable : le rocher avait triplé de volume ; son bord supérieur était au même niveau que les petites ailes du sphénoïde ; son tissu était mou, friable ; en détachant la dure-mère, on enlevait des fragments de cet os ; l’intérieur du rocher était comme aréolaire, spongieux, d’un rouge semblable au corps caverneuxun peu macéré. On y voyaitdes cavités béantes qui paraissaient être des veines dilatées. Le sinus caverneux du même côté était masqué par l’extrémité interne du rocher, qui se continuait avec les apophyses clinoïdes postérieures. Ces parties osseuses réunies ne formaient qu’une seule et même masse. La désorganisation du système osseux était telle dans cet endroit , qu’on le traversait en plusieurs points avec des stylets qui , de l’intérieur du crâne , parvenaient dans la région cervicale. Le volume des nerfs acoustique et facial , avant d’entrer dans le rocher , était double au moins de celui qu’ils offrent à l’état normal. Malgré des recherches minutieuses , il fut impossible de suivre le trajet de ces nerfs dans l’épaisseur du rocher. {Lisfranc, Clinique chirurgicale , tome I“, page 314.)

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