DE LA SURDITÉ AVEC PERE. DE LA MEME. DD TÏMP
celui d’un morceau de parchemin qu’on eût déchiré dans son oreille. Il s’écoula un peu de sang, et de suite il survint un bourdonnement incommode et douloureux,
qui ne permit pas à M . de savoir au juste s’il était
sourd de cette oreille ; car, toutes les fois qu’en fermant l’autre il voulait essayer d’écouter de celle qui avait été blessée , le bourdonnement augmentait , et les sons confus qui arrivaient à l’organe y excitaient des douleurs insupportables. Ce ne fut qu’au bout de trois semaines que, le bourdonnement ayant cessé, M.... s’aperçut, à n’en pouvoir douter, qu’il était complètement sourd de cette oreille. Dix-huit à vingt ans se sont écoulés depuis cet accident ; la membrane s’est parfaitement refermée , ainsi que je m’en suis assuré, et cependant M . est resté dans le même état ; il lui at¬
tribue le malheur d’avoir un fils sourd-muet , regret assurément peu fondé , mais que je n’ai eu garde de combattre, parce que ce malheureux père y trouvait, je ne sais pourquoi, une sorte de consolation.
[L’expiration forcée, la bouche et le nez fermés, et enfin le cathétérisme de la trompe , quand le premier moyenne suffit pas, conduisent parfaitement an diagnostic des lésions du tympan. L'air, poussé par le conduit guttural et accumulé dans la caisse du tympan , distend cette membrane, diminue sa concavité, altère sa surface polie , la ride, la fronce, et fournit des renseignements utiles sur la plupart de ses propriétés physiques.
Dans les cas de perforation du tympan , le passage naturel ou artificiel de l’air au travers de la caisse sert à établir le diagnostic avec une extrême précision. Trèssouvent , en effet , l’examen le plus attentif de la face externe de cette membrane ne fait découvrir aucune
solution de continuité. Mais si le malade se mouche un peu fort , s’il fait quelque mouvement de déglutition , alors on voit des bulles d’air s’échapper par une ouverture plus ou moins grande , on entend nn sifflement aigu , quelques gouttelettes de pus ou de mucosité sont projetées dans le méat , et il ne peut rester aucun doute sur la nature de la lésion.
Cette manière d’explorer le tympan fournit rapidement des signes au moyen desquels on apprécie l’état de la membrane. Chaque jour, dans les hôpitaux, dit M. Manière , je rencontre des perforations du tympan chez des individus convale.scents d’affections typhoïdes, ou en proie à la maladie tuberculeuse ; et pour cela il suffit de leur pincer le nez et de les engager à faire une forte expiration {Gazette médicale, n“ 34, 1841).
Lorsqu’on se sert d’un son déterminé et toujours égal à lui-même pour mesurer l’ouïe des malades affectés d’une perforation de la membrane, on peut facilement vérifier que cette lésion ne produit pas une véritable cophose , mais occasionne toujours une dysécée plus ou moins considérable, suivant que la destruction est plus ou moins grande, qu’elle s’est étendue davantage devant ou derrière le manche du marieau , qu’elle s'est bornée à la membrane du tambour, ou a entraîné avec elle la perte des osselets, etc.
Il faut admettre avec la plus grande réserve la perforation propre de la membrane du tympan sans inflammation préalable. Parmi trois cents affections de l’oreille bien déterminées, M. Kramer a rencontré trente-cinq inflammations chroniques de la membrane du tympan ; dans vingt-huit de ces dernières , la membrane était en partie détruite, et cependant les médecins qui avaient
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traité les malades ue s’étaient pas seulement doutés de l’état morbide de cette cloison délicate ; ils avaient employé des remèdes qui devaient encore l’augmenter. Si on avait reconnu à temps l’inflammation chronique de cette membrane par l’inspection oculaire, on aurait certainement pu en éviter la perforation, c’est-à-dire une lésion incurable, et inaccessible à toutes les tentatives de l’art.]