DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF
on fait succéder les toniques, et surtout les absorbants et les vermifuges. J’ai remarqué que, parmi les différentes affections morbides de l’appareil digestif , celles qui paraissent se rencontrer de préférence dans le cas de surdité étaient l’irritation de la membrane muqueuse par la présence des vers , et cet embarras gastrique qui se manifeste surtout par des vomissements, spontanés ou provoqués, de mucosités acides.
Il est une autre espèce de surdité sympathique, beaucoup mieux connue des auteurs, et qui a surtout été observée par Nuck, par Valsalva, et par M. Hesse, médecin de Berlin : je veux parler de celle que produit un état morbide du système dentaire, tel que le travail de la première dentition , la sortie pénible des dents de sagesse, ou la earie de quelque molaire.
Les anastomoses qui existent entre le nerf trijumeau et le nerf facial seraient insuffisantes pour expliquer cette influence sympathique, puisqu’il n’existe aucune connexion bien constatée entre le nerf labyrinthique et le facial (1). Mais les distributions de celui-ci dans l’intérieur de la caisse doivent nécessairement le mettre en rapport, par continuité d’organe, avec le nerf labyrinthique, lequel se trouve alors en communication médiate avec les branehes maxillaires des trijumeaux.
La classification moderne des nerfs encéphaliques, en désignant sous le nom de facial un cordon nerveux que les anciens anatomistes avaient fait entrer dans le système auditif, sous celui de portion dure, a l’inconvénient
(1) Bertin, dans son Ostéologie, décrit un canal oblique très-petit, situ^ près de l’ouverture de l’aqueduc de Fallope. Selon lui, ce conduit étroit sert à transmettre, dans un des canaux demi-circulaires, un petit filet émané du nerf facial.
232 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE XVI. de nous faire perdre de vue le rôle important que ce nerf joue dans l’audition , soit par lui-même , soit comme agent des sympathies nombreuses qu’il établit entre l’oreille et d’autres organes, et qui l’avaient trèsjustement fait nommer le petit sympathique. Je ferai bientôt observer, en parlant delà paralysie essentielle du sens de l’ouïe, une autre relation non moins importante entre la portion molle et la portion dure du nerf auditif. On verra que la paralysie de l’une s’accompagne souvent de celle de l’autre , et qu’à mesure que l’ouïe se perd, la sensibilité animale ét même organique du conduit auditif, du pavillon de l’oreille et des téguments du cou, éprouve un notable affaiblissement.
Quoi qu’il en soit de la théorie de ces rapports sympathiques entre les dents et les oreilles, on ne peut s’empêcher de reconnaître qu’ils sont très-nombreux et très-actifs. Leur fâcheuse influence se montre d’une manière bien manifeste dans le jeune càge , et l’on peut les accuser d’une partie des surdités que l’on croit cougéniales. C’est dans le premier travail de la dentition que beaucoup d’enfants, manifestement entendants, perdent l’ouïe, et par suite la faculté de parler. Quelquefois l’audition se rétablit après la sortie des dents; mais souvent aussi la surdité persiste, malgré toute l’énergie des moyens les plus excitants.
La surdité causée par la carie de quelque molaire ou l’émission douloureuse des dents de sagesse, est ordinairement accompagnée d’otalgie. Souvent même c’est l’otalgie qui est l’affection dominante, et qui cause la surdité, en rendant douloureuse et confuse la perception des sons. Dans l’un comme dans l’autre cas , la cophose disparaît avec la cause qui l’a produite. Une fois cepen-
de la surdité par paralysie du nerf. 233 dant j’ai été consulté par une dame dont l’ouïe était restée fort dure , par suite de Yives douleurs ressenties dans les deux oreilles , à l’époque de la sortie presque simultanée de ses deux dernières dents de sagesse.
§ Vf. Paralysie essentielle du nerf acoustique. — J’ai dit ce que j’entendais par paralysie essentielle du nerf acoustique. C’est le manque d’excitabilité de ce nerf, c’est l’abolition de la xie de l’organe , soit accidentelle , soit originelle , comme dans la plupart des surdités de naissanee. Elle peut survenir à tous les âges de la vie, mais elle est plus ordinaire après la quarantaine. Elle s’accompagne souvent de eéphalée, de bourdonnements, et d’une certaine inertie des fonctions de l’esprit. La sensibilité animale de l’organe diminue par degrés , mais rarement jusqu’à l’extinction complète. Il n’est pas rare de voir cet affaiblissement de la sensibilité s’étendre jusqu’au pavillon de l’oreille, au point qu’en touchant cette partie , de même que celle où s’épanouissent plusieurs rameaux de la portion dure , telles que les régions temporales, sous-mastoïdiennes et parotidiennes, on n’y réveille qu’un sentiment obtus, qui fait dire aux personnes atteintes de cette surdité que tout cela est mort, engourdi. J’ai vu deux fois cet engourdissement porté à un tel point , que les sujets chez lesquels je l’observai se montrèrent presque insensibles à l’incision faite aux téguments du cou pour l’application d’un séton. Enfin , cette mort de l’organe s’étend quelquefois jusqu’aux fonctions qui dépendent de la sensibilité organique ; la membrane qui revêt le conduit auditif ne sécrète plus de cérumen, elle perd son aspect et même son caractère semi-muqueux; le système dermoïde envahit en quelque sorte tout le conduit , et s’y montre
234 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE XVI. couvert d’un épiderme sec et farineux. Cet état de l’oreille externe est le signe le plus certain que j’aie pu recueillir de la paralysie essentielle du nerf acoustiqne , ainsi que je l’ai déjà dit. Il est beaucoup de cas où il ne se rencontre point , comme dans la surdité de naissance; mais toutes les fois qu’il a lieu , on peut le regarder comme une preuve certaine de la mort du sens auditif.
C’est à la cophose dont il est ici question qu’il faut rapporter celle qui survient dans un âge avancé. Elle s’annonce avec les mêmes symptômes, et présente surtout cette sécheresse du conduit auditif , telle que je viens de la décrire. Les vieillards ne manquent jamais de regarder ce phénomène comme la cause unique de leur surdité : douce et consolante méprise, qui a le double avantage de les flatter de l’espoir de guérir, et de déguiser à leurs yeux une de ces morts partielles qui les frappent successivement, et dont la dernière n’est que le complément!
En général , on ne remarque point ici ces variations dans l’intensité de la maladie qu’on rencontre si souvent dans les autres espèces. Il est des circonstances qui peuvent rendre momentanément l’ouïe moins dure et moins confuse; mais ces changements ne sont que passagers , et n’établissent point une amélioration persistante. Ainsi, par exemple, lorsque le temps est sec et tempéré, les sourds de cette espèce, et qui ne le sont pas complètement, entendent sensiblement mieux. Plusieurs d’entre eux se trouvent également bien de l’action stimulante de certains bruits violents, tels que le roulement d’une voiture , le bruit des cloches , le son du tambour, ainsi que je l’ai dit en parlant de la surdité en général (1).
(1) Page 78 de ce volume.
DE LA SÜRDITÉ PAR PARALYSIE DU NERF. 23 â Mais ordinairement , aussitôt que ces bruits cessent de tenir l’oreille eu action, l’organe retombe dans sa stupeur habituelle. De là vient que les personnes sourdes entendent mieux que celles qui sont douées d’une ouïe parfaite, dans l’intérieur d’une voiture emportée avec grand bruit sur un chemin pavé. J’ai été consulté par un grand nombre de personnes affligées de surdité , qui, étant précisément dans ce dernier cas, ne manquaient pas d’insister sur cette particularité , et d’en tirer pour la curabilité de leur maladie une espérance que j’étais loin de partager. Mais une variation plus importante, qui n’a point été observée par les auteurs, et qui appartient surtout à la paralysie essentielle du nerf auditif, est l’augmentation de cette cophose par les fatigues de l’esprit ou les peines de l’àme, et sa diminution dans les circonstances contraires.
La surdité par paralysie a ordinairement une invasion imperceptible et une marche très-lente , au point que ceux qui en sont atteints seraient très-longtemps à s’en apercevoir , si leurs alentours n’étaient les premiers à les en prévenir. D’abord , et même pendant plusieurs mois , il n’y a que des sons éloignés que l’oreille ne perçoive plus distinctement. De près , et même à une distance ordinaire , l’ouïe conserve toute sa finesse. Il n’est pas rare que la surdité en reste à ce premier degré, entretenue par un état permanent de débilité nerveuse. Mais, le plus souvent, cette débilité n’est que le premier degré de la paralysie ; et à mesure que celle-ci se prononce, les sons de moins en moins éloignés ne sont plus perçus que confusément, jusqu’à cequ’enfin l’oreille ne puisse plus être frappée que par ceux qui sont émis avec force et netteté dans sop. voisinage , et surtout di^
236 DEUXIÈME PARTIE, LIVRE II, CHAPITRE XVI. rigés vers la conque auditive. Lorsqu’elle a suivi mie pareille marche, la surdité s’arrête ordinairement à ce point, et reste incomplète jusqu’à l’approche de la vieillesse , époque à laquelle l’ouïe se perd entièrement. En général, cette surdité est incurable; et s’il se présente quelques exceptions , ce n’est certainement point dans le cas où se font remarquer l’affaiblissement des facultés mentales et le dessèchement du méat auditif, qui annoncent l’extinction irrévocable de la vie relative de l’organe. Mais si la surdité est exempte de ces fcàcheux symptômes , si le sujet n’est point avancé en âge , on peut rappeler l’audition par les excitants et les forts stimulants. Ceux auxquels je donne la préférence sont : le moxa appliqué à plusieurs reprises au pourtour de l’oreille, et surtout derrière le condyle de la mâchoire , jà où se réunissent plusieurs filets du petit sympathique; les vaporisations éthérées dirigées dans le méat auditif et dans l’oreille interne par la trompe d’Eus tache; l’emploi à l’intérieur de la fleur d’arnica et des préparations ferrugineuses. Je n’ai pas eu à me louer de l’électricité et du galvanisme , que j’ai essayés plusieurs fois dans ces sortes de cas.
CXL® OBSERVATION. — Dcs cnfauts en pension dans une maison d’éducation de Paris se battaient un matin avec les traversins de leurs lits. L’un des deux reçut à la tempe gauche un coup porté de si près et avec tant de violence, que quoique le coussin ne fût que de plume, l’enfant en resta tout étourdi, et dans un état voisin de l’évanouissement. Revenu à lui, il s’aperçut qu’il n’entendait rien de ce qu’on disait à sa droite. L’oreille de ce côté était , en effet , paralysée. Une saignée du pied , les sangsues au cou , les embrocations
DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU HERF. 237 nervines, ne changèrent rien à son état. Il y avait six mois que l’accident était arrivé, quand cet enfant me fut amené. Je ne conseillai aucun remède, et ne recueillis que pour mon instruction les renseignements suivants. Il me raconta qu’au moment où il avait reçu le coup, il lui avait semblé qu on lui soufflait un air extrêmement froid dans l’intérieur de l’oreille et dans toute la partie droite du cerveau. Comme il ajouta que depuis ce même accident il éprouvait une grande sécheresse dans la narine droite , je voulus m’assurer si l’odorat n’avait point souffert de ce côté. En effet, lui ayant fait boucher la narine gauche , et ayant mis sous la droite un flacon d’eau de Cologne , il ne produisit aucune sensation d’odeur ; cependant la vue et le goût n’avaient éprouvé aucune altération.
On trouve, dans les Mélanges des curieux de la Nature, une observation de surdité produite par un soufflet, chez un enfant de treize ans , et qui fut également précédée de la sensation d’un froid très-vif dans l’intérieur du cerveau. Un médecin guérit l’enfant , mais on ne dit pas combien de temps après l’accident.
CXLI'* ORSERVATION. — « M. de Bury , surintendant de la musique du roi , actuellement âgé d’environ soixante-quatre ans , d’un tempérament pituiteux et pléthorique, avait éprouvé un dévoiement qui avait duré environ six mois. Après environ un égal espace de temps depuis son rétablissement , il perdit tout à coup l’ouïe, au mois de janvier 1776, sans avoir souffert en même temps d’autre incommodité qu’une fluxion au visage, causée par une douleur de dents. Les vésicatoires appliqués à la nuque ne parurent point le soulager, non
2â8 DEtXlÈME PAKTIE, tlVEE II, CHAPITRE XVI.
plus qu’un autre traitement suivi pendant l’espace de quatre mois de séjour à Paris.
« Au mois d’octobre 1781, il eut une légère attaque d’apoplexie , suivie d’une infdtration séreuse aux extrémités inférieures, qui se termina au bout de trois mois par un dépôt sur l’aine droite. Un an après il lui survint une éruption dartreuse , qui lui couvrit les deux bras et différentes parties du tronc ; il en suintait une sérosité abondante , et il n’en fut guéri qu’au mois de mai dernier.
« Le dimanche 13 février 1785, il éprouva vers midi une certaine difficulté dans la prononciation , et il sentit sa tête pesante, ses yeux fatigués, et une inappétence qui ne lui permit pas de dîner à son ordinaire ; le soir , la tête fut encore plus prise , et le malade parut sans connaissanee ; il fut ensuite attaqué de plusieurs mouvements convulsifs dans les yeux , la bouche , les muscles du cou et de la tête , ainsi que dans ceux de toutes les extrémités, avec expuition de la salive, en sorte que l’ensemble de ces symptômes représentait plutôt un état épileptique qu une attaque d’apoplexie. Ces convulsions ne durèrent que jusqu’à dix heures du soir , et parurent cesser après une saignée du pied. Mais les autres symptômes , subsistant encore , firent regarder la maladie comme une apoplexie séreuse , quoiqu il ne parût aueune difficulté de respirer , ni râlement, ni changement dans le pouls ; les membres étaient seulement dans un état de stupeur , mais leur mouvement s était eonservé. Immédiatement après la saignée du pied , on appliqua un large vésicatoire à la nuque et des épispastiques aux deux pieds.
DE LA SURDITÉ PAR PARALYSIE DU KERE. 239 « Le lendemain , lundi matin , on répéta la saignée du pied , et on appliqua des vésicatoires aux deux jambes. On essayait en vain de lui faire prendre intérieurement les remèdes convenables ; il y opposait une résistance invincible , et d’autant plus volontaire qu’il n’y avait plus de convulsions dans la mâchoire inférieure ; on y suppléa par des lavements purgatifs.
« Le mardi , le malade donna des marques de sentiment lorsqu’on pansa les vésicatoires ; le soir, il eut les yeux ouverts , la connaissance lui revint un peu , et il prit quelques verres d’eau émétisée, qui, à l’aide de plusieurs lavements, produisirent des évacuations copieuses. Le mercredi , après avoir été un peu purgé , sa tête se rétablit presque complètement , et il ne lui restait d’autres symptômes de sa maladie qu’un peu de difficulté dans la prononciation. Le jeudi , l’état du malade s’améliorait de plus en plus , à cela près que sa mémoire ne lui retraçait pas assez promptement les expressions dont il voulait se servir. En ce même jour , pour la première fois, depuis neuf ans de surdité , il recouvra l’ouïe, au grand étonnement de tous les assistants, et il les entendit parler d'une manière aussi distincte que s’il n’avait jamais été privé des fonctions de cet organe (1). s»
CXLII® OBSERVATION. — Madame Mar . , âgée de
trente-neuf ans , douée d’une santé robuste , d’un tempérament sanguin, régulièrement et abondamment menstruée, était sujette depuis trois ans à des vomissements spontanés d’une pituite visqueuse et légèrement acide. Cette évacuation avait lieu ordinairement tous les quinze ou vingt jours. Quand elle se supprimait, l’ap-
(1) Marrigues; Gazette de santé, 1785,
240 DEUXIÈME PAETIE, LIVRE II, CHAPITRE XVI. pétitse perdait et les digestions devenaient laborieuses, jusqu’à ce que l’administration d’un vomitif eût débarrassé les premières voies; mais ces vomissements provoqués par l’art ne produisaient pas le même "effet que ceux qui survenaient spontanément. Immédiatement après ceux-ci, madame Mar.... recouvrait ses forces , sa santé, sa fraîcheur , et pouvait de suite se livrer à son appétit; au lieu qu’après les vomitifs elle restait pendant plusieurs jours languissante, dégoûtée, et considérablement fatiguée. Depuis six mois il se joignait à ces fréquents dérangements d’estomac une surdité incomplète, que rendait surtout très-incommode un violent bourdonnement. L’une et l’autre de ces incommodités disparaissaient aussitôt que les vomissements, soit spontanés, soit provoqués, avaient eu lieu. Mais comme le rétablissement de l’estomac , par l’effet de ces évacuations , n’était pas de longue durée , il en résultait que cette dame était sourde à peu près pendant la moitié du mois.
Consulté sur cette incommodité , je sentis qu’il fallait prévenir l’engouement glaireux dont le système digestif avait, en quelque sorte , contracté l’habitude ; l’usage journalier des eaux de Seltz, ainsi que de la magnésie unie au quinquina pris avant les repas, à la dose de six décigrammes, pourvut à cette indication d’une manière si efficace , que pas une seule fois depuis cette dame n’a éprouvé le moindre embarras gastrique, ni aucun symptôme de surdité.
CXLIIP ORSERVATiON. — Madame Frcoud, âgée de 45 ans , douée d’une constitution robuste et d’un tempérament sanguin , était tourmentée , depuis quelques mois qu’elle avait cessé d’être réglée, de plusieurs incommodités
DE LA SUKDITÉ PAR PARALYSIE DU HERF. 241 amenées par cette époque critique, et entre autres d une dyspepsie des plus fatigantes. Les digestions étaient d’une extrême 'lenteur, accompagnées d’éructations fréquentes et d’un ballonnement de bas-ventre tel , qu oi! l’eût prise dans ces moments pour une femme grosse de quatre ou cinq mois. En même temps, il survenait un violent bourdonnement dans les oreilles; l’audition devenait confuse et même douloureuse, pour peu que les sons de la voix s’élevassent au-dessus du diapason ordinaire. Aussitôt que la digestion était finie, les bourdonnements cessaient , et l’ouïe reprenait toute son intégrité. Les stomachiques , unis aux absorbants , avaient fait disparaître plusieurs fois tous ces symptômes , mais seulement pour une ou deux semaines ; ce qui fit donner au médecin le conseil d’attendre de la fin de l’époque critique la guérison de cette espèce de surdité intermittente : mais peu à peu les intervalles devinrent plus courts et moins marqués , de sorte que, dans vingt-quatre heures , il n’y avait que les deux ou trois heures qui précédaient les repas , pendant lesquelles l’audition fût plus ou moins nette. Dans les autres instants de la révolution diurne , et surtout pendant la nuit , le bourdonnement était intolérable et la surdité presque complète : ce fut alors qu’on m’adressa sur cet état un mémoire à consulter. Quoique cette surdité me parût, comme au médecin traitant, une suite d’épiphénomènes attachés à l’époque de la cessation des menstrues , je ne plaçai pas comme lui un espoir assuré de guérison dans la terminaison de cette époque. J’avais vu si souvent des surdités symptomatiques subsister après la disparition de l’affection principale , qunje regardai comme très-douteuse la guérison spontanée de celle-ci.