DK DA SURDITÉ PAR ÉCOULEMENT
la nuque ; je donnai , deux fois par semaine , une purgation en lavage, et tous les autres jours cent vingt grammesd’eau de Sedlitz, une heure avantle déjeuner. D’après la remarque que j’avais eu occasion de faire souvent, que la diète diminuait beaucoup les écoulements, je supprimai toute nourriture animale, et ne permis que des aliments tirés des végétaux herbacés. Je fis raser la tète, pour qu’on la frictionnât tous les jours avec une flanelle imprégnée de la vapeur du succin jeté sur des charbons, et je recommandai de mettre, par-dessous la perruque, une calotte de taffetas gommé. Au bout de trois semaines d’un pareil traitement , l’écoulement diminua sensiblement ; et cependant , quoique beaucoup moindre, il continua , sans paraître disposé à tarir complètement. Je fis alors usage de fumigations formées par du vinaigre en ébullition , mêlé avec moitié d’eau , et contenant une forte poignée de feuilles de roses sèches. Dans l’intervalle des fumigations , faites matin et soir , on injectait dans l’oreiUe la mixture indiquée dans la 68“ observation.
Dès le troisième jour de ces applications locales, l’écoulement disparut complètement, mais non pas sans retour ; il se montra encore à deux ou trois reprises , ‘mais si peu abondant et si consistant , que l’on ne s’en serait pas aperçu, si on ne l’avait retiré avec un cureoreille du fond du conduit auditif, sous forme d’une matière semblable à de la crème épaissie. Avec l’écoulement disparut la surdité , non cependant au point qu’il ne restât une certaine dureté d’ouïe , telle qu’elle empêchait ce jeune homme, passionné pour le spectacle, d’entendre les acteurs quand il n’était pas placé à l’orchestre.
L’odeur, la couleur, la consistance et la quantité de l’écoulement varient beaucoup, non-seulement chez les différents individus, mais encore chez le même malade , suivant une foule de circonstances. 11 diminue ordinairement sous l’influence de la chaleur, de la sécheresse , de l’exercice , d’un régime sévère ; dans les cas les plus simples , il reprend peu à peu les caractères du cérumen , et cesse entièrement. Il réparait ou il augmente dans les circonstances opposées, mais surtout sous l’iiifluenee du froid humide.
Quelquefois la suppression de l’écoulement est due à une cause mécanique ; telles sont les croûtes qui se forment dans le fond dû conduit auditif, par le dessèchement de la matière devenue visqueuse , ou des Végétations polypeuses , etc. Dans ces cas , si la matière ne s’échappe pas par là trompe d’Eustache , il en résulte de la tension , de la pesanteur, de la douleur, et quelquefois des symptômes de compression du cerveau.
Enfin, l’écoulement peut disparaître et amener des métastases fâcheuses. Les plus communes ont lieu sur le cerveau et sur l’arachnoïde. On les observe principalement chez les individus d’un tempéramentlymphatique, disposés aux engorgements et aux abcès froids , exposés pour la moindre cause aux catarrhes de toute espèce , atteints d’olorrhées tenaces , etc.
Avant de chercher à tarir l’écoulement qui accom^ pagne ou entretient la surdité , il est donc bien important de s’éclairer de ces circonstances et de ces dispositions individuelles. Dans le cas contraire, on s’expose à déterminer dés accidents cérébraux graves et inquiétants, ainsi qu’on a pu le* remarquer dans l’avantdernière observation de ce chapitre.
DE LA SURDITÉ PAR DLCÉRATIOM ET CARIE. l'5