OBSERVATION LU
«Un soldat nommé Hittberg, souffrait depuis plusieurs années de douleurs d'oreille accompagnées de beaucoup de surdité et d'écoulement. Il n'en fut pas moins enrégimenté ; mais trois semaines après il eut une fièvre vio -
lente et des douleurs horribles dans l'oreille droite. Elles étaient , au contraire , supportables dans l'oreille gauche. Deux saignées , des cataplasmes émollients appliqués sur l'oreille droite, un vésicaloire et des lavements diminuèrent un peu les douleurs ; mais elles revenaient toujours quoique l'écoulement du pus n'eut jamais cessé. Pendant les douleurs les plus violentes, on avait placé le vésicaloire sur l'apophyse mastoïde du côté malade et produit par là une légère élévation qui fluctuait un peu ; on y appliqua des cataplasmes émcllients, puis on y fit une incision longue d'un pouce et prolongée jusqu'à l'os. Ce dernier était raboteux , comme vermoulu fwurmstichig) et montrait une ouverture d'où il ne s'écoulait que peu de pus, mais qui permit d'introduire une seringue et de faire des injections de thé pectoral ; elles s'écoulèrent à travers l'oreille en y produisant une sensation toute particulière et sortirent par la bouche ; il s'ensuivit immédiatement un grand soulagement dans les douleurs; il s'écoulait beaucoup de pus par l'ouverture extérieure de la plaie. On la pansa à sec et les injections purifiantes furent répétées tous les jours. L'écoulement cessa au bout de huit jours et la plaie de la peau était guérie au bout de trois semaines. Le malade n'eut plus de douleurs dans l'oreille et son ouïe devint même meilleure qu'auparavant (1). »
OBSERYATION LUI.
Une jeune fille de 15 ans avait été, pendant six ou sept ans, sujette à des attaques de douleurs à l'oreille droite , suivies d'un écoulement par le canal auditif; mais elle n'en avait point éprouvé depuis plusieurs années lors
(1) Schmucker's vermis chir. Schnft, m. p. 113.
de l'invasion du mal qui fait le sujet de cette observation. Le 25 avril 1822, elle eut le frisson toute la journée; le soir elle fut prise de céphalalgie et de douleur à l'oreille droite. Ces accidents continuèrent le lendemain toute la journée. M. Brown qui la vit le 28 , la trouva avec le pouls accéléré et la langue saburrale. Elle ressentait une violente douleur dans l'oreille et une légère céphalalgie. Le 29, il survint un peu d'écoulement par l'oreille, mais la douleur ne diminua point. Elle continua avec violence le jour suivant. Le l^r mai, la douleur d'oreille avait légèrement diminué; mais elle s'était étendue à tout le côté droit de la tête ; le pouls était fréquent ; on avait eu recours aux saignées générales et locales avec quelque soulagement.
Le 3 mai, je vis cette malade : la céphalalgie était alors plutôt moins intense ; le pouls était fréquent et faible ; la malade avait l'aspect de la pâleur et de la souffrance, elle avait le regard de l'accablement bien voisin du coma. La douleur était rapportée aux parties déjà indiquées et derrière l'oreille droite. En ce lieu les téguments étaient douloureux à la pression ; près de l'apophyse mastoïde on remarquait un point saillant sur lequel on plongea une lancette qui n'amena aucun liquide. On conseilla une saignée locale et un vésicatoire au même endroit. Le 4 mai au matin , le pouls donnait cent quarante-huit pulsations; dans le cours de la journée il tomba à quatre-vingt-quatre ; l'aspect de la malade était celui de la langueur et de l'épuisement. Le 5, une matière grisâtre d'une fétidité intolérable commença à s'écouler de la plaie de la ponction qui avait été faite derrière l'oreille. On agrandit un peu cette ouverture, et l'on reconnut, en l'explorant avec une sonde , que l'os était dénudé et rugueux dans une étendue considérable; la céphalalgie était beaucoup diminuée, le pouls était naturel. Le 6, écoulement abondant par l'ouverture, céphalalgie beaucoup diminuée , pouls à
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cent douze pulsations. La malade se plaignit de douleur dans le côté gauche du thorax, et il s'était manifesté une diarrhée abondante. Le 7, il n'y avait plus de céphalalgie; il s'écoulait une grande quantité de matière fétide de l'ouverture fistulcuse; un stylet qu'on y introduisit, passa en arrière et en bas sous les téguments du col jusqu'au voisinage de l'épine. Le 8 , la douleur thoracique était devenue telle qu'il fallut recourir aune petite saignée qui soulagea faiblement. La faiblesse ne pouvait être portée plus loin, le pouls battait cent quarante fois par minute. Le 9, elle se trouvait mieux et ne se plaignait d'aucune douleur. Le pouls était très-fréquent et les forces défaillantes. Elle périt Je 10.
Ouverture du cadavre. — Tout le cerveau était parfaitement sain, excepté dans une partie très-circonscrite du côté droit, près de l'oreille, où il était d'une couleur gris de plomb, couleur qui ne pénétrait cependant pas au delà d'une couche très-superficielle. L'os temporal droit était extérieurement dénudé dans une grande partie de son étendue ; intérieurement il était en plusieurs points rugueux et brunâtre, et il y avait une petite quantité de matière brune entre lui et la dure-mère. Cette membrane était en ce point, dans une grande étendue, épaissie, spongieuse et altérée. Les parois du sinus latéral droit étaient considérablement épaissies dans toute leur étendue, et la capacité du sinus était beaucoup diminuée par la formation d'une couche semblable à celle qui revêt les parois d'un sac anévrysmal ; l'oreille interne contenait une matière brunâtre; la cavité pleurale gauche était remplie par plus d'une livre de matière puriforme. Le poumon gauche était affaissé, dense, brunâtre, et revêtu d'une couche de lymphe coagulable.