‹ Traité des maladies de l'oreille (volume 2)Chapitre 58 sur 72 · OBSERVATION LV · texte numérisé non relu

OBSERVATION LV

M«"e n^î. Wolff, âgée de 11 ans, jouissant d'ailleurs d'une bonne santé, souffrait depuis des années de surdité et de bourdonnements aux deux oreilles. Cette maladie s'était développée sans cause connue et n'avait encore été soumise à aucun traitement. Nous trouvâmes les deux conduits auditifs sains, ainsi que les trompes d'Eustache; des injections d'eau tiède faites dans l'oreille y excitèrent de vives douleurs qui ne disparurent que tard dans la soirée. La malade entendait notre montre à 6 pouces avec l'oreille gauche , et à deux pouces avec la droite.

Au commencement de janvier 1832, on introduisit tous les jours des vapeurs d'éther dans les oreilles, en

alternant les séances pour chacune d'elles ; on versait chaque fois six gouttes d'éther dans l'appareil et on employait de plus une demi-pinte d'eau. On n'eut d'ailleurs recours à aucun autre remède. Les bourdonnements disparurent complètement au bout de quatre semaines et ne paraissaient que pour peu de temps lorsque la malade se livrait à des mouvements violents ; pendant les séances il se développait de légères douleurs picotantes à la membrane du tympan.

On continua le traitement pendant quatre mois sans interruption; la malade se trouvait très-bien dans l'entretemps et ne changeait rien à sa manière de vivre habituelle ; au bout de cette époque, la portée de l'ouïe s'était étendue à gauche à huit pieds et à six pieds à droite. La malade alla demeurer pendant neuf mois à la campagne et le traitement fut interrompu pendant ce temps ; l'amélioration se soutint d'ailleurs parfaitement quoique la menstruation se fut établie avec assez de violence. Au commencement de janvier 1833 , le même traitement fut recommencé et continué pendant cinq mois; l'amélioration croissait d'une manière régulière , et après l'époque indiquée , la malade entendait notre montre à la distance de trente pieds et pouvait être considérée comme parfaitement guérie. Les bourdonnements n'avaient plus reparu. Cette observation est surtout intéressante parce qu'on y reconfiaît clairement l'action bienfaisante du traitement simple et local que nous avons appliqué à l'organe auditif; elle montre aussi que même dans les circonstances les plus favorables on ne doit espérer de guérir complètement la surdité nerveuse qu'en la combattant avec la plus grande persévérance.

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