OBSERVATION LVI
M. Greulich , de Potsdara, âgé de 16 ans, bien por-
tant d'ailleurs, souffre depuis son enfance de surdité et «Je bourdonnements aux deux oreilles. Le mode de développement du mal est très-obscur ; on sait seulement qu il s'est accru d'année en année quoiqu'on n'ait pas épargné les cantharides , les sangsues , les purgatifs, les \apeurs et les injections introduites dans les conduits auditifs ; nous trouvâmes ces canaux et les trompes d'Eustache parfaitement sains; le malade se plaignait de sentir à l'oreille droite un bruit semblable au chant d'un oiseau et à l'oreille gauche des bourdonnements moins soutenus. De ce côté , il n'entendait notre montre qu'en l'appliquant contre l'oreille ; à droite il l'entendait , au contraire , à la distance de six pouces.
Le malade se soumit en 1833 au traitement local des vapeurs éthérées ; la cure dura quatre mois et eut un succès tel que les bourdonnements disparurent tout à fait et que la portée de l'ouïe s'étendit à droite à sept pieds et à gauche à huit pouces.
Après son retour à Potsdam, il eut, à la suite d'un refroidissement, un catarrhe de la trompe d'Eustache avec engouement considérable : l'ouïe devint beaucoup plus mauvaise , mais quelques séances de la pompe à air enlevèrent les mucosités et rétablirent l'ouïe dans son état primitif. Comme ce catarrhe récidivait souvent malgré l'attention que le malade mettait à en éviter les causes , il employa pendant six semaines les bains de Marienbad et les douches d'air comme traitement supplémentaire. Ces moyens le délivrèrent complètement de cette affection catarrhale et depuis plus d'un an son ouïe n'a rien perdu du soulagement qu'il y avait obtenu en premier lieu.