‹ Traité des maladies de l'oreille (volume 2)Chapitre 69 sur 72 · Une (4) sourde-muette traitée au moyen de la douche · texte numérisé non relu

Une (4) sourde-muette traitée au moyen de la douche

(1) V. l-iLca&^Anclcutung des Verfahr. beim Vnterrichlc taubst, Kind. im sprechen. 1835.

(2) Revue tnéd. et Jour», de clin. 1827. fév.

(3) Sur le cafhél. de la trompe d'Eustache, p. 12.

(4) Rapport adr. niix momb. <Je l'Adinin. etc. p. 5.

302 THAITÉ

(de janvier 1828 à juin 1829) fut soulagée au point de pouvoir entendre rouler les chariots, etc. , et de comprendre et de pouvoir répéter tous les sons élémentaires de la langue française. L'enseignement fut continué et elle était sur le point d'apprendre à épéler. Deleau paraissait espérer beaucoup de cette malade ; mais nous n'apprenons par aucun de ses écrits (1834) ce qu'elle est devenue.

4. La sourde-muette (1) Nogeret entendait des bruits violents et les sons prononcés très-haut avant que Deleau commençât le traitement. Ce dernier s'ouvrit en J829; en 1832 Deleau disait de cette malade (il n'en parle plus depuis) qu'elle entendait le bruit le plus léger, qu'elle lisait très-bien et qu'il espérait en faire un jour un cas remarquable si on le soutenait dans ses efforts.

5. Le sourd-muet (2) Philippe de T... , qui ne savait prononcer que le mot papa , fut traité pendant quelques mois par Deleau ; cet auteur en disait en 1832 que le petit garçon pourrait très-facilement apprendre à parler, que sa prononciation serait parfaite ; mais quoiqu'il n'ait fait imprimer qu'en 1834, le commencement de cette observation en lui donnant beaucoup d'étalage, il a cependant glissé sur elle sans dire si le petit garçon a réellement appris à parler avec facilité.

6. La sourde-muette Hatleon (3) entendait avant le traitement le bruit et quelques sons de la voix humaine; elle prononçait même quelques mots avec beaucoup de clarté. Deleau commença de la traiter en 1831; mais il n'obtint aucun résultat ; « la malade s'était soumise trop tard à » un traitement qui l'aurait certainement secourue plus » tôt. » ,

(1) Inlrocl. à des rech. prat, p. 106.

(2) Loe. cit. p. 107.112.

(3) Loc. cit. p. 115.

7. Le sourd-muet Daguenet (1) parlait avant le traitement (1831), quoique mal; il lisait et pouvait écrire des lettres, mais d'une manière incorrecte. Le traitement dura plusieurs mois et Deleau assure (1834) que son ouïe est devenue aussi bonne qu'on peut le souhaiter; mais il n'en juge que d'après des renseignements qu'on lui a donnés par écrit : le petit garçon demeurait loin de Paris. Ces renseignements sont d'ailleurs bien différents de ce qu'en dit Deleau, puisque tout ce que la mère avait écrit en dernier lieu (1832) se réduisait à dire que la prononciation du malade s'améliorait et qu'il parlait alors doucement au lieu de crier comme autrefois.

8. Le sourd-muet Lebreton (2) parlait un peu avant le traitement , prononçait de petites phrases , il est vrai d'une manière très-obscure ; il avait même fréquenté une école publique. Le traitement de Deleau l'amena jusqu'au point de pouvoir entendre la montre ; ce qui le fait s'écrier avec joie : «Peut-on encore douter des résultats du » traitement? » Il remit en 1830 le malade à un professeur pour former la prononciation qu'il avait déjà depuis longtemps et nous n'apprenons pas encore en 1834 jusqu'où l'éducation était parvenue! !

9. La sourde-muette Augustine T... (3) entendait bien avant le traitement , lorsqu'on lui parlait lentement. Deleau commença à la traiter en 1831 ; et tout ce qu'il nous en dit en 1834 se réduit à nous apprendre qu'elle parle mieux que les deux sourds-muets du n» 7 et 8 ; ce qui ne signifie à peu près rien puisqu'elle entendait et parlait auparavant.

(1) Introd, à des rech. prat. d. 122.

i2)Loc. cit. p. 124.

(3) Loc. cil. p. 129.

10. La sourde-muette Bardoulat (1) apprit, après le traitement, à l'aide de la vue, à prononcer des mots ou au moins des syllabes (! î) ; à la fin elle parvint jusqu'à pouvoir prononcer tous les sons élémentaires de la langue (1 !).

11. Constance Poron (2) ne put pas parvenir à prononcer les voyelles pendant les huit premiers mois du traitement ; ce ne fut qu'au bout d'un an qu'elle put épéler (ce que les élèves de l'institut de Berlin apprennent en deux mois au plus tard).

12. Le sourd-muet Jules (3), sut bientôt épéler et lire ; mais il perdit l'ouïe et n'apprit à parler qu'à l'aide de la vue.

13. Edouard G.... (4) n'entendait, avant le traitement, que des sons très-forts à une certaine distance ; après le traitement il savait lire et bien parler; il s'est même entretenu avec le docteur Amussat; mais tout cela ne prouve rien pour le rétablissement de l'ouïe , puisqu'un sourdmuet peut s'entretenir sans elle avec un interlocuteur, comme on le voit d'après l'exemple que nous avons rapporté plus haut.

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